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03/09/2007

Diagnostic, traitement, prise en charge : les priorités du plan Sarkozy contre la maladie d'Alzheimer

>>>> vive la longévité !!!! Comme quoi à quoi ça sert que les scientifiques bossent sur le prolongement de la vie en étudiant la degénerescence des cellules ? Moi je dis, manifestons contre la vieillesse et mourrons tous jeunes, ça fera moins de charges (oui, je sais humour noir ;) - naturellement c'est du 2ème degré, au cas où...).  
 
LE MONDE POUR MATIN PLUS | 03.09.07 | 07h42  •  Mis à jour le 03.09.07 | 07h42

Son prédécesseur Jacques Chirac avait choisi trois thèmes de santé publique – le cancer, le handicap et la sécurité routière – comme grands chantiers du quinquennat. Nicolas Sarkozy, lui, a "décidé de lancer un Plan Alzheimer ambitieux pour mieux connaître, mieux diagnostiquer et mieux prendre en charge la maladie , selon les termes de la lettre de mission adressée le 1er août 2007 au professeur Joël Ménard. Ancien directeur général de la santé, ce dernier préside une commission dont l'installation par le président de la République aura lieu aujourd'hui à l'Elysée.


Quasiment ignorée du grand public il y a une vingtaine d'années, cette maladie dégénérative – du nom du médecin allemand Aloïs Alzheimer qui la découvrit en 1906 – est aujourd'hui connue de tous. La fréquence de cette démence, où les fonctions intellectuelles se détériorent graduellement, ne cesse de s'accroître. La maladie affecte actuellement environ 25 millions de personnes dans le monde. En France, les estimations officielles font état de 860 000 sujets atteints et de 225 000 nouveaux cas diagnostiqués par an. Passé 75 ans, plus de 20 % des femmes et 13 % des hommes sont touchés. Plus les années passent, plus le pourcentage de malades s'élève rapidement. Une fois la maladie d'Alzheimer diagnostiquée, la durée de vie moyenne des personnes est de 8 ans et demi.

Les projections pour l'avenir ont de quoi inquiéter. Compte tenu du vieillissement de la population, le nombre de cas de maladie d'Alzheimer en France devrait s'élever à 1,3 million en 2020 et à 2,1 millions en 2040. Nous passerions ainsi d'une proportion de 15 malades pour 1000 habitant, actuellement, à 20 pour mille en 2020 et 30 pour mille en 2040. Au niveau mondial, le nombre de malades devrait quadrupler d'ici à 2050, avec une augmentation particulièrement marquée en Asie.

Encore, ces chiffres ne rendent-ils compte que des cas de démence authentifiée par les médecins. Des enquêtes sur des sujets plus jeunes décédés en bonne santé ont révélé une inquiétante proportion de lésions cérébrales caractéristiques de la maladie, mais qui ne s'étaient pas encore traduites par des signes neurologiques.

A l'heure actuelle, s'ils ont pu détailler de manière toujours plus précise les étapes du processus pathologique, les scientifiques ignorent toujours les causes de cette maladie neurodégénérative. Parallèlement aux efforts de recherche, la prise en charge médico-sociale des malades et l'aide à leur famille se sont développées. En France, 87 % des personnes de plus de 75 ans vivent chez elles ou chez un membre de leur famille qui, dans près de trois quarts des cas, est le conjoint.

Autrement dit, la charge repose très largement sur les "aidants" familiaux, qui rechignent à placer leur parent atteint en institution. Non seulement cela retentit lourdement aux plans affectif et psychique sur la famille, mais cette situation s'accompagne d'une charge financière très lourde pour elle : 60,98 euros par jour pour une surveillance de 8 heures, soit 1524,49 euros par mois ; de 3 048,98 à 4 573,47 euros par mois pour une garde permanente, selon l'association France Alzheimer.

Le plan Alzheimer qu'avait mis en place en 2004 le ministère de la santé avait permis des avancées. La maladie est désormais reconnue comme une affection de longue durée, pour laquelle les soins sont pris en charge à 100 % par la sécurité sociale. L'augmentation du nombre de structures d'accueil de jour permet de soulager temporairement les aidants même si leur nombre reste dramatiquement insuffisant. Des crédits ont été débloqués pour les établissements d'hébergement pour personnes âgées. Des consultations "mémoire" ont été développées dans les hôpitaux, pour dépister plus précocement la maladie.

C'est donc pour aller plus loin que Nicolas Sarkozy a voulu lancer un nouveau plan Alzheimer. Le président de la République souhaite donner à ce plan une double priorité : "En premier lieu, il devra permettre de fédérer les efforts de recherche pour favoriser la découverte en France d'un diagnostic validé et d'un traitement à l'efficacité indiscutable. En second lieu, ce plan devra améliorer la qualité de la prise en charge des malades", précise la lettre de mission. L'idée force est de combiner de manière constante les objectifs de recherche, de soins et de prise en charge. Comme cela avait été le cas avec le plan Cancer, le futur plan Alzheimer devra prêter "une attention vigilante à la continuité et équité territoriale de la prise en charge des malades et de leur famille à toutes les étapes de l'altération des fonctions cognitives et des fonctions de relation." La commission présidée par le Pr Ménard comprendra des acteurs intervenant dans le secteur sanitaire et médico-social, ainsi que des responsables des administrations concernées. Les premières orientations du plan doivent "avoir été dessinées dès le 21 septembre, date de la journée mondiale de la maladie d'Alzheimer", a demandé Nicolas Sarkozy. Le plan lui-même est attendu le 1er novembre 2007 "pour une mise en œuvre au début de l'année 2008".


Paul Benkimoun


15:25 Publié dans Citizen | Lien permanent | Commentaires (0)

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