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06/12/2007

RSF récompense le blogueur égyptien Kareem Ader, emprisonné pour quatre ans

LEMONDE.FR | 05.12.07 | 20h55  •  Mis à jour le 06.12.07 | 10h15

Premier blogueur jugé et condamné en Egypte pour ses écrits, le jeune Abdel Kareem Nabil Suleiman, plus connu sous le nom de Kareem Amer, a reçu le prix "Reporters sans frontières (RSF) - Fondation de France" pour l'année 2007 dans la catégorie "cyberdissident", mercredi 5 décembre. 

Agé de 23 ans, Abdel Kareem est aujourd'hui en prison pour "atteinte à la religion" et "diffamation du président". Etudiant en droit à la prestigieuse université d'Al-Azhar, au Caire, siège des plus hautes autorités de l'islam sunnite, il avait, dans son dernier post le 28 octobre 2006, accusé ces dernières de diffuser des idées extrémistes. Dans ce texte, il dénonçait également la dérive autoritaire du président Hosni Moubarak, le comparant à un pharaon. Arrêté une semaine plus tard, il a été condamné le 22 février par le tribunal d'Alexandrie à quatre ans de prison. Le juge, qui présidait l'audience, a déclaré qu'Abdel Kareem avait "créé un site Internet à travers lequel il a attaqué l'islam", sur lequel il répandait "des idées erronées sur l'islam parmi ses camarades d'université", comme celles que "l'islam appelait au terrorisme à la haine et au meurtre". Le juge avait ajouté qu'il avait aussi "attaqué le régime et ses symboles", en critiquant Hosni Moubarak.
 
L'ERYTHRÉEN SEYOUM TSEHAYE, JOURNALISTE DE L'ANNÉE

Trois autres prix, chacun doté de 2 500 euros, ont également été décernés mercredi : le prix du journaliste de l'année a été remis à l'Erythréen Seyoum Tsehaye, photographe indépendant, détenu au secret dans son pays depuis septembre 2001, sans qu'aucun chef d'inculpation n'ait été rendu public ; le prix du média a été remis à la radio birmane Democratic Voice of Burma, pour son combat pour le droit d'informer ; l'Observatoire irakien de la liberté de la presse a reçu le prix du "défenseur de la liberté de la presse". Par ces distinctions, Reporters sans frontières et la Fondation de France veulent "alerter l'opinion publique sur la diversité des atteintes au droit d'informé et d'être informé, et sur son nécessaire engagement en faveur de la liberté de la presse".

En Egypte, où la blogosphère est particulièrement active, Internet apparaissant comme le dernier recours pour échapper à la censure, plusieurs blogueurs ont déjà été arrêtés, battus, puis relâchés, pour avoir critiqué le régime. Fin novembre, le plus célèbre d'entre eux, Wael Abbas, récompensé par plusieurs prix pour avoir notamment dénoncé des violences policières, en diffusant des vidéos sur son blog, a vu son compte YouTube fermé sans préavis par Google

16:15 Publié dans Citizen | Lien permanent | Commentaires (0)

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