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04/04/2007

Combien tu m'aimes, n'aimes que moi...

"- Je t'aime..."

"- Moi aussi je t'aime.."

"- C'est vrai ?..."

"- Mais oui c'est vrai..."

"- C'est vraiment vrai ?..."

"- Mais oui, c'est vraiment, vrai de vraiment vrai..."

"- Mais quand tu dis vraiment, c'est vraiment comment ?.."

"- C'est VRAI DE VRAI DE VRAI DE VRAI, enfin !!!!..."

"- Ah tu vois, tu t'énerves, c'est que tu ne m'aimes pas vraiment..."

"- Mais NON je ne m'énerve pas, et je t'aime, et c'est vrai !!..."

"- Non, tu t'énerves... je ne te crois plus....En plus si tu m'aimais VRAIMENT tu l'aurais dis en premier(er) non ? "

Là, qui que vous soyez, n'avez vous pas envie d'hurler : "ARRRRRGGGGGHHHHHHHHHHHHHHHHH !!!!!! TU ME SAOULES !!!!!!!!!" Et si vous répondez :"NON", admettez une once de mauvaise foi... non ?  ;-) Est-ce qu'en toute honnêteté, vous ne vous êtes pas dit : "MAIS QU'ELLE/IL EST SAOULANT(E) !!!!!". Est-ce qu'en toute honnêteté, vous ne vous êtes pas dit à un moment donné :"MAIS ENFIN CROIS LA/LE PUISQU'ELLE/IL TE LE DIS !!! ET ARRETE DE FAIRE C...R !"

Alors, vous, je ne sais pas, mais moi si.. je me suis même repassée la réplique de R. Duris dans l'Auberge Espagnole, où il s'adresse gentiment à sa mère dans la voiture d'un : "TA GUUUUUUEULEEEEEEE !!!!! TA GUEULLLLE MAMAN !!!!! MERDE !"...

C'est toujours plus facile quand on voit cette scène de l'extérieure, et surtout quand elle est caricaturée. Pourtant, nous sommes tous confronté(e)s à ce genre de situation, le besoin d'être rassuré(e), le besoin d'avoir des preuves que l'autre nous aime, le besoin de tester l'autre..

Je trouve ça fascinant et quand je constate ça, je me dis pourquoi et surtout pour quoi ? Et ce n'est pas que féminin, ce besoin d'être rassuré. Chez la gente masculine ça se manifestera de manière différente... Est ce que ça vient de nos héritages culturels (l'amour courtois et tout le tralala, les contes de fées, la notion de pour m'avoir prouve le moi ...) ? Ou est-ce que c'est profondément ancré dans la nature humaine ?

D'où vient ce besoin, par ailleurs, de devoir être unique au yeux de l'être qu'on chérit et qu'on aime ? Que l'autre soit unique pour nous, c'est nous qui l'avons décidé. Je t'aime toi, parce que pour moi tu es unique. Mais pourquoi l'autre serait-il obligé d'avoir la même vision ?

La monogamie sentimentale est-elle naturelle ou sociétale ? Il y a différentes manières d'aimer... Amicalement, familialement, amoureusement, et dans chacune de ces catégories, il y a des nuances. Pourquoi renier qu'on peut aimer différement des personnes, éprouver  des sentiments forts pour différentes personnes ? Au nom de l'Amour tel que les modèles de société le définissent depuis quelques temps  ? Tu ne peux avoir qu'un amour de ta vie, tu ne peux aimer qu'une seule personne à la fois. Soit.

Que se passe-t-il quand le coeur en décide autrement ? Est ce que ça ne génère des conflits internes, principalement dus à "la morale" communément admise, de ce qui se "fait" et ce qui ne se "fait pas" ?  La recherche de cet "amour de sa vie" est-ce vraiment naturel, pourquoi ne peut on aimer plusieurs fois, de manière différente, et peut être plusieurs personnes en même temps ? Loin de prôner la polygamie -  sauf si les deux personnes se sont entendues pour, et appliquent les mêmes règles pour l'une et pour l'autre - je prône l'acceptation du coeur au dépend d'une morale établie, de codes sociaux. D'où vient cette idée, que l'unicité d'une personne est une évidence/preuve d'amour par exemple ?

D'où vient cette idée que l'amour doit être dans les deux sens obligatoirement ? L'amour n'est-il pas quelque chose justement de gratuit.. Je t'aime... Je ne t'aime pas pour que tu m'aimes, je t'aime parce que je t'aime. Je ne t'aime pas pour moi, je t'aime pour toi et pour ce que tu es. Sans doute la nuance est là, est accepter celà c'est sans doute éviter beaucoup de remises en question.

L'amour est un acte gratuit, vous aimez, ou vous n'aimez pas, et vous n'aimez pas pour qu'on vous aime. Simple ? En théorie, oui, pourtant dans la réalité, ça semble quelque chose difficile à appliquer... Orgueil, amour-propre, confiance en soi, vouloir coller son idéal de prince charmant et princesse charmante... L'amour aujourd'hui ne peut il pas se décliner sur plusieurs formes ?

Commentaires

Aimer l'autre pour ce qu'elle est uniquement, sa beauté, son caractère, sa personnalité, devraient suffir: or ce n'est que leurre et théorie, l'amour ne se conçoit que dans une mutuelle réciprocité. Je meurs de l'absence des mots de l'autre, car ce besoin d'etre rassuré, est toujours présent. J'aime qu'elle me dise que je suis beau, qu'elle m'aime....Je ne m'en lasse pas, et meme quand elle me répond "mais tu le sais", non je ne savais plus trop puisque mon cerveau réclame ces mots
N'est ce pas un des thèmes de "Belle du Seigneur" d'Albert Cohen ?

Écrit par : Raphael | 24/07/2007

Oui et non....
Oui c'est difficile de faire ça en théorie (le côté je t'aime je te donne, et finalement j'attends pas autant en retour) pourtant parfois on peut se surprendre, et aimer au delà de ce qu'on imaginait possible. (et ça je peux en parler je l'ai vécu, et j'étais la première étonnée).

Ca ressemble alors plus (j'imagine mais j'en suis pas là encore) à une sorte d'amour familial, fraternel, enfin quelque chose dans le genre, où tout à coup on aime tellement l'autre, que on éprouve une espèce de bienveillance vis à vis de le lui/elle qu'on veut surtout son bien, avant le sien. L'amour n'est alors plus une recherche de son reflet/son ego, mais l'amour dans l'amour de l'autre, donc peut être au sens chrétien du terme (je pense, mais je ne suis pas chrétienne, même si mon éducation m'a aidée à avoir les bases)... Alors il n'y a pas de cet amour là et mieux que l'autre ou inversement, c'est différent...

Belle du Seigneur est un livre que j'ai adoré, et sur bien des points, son analyse est fine et juste (selon moi). Mais je persiste et signe, on peut aimer tellement fort qqn que l'autre devient prioritaire dans son épanouissement (sans pour autant perdre sa personnalité)...

Je crois que c'est possible aussi une fois qu'on sait que l'autre de manière évidente vous aimera toujours (un peu comme on est presque souvent sûr que nos parents nous aimeront toujours (enfin dans une majorité des cas ...) .

Enfin ... mais bon, les élans amoureux, les fougues passionnées, les déchirements, les "je t'aime moi non plus", les "je t'aime pour la vie", voire les amours platoniques... forment un ensemble qu'il faut avoir... testé/vécu ;)

Écrit par : Lau | 25/07/2007

"Je crois que c'est possible aussi une fois qu'on sait que l'autre de manière évidente vous aimera toujours (un peu comme on est presque souvent sûr que nos parents nous aimeront toujours"....
Je suis lassé des questions qui taraudent parfois une relation, ces questions psychologiques où chaucun cherche à expliquer la relation amoureuse : parfois on passe son temps à se justifier, à imaginer comment l'amour devrait etre....au lieu de vivre cet amour.
Oui tu as raison et c'est pour çà que je reprends en-tete ta phrase, je reve souvent d'une relation où "l'évidence" n'appelle plus les questions, une relation sereine sans crainte de perdre l'autre, un peu comme l'amour familial ou fraternel...je reve d'aimer et d'etre aimé dans cette certitude absolue, mais cela rend l'amour acquis à l'autre. Autant l'amitié comme l'amour familial supportent les faiblesses et petites vexations du quotidien, autant nous rendons l'amour nécessairement idéal, dans une sorte d'excellence inatteignable dans la durée. Jamais nous ne demanderions à l'ami, au frère ou la soeur, à ses parents, de se comporter d'une manière irrépochable, toujours nous demandons à l'amour qu'il nous comble et nous apporte toutes les satisfactions d'un bonheur terrestre dont je crois savoir qu'il ne peut etre que par intermittence....La sagesse devrait nous apprendre à plus d'humilité et ne pas demander à l'autre ce que nous memes ne pouvons pas offrir en permanence...

Écrit par : Raphael | 27/07/2007

Vi, rien à ajouter ! ;)

Écrit par : Lau | 28/07/2007

Les commentaires sont fermés.