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06/12/2007

La France est peu préparée à l'arrivée d'un gros tsunami sur ses côtes

LE MONDE | 06.12.07 | 15h08  •  Mis à jour le 06.12.07 | 15h08


près le tsunami indonésien meurtrier du 26 décembre 2004, la France s'était engagée, en 2005, à créer un Centre d'alerte national concernant la zone méditerranéenne, les Caraïbes ainsi que les océans Indien et Pacifique. "Mais la dynamique s'est essoufflée. Et depuis deux ans, les résultats sont inégaux. Rien n'avance faute de crédits, de volonté politique et de la nomination d'un coordinateur", estime le sénateur Roland Courteau (PS, Aude). Ce dernier présentait, mercredi 5 décembre, un rapport de l'Office parlementaire d'évaluation des choix scientifiques et technologiques concernant le risque de tsunami sur les côtes françaises en métropole et outre-mer.

Cette impréparation manifeste est dangereuse, car le tsunami indonésien a montré que le risque existe dans les différents bassins océaniques", précise M. Courteau. Si l'on considère les tsunamis qui ont été répertoriés dans le monde depuis le début du XXe siècle, 77 % ont été générés dans le Pacifique, contre 9 % en Méditerranée, 10 % dans l'océan Atlantique et 4 % dans l'océan Indien.

RETARD INCOMPRÉHENSIBLE

Il n'est pas non plus inutile de rappeler qu'une vague de 8 mètres a frappé le détroit de Messine en Sicile en 1908 à la suite d'un séisme de magnitude 7, causant la mort de 35 000 personnes. En France, le 16 octobre 1979, l'effondrement d'une partie de l'aéroport de Nice a provoqué des vagues de 3 mètres à Antibes.

Le retard français est d'autant plus incompréhensible que le pays peut s'appuyer sur des organismes de recherche de valeur pour faire face à ce danger, et notamment sur le Commissariat à l'énergie atomique (CEA). Ce dernier exerce déjà une surveillance sismique nationale. De plus, il est impliqué depuis vingt ans dans le centre polynésien de prévention des tsunamis et s'est spécialisé dans leur modélisation.

Pour débloquer la situation, Roland Courteau a fait plusieurs propositions. Il souhaite ainsi confier au CEA la mission de Centre national et régional d'alerte aux tsunamis pour toutes les zones françaises. Il désire aussi créer un comité national pour mettre en place un système pérenne ainsi qu'un budget. Cela sous l'autorité du secrétariat d'Etat à la mer.

Selon le sénateur, un investissement de 6 millions d'euros serait nécessaire pour installer les équipements nécessaires (tsunamimètres, marégraphes). Ensuite, 3 millions d'euros par an suffiraient à faire fonctionner les infrastructures. Mais surtout, il faut sensibiliser les populations à l'éventualité d'un tsunami.

La situation pourrait être en train de se débloquer car, lors d'une réunion internationale qui s'est tenue fin novembre à Lisbonne, le premier ministre, François Fillon, a indiqué la volonté de la France de créer un Centre national d'alerte aux tsunamis.


Christiane galus

16:15 Publié dans Citizen | Lien permanent | Commentaires (0)

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