Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

05/04/2007

La dernière cigarette du condamné..

 

podcast

 Gangsta's Paradise  - Zita & Ukulélé Girls

 

J'ai entendu dire une fois qu'il paraitrait que les condamnés à mort sont souvent étonnament calmes avant la sentence... Etrangement ça ne m'étonne pas... Je ne m'étonne pas que ce cas de figure soit possible. Car, quand on y réfléchit bien... Demain vous savez que vous allez être fusillé ou être exécuté, vous savez que rien ne peut empêcher cette issue.

Demain vous serez mort(e), voilà vous êtes arrivé(e) au bout de votre vie, et ça se finit de cette manière là. Peut être que dans cette optique là, on se résigne, et on fait le bilan. On fait le bilan de sa vie, et on sait que demain quoi qu'il arrive on échappera pas à son destin, alors on renonce... on renonce à tout ce qui ne se fera plus, à tout ce qui ne sera plus. On renonce aux rêves, à tout, car plus rien n'a d'importance, si ce n'est ces dernières heures qui vous sépare de la mort. Plus de questions à se poser, plus de projets à édifier, le cerveau n'a plus de réponses à chercher, il sait. Il sait.

La vie ne sera plus pareille après, puisque demain vous ne serez plus. Plus aucune raison de s'inquiéter pour l'avenir, car vous n'existerez plus... En outre, supposons que vous savez que la méthode utilisée pour votre exécution est immédiate et sans souffrance, on vous plonge en anesthésie et vous partez... comme ça. Donc vous ne pouvez même pas angoisser de la souffrance potentielle. Vous avez déjà envisagé votre mort, vous l'avez déjà anticipée, maintenant il n'y a plus rien à faire.. juste attendre, et penser à cette nouvelle "existence" que vous allez avoir, même si vous ne savez pas exactement ce qu'il y a après... Plus de douleurs, plus de peurs, à quoi bon... 

Ceci partant de l'hypothèse que vous ne vous révoltez pas contre une injustice potentielle. Vous vous dites que c'est ce qui devait arriver et vous ne le méritez pas forcément, mais vous saviez que ça devait arriver un jour, donc vous ne ressentez pas de révolte qui pourrait faire vouloir se battre jusqu'au bout... Vous avez vécu, et c'est déjà bien, et vous réclamez votre dernière cigarette comme ultime plaisir qui vous rattache à cette vie... C'est ça votre dernière volonté, apprécier encore une dernière fois les plaisirs de la vie matérialisés dans une simple cigarette...

23h et quelques quand j'avais à cette réflexion... Métro ligne 11, de Télégraphe à Châtelet.. à moins que ça ne soit dans la correspondance... 

La vie ça peut être comme cette dernière cigarette du condamné.

Parfois dans certaines situations, on sait que ça doit arriver, on sait qu'on ne doit plus reculer, on sait qu'on n'échappe pas au destin, on sait que c'est ainsi que les choses vont se dérouler... Sans trop s'expliquer le pourquoi du comment, on sait. Soit on panique, soit on a cette montée d'adrénaline avant que, soit... soit... soit on est calme, apaisé, résigné... Ce calme du condamné qui ne peut échapper à son destin et qui a déjà vu et revu 50 fois sa mort  dans sa tete avant de la rencontrer.... Mais quand on y est, on ne peut que se dire : et maintenant, qu'est ce qui se passe ? 

 

Les commentaires sont fermés.