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07/08/2007

Cold Water

 

podcast
 
Cold Water - Damien Rice 

 

-    Bonsoir Vous.

-    Vous, ici ?

-    Etes vous surpris ?

-    Je ne vous attendais plus.

-    Pourtant je vous avais promis que je reviendrai.

-    C’est vrai, mais vous savez, l’Espoir à travers les nuages, à travers les étoiles évolue, tantôt joyeux, tantôt triste, tantôt conquérant, tantôt défaitiste. Il ne meurt jamais vraiment, mais peut s'éclipser pendant de longs Sommeils. Il s’esquive quand il croise un vent trop glacé et s’anime quand il rencontre Sirocco ou Simoun, car il festoie avec eux, tournoyant et dansant. Il rêve avec Zéphyr, s’extasiant devant les aubes prometteuses de journées ensoleillées. Il fuit Aquilon, en a peur, s’évade avec Chamsin de Guizeh à Louxor. L’Espoir, Madame, m’a fait vivre bien des choses sans que je ne bouge de ce banc de pierre où nous nous sommes échangés ce baiser il y a quelques fleurs déjà.

-    Quelques fleurs, êtes-vous certain ?

-    Oui, certain. J’ai eu loisir de converser avec les muguets, jouer avec les marguerites à “elle m’aime, un peu….”,  rêver des champs de tulipes de la Venise du nord, chanter les Coquelicots,  retrouver le Petit Prince et sa rose, apprécier les fleurs blanches du temps des cerises. Régulièrement toutes ces amies, sont parties puis revenues,  différentes à chaque fois, mais toujours aussi belles.

-    Pourtant, il me semble que l’infini dont vous semblez me parler est goutte de rosée.

-    Vous êtes  Liberté. Rien ne vous enchaîne, rien ne vous attache, c’est ce qui fait votre charme, qui m’a rendu si épris de vous. Votre larme matinale est l’Océan des autres.

-    Pour vous ?

-    Oui, aussi, car j’étais amour.

-    Etais ?

-    A l’époque j’étais encore jeune.  Je vous attendais dès que vous me quittiez, je me morfondais dès que vos regards n’étaient plus sur moi, je jalousais toutes ces Grandes Causes qui réclamaient la Liberté, je vous voulais pour moi seul, à l’étroit sur ce banc de pierre. Ma Liberté à moi qui ne devait être partagée…

-    Je commence à me souvenir.

-    Un soir, vous m’avez accordée ce baiser. C’était doux, sensuel, chaud, chargé de tendresse et de complicité. Cette promesse d’une vie merveilleuse partagée. amour et Liberté, je rêvais. Je rêvais de nous deux sous les ciels étoilés allongés sur une herbe tendre pendant les mois estivaux. Je rêvais de ballades nocturnes dans des endroits pas forcément magiques, ni nécessairement luxueux, seulement vous à mes côtés. Je rêvais de longs moments main dans la main allongés en silence. Je rêvais déjà d’observer tous ces details de votre visage qui me feraient craquer chaque jour davantage. Ces imperfections selon vous… Ces ridules, près des yeux dès que vous souriiez, cette petite cicatrice sous votre lèvre, que moi seul pouvait connaitre, cette lumière dans votre regard qui s’enthousiasmait pour un rien. J’aimais cette petite fossette dès que vous riiez et ce grain de beauté sur le coin de votre joue, tout près de votre oreille J’aimais aussi la douceur de votre peau où je pouvais laisser ballader mes doigts pendant des heures sans me lasser…  Ce baiser, Madame, pendant des fleurs, je me suis souvenu de cette unique sensation et du bonheur qu’elle m’a apportée.

-    Je me souviens. Je me souviens de cette douceur que j’ai gardée en et avec moi à travers mes vagabondages, du contact de nos lèvres... Et ce désir que jamais ça ne s’arrête. Mais je suis partie.

-    Oui, vous m’avez laissée, avec la promesse de revenir. J’ai pourtant éprouvé un reel chagrin, et les coups de couteau contre lesquels on ne peut lutter et dont on porte les marques à vie. Plus de musiques, plus de rêves, plus rien, le vide, le néant, et les entrailles qui ne cessent de vous torturer… L’Espoir des retrouvailles n’a pas empêché ni le Manque ni la Douleur. Je vous avais perdue. Combien de fleurs ?  Nul ne le savait.

-    Vous m’avez attendue...

-    J’ai vieilli. On ne lutte pas contre son destin. Le mien était de grandir, et d’évoluer. J’ai accepté votre essence… Liberté, je vous aime.  Liberté, point ne vous garderai égoïstement. Vous m’avez fait devenir Amour. Vous aimer, n’est plus aimer ce que vous m’apportiez, mais ce que vous êtes. Les fleurs sont passées…

-    J’ai survolé les montagnes, les deserts, navigué dans les songes, guidé des Armées du Coeur, et parcouru les 7 Univers … J’ai rencontré des opprimés de gouvernements qui m’avaient bannie, des timides qui ne réussissaient pas à danser avec  moi, des prisonniers de leurs propres vies, des amoureux esclaves de leurs  passions étouffantes… J’ai rencontré les Préjugés, les Cadres,les croyances irrationnelles qui empêchaient de s'accomplir, les chemins tout traces. J’ai vu des rêveurs ne rêvant plus… Toujours au galop, toujours dans le mouvement, jamais ne me suis-je arrêtée.
Si je suis revenue, c’est que moi, Liberté, je vous aime, vous, Amour. Vous donnez du sens à mon existence, et grace à vous je peux enfin réellement exister et m’épanouir dans mon Essence. Merci….

Commentaires

Très joli ce texte.

Écrit par : Ezrah | 07/08/2007

:)

Écrit par : Lau | 08/08/2007

:)

Écrit par : cathy | 08/08/2007

Les commentaires sont fermés.