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09/09/2007

Sept villes françaises se disputent le titre de capitale européenne de la culture 2013

LE MONDE | 09.09.07 | 10h53  •  Mis à jour le 09.09.07 | 10h53
Marseille Correspondant régional

Pas moins de sept villes françaises postulent à l'obtention du label Capitale européenne de la culture en 2013. Il est d'ores et déjà acquis que, cette année-là, une ville française et une cité slovaque porteront le titre. Reste à les départager. Bordeaux, Lyon, Marseille, Nice, Saint-Etienne, Strasbourg et Toulouse espèrent toutes ce label attribué par la Commission européenne. Celui-ci ne donne droit à aucune subvention. Mais, bien utilisé, il peut être un formidable accélérateur de notoriété, d'équipement public et d'aménagement urbain, comme l'a démontré l'expérience de Lille en 2004.

Les candidats doivent remettre le 1er novembre un dossier touffu à un jury de sept experts de l'Union européenne et de six experts français. Ce jury établira une short-list en décembre, avant de désigner le vainqueur à l'été 2008.

Pour étoffer leur dossier et séduire le jury, les villes ont recruté des personnalités culturelles aux réseaux précieux. A Nice, l'architecte vedette Jean Nouvel est président d'un comité d'organisation piloté par l'ancien président du Festival d'Avignon, Bernard Faivre d'Arcier. Olivier Poivre d'Arvor, le directeur de Cultures France, organisme chargé de la promotion de la création française à l'étranger, préside le comité toulousain. Marseille s'est assuré la collaboration de Bernard Latarjet, ancien président de la Grande Halle et du parc de La Villette.

La candidature exige un énorme travail de conception, de préparation et des investissements que M. Latarjet estime à 100 millions d'euros pour Marseille. Pourquoi dépenser une telle somme ?

Jacques Pfister, président de la chambre de commerce et d'industrie des Bouches-du-Rhône, a pris la présidence de l'association qui porte l'événement à Marseille. Il avance deux raisons à l'investissement des milieux économiques dans cette opération de culture : "L'analyse économique des festivals, nombreux dans notre région, montre que 1 euro investi génère 6,50 euros de retombées." Sur le long terme, il pense "qu'il est décisif pour une ville comme Marseille et sa métropole de figurer dans le Top 20 des métropoles européennes. Or nous sommes 23e : avec le label Capitale européenne de la culture, nous entrerions certainement dans les vingt premiers".

La ville de Lyon, qui travaille au projet depuis aussi longtemps que Marseille, raisonne de la même façon. Pour l'adjoint au maire chargé de la culture, Patrice Beghain (PS), "2013 est une opportunité de franchir une nouvelle étape dans notre politique culturelle et de territorialiser notre action à l'échelle de l'agglomération".

RECONNAISSANCE INTERNATIONALE

Ce souci d'utiliser la culture pour coordonner des actions parfois disparates se retrouve dans toutes les villes candidates. Richard Coconier, homme de théâtre qui travaille pour la candidature de Bordeaux, parle "d'une occasion unique pour les collectivités locales voisines de travailler ensemble sur un objectif à cinq ans".

Même raisonnement chez Michel Thiollière, maire UMP de Saint-Etienne, qui élargit le propos : "Travailler sur un tel projet, c'est d'abord fédérer les énergies locales : des commissions travaillent sur les quarante questions posées par le jury. Mais c'est aussi fédérer les énergies européennes : nous sommes déjà associés à la Slovaquie puisque notre Ecole des beaux-arts travaille avec celle de Bratislava."

Pourtant, pour toutes les villes candidates, la motivation essentielle reste la volonté de changer d'image et, dans le même mouvement, d'obtenir une meilleure reconnaissance internationale. Autant de leviers pour soutenir le développement économique de la ville et de la région. André Barthe, adjoint au maire de Nice chargé de la culture, explique : "Nous voulons montrer que nous n'avons pas que des attraits touristiques. Il nous faut surprendre, montrer que la Côte d'Azur est un lieu de travail intellectuel et physique."

A Toulouse, le maire centriste, Jean-Luc Moudenc, "vise la reconnaissance de l'importance de notre palette culturelle. Nous avons une image liée à Airbus et au Stade toulousain. Nous n'avons pas assez de tourisme d'agrément. Avec notre thème des "Chemins", nous allons montrer la diversité culturelle de notre métropole".

Tandis qu'à Saint-Etienne, une ville en pleine reconversion, le maire ajoute : "Nous voulons montrer que nous avons misé sur la créativité et l'ouverture aux formes contemporaines pour sortir de nos difficultés industrielles." "Nous sommes dans une dynamique sociale et culturelle nouvelle, explique-t-il. Nous voulons nous inscrire dans l'Europe des villes moyennes, celles que l'Europe doit aider."

Marc Dondey, chef d'un projet lancé à Strasbourg depuis plus d'un an, enchaîne : "Travailler là-dessus nous oblige à revoir notre positionnement, à reconsidérer nos acquis, à repenser nos partenaires : bref à tout refonder."

Autant d'enjeux auxquels ces sept villes devront faire face quoi qu'il arrive, mais que douze d'entre elles affronteront sans le renfort du label européen.

Michel Samson
Article paru dans l'édition du 09.09.07


22:39 Publié dans Zoom out | Lien permanent | Commentaires (0)

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