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13/12/2007

Et Paul chantait Yesterday…. - Michel Delpech & Barbara Carlotti


podcast



Le monde est bleu comme une orange…

Cette phrase dans ma tête, sur l’air de Paul chantait Yesterday….
Pourquoi ? Que sais-je ? Pour quoi ? On s’en fiche…
Et toi ? Et vous ? L’univers vous le voyez comment ?
Orange, rose, vert, arc-en-ciel, bleu, violet … Quelle couleur ?

“Là dans mon coeur, tous les signes avant-coureurs, les symptomes de l’amour et du bonheur….”

-    Scène de theatre - 

Scène 1 - 1 comédien et 1 comédienne, 1 projectionniste.

Un matelat double posé simplement sur un sommier au milieu de la scène, derrière le lit un grand tableau Le Baiser de Klimt. Au-dessus du tableau, une ouverture et un vieux projecteur de cinema, qui projete la scène sur un tissu blanc tendu dans la salle sour les régies. Les protagonistes sont dans la même ambiance qu'une salle de cinema.  Les deux comédiens sont allongés habillés en vêtements quotidiens sans chaussure sur le lit regardant vers le ciel, se tenant juste la main.

Lui – Crois-tu que le monde est bleu ?
Elle – Non
Lui – Crois-tu qu’un jour on volera au milieu des étoiles ?
Elle – Je ne pense pas…

Il se tourne vers elle, lui caresse les cheveux avec son autre main, la regarde…


Lui – Depuis quand ne rêves-tu plus ?
Elle – Depuis quand sommes-nous devenus des adultes ?
Lui – Un jour, tu t’es réveillée, tu m’as regardé fixement, un peu paniquée, un peu triste. Tu avais fait un cauchemard, je t’ai prise dans mes bras. Tu nous voyais devenir des étrangers, ne plus faire attention à la présence de l’autre, dormir côte à côte tous les soirs et ne plus se désirer aussi ardemment qu’aux premiers jours… Tu m’as fait promettre ce jour-là de toujours te faire rêver…  Je t’ai dit oui.
Puis un autre jour, tu m’as dit : “C’est fini, il faut grandir à present ! Nos jeux d’enfants ne doivent plus durer, soyons adultes !”. Quelques plumes plus tard, tu as joué le rôle de la “femme” selon ton idée… J’ai donc joué aussi le role de l’”homme”. Nous nous sommes installés, nous avons acheté notre petit appartement, nous nous sommes mariés, nous n’avons pas encore d’enfants, mais tu en parles…. J’imagine que nous sommes  “devenus” adultes le jour de cette grande declaration.

Elle – Pourquoi m’avoir écoutée ?
Lui – Parce que c’était ton rêve et je t’avais fait une promesse…
Elle – Je ne rêve plus ?
Lui – Tu rêves de ce qui est possible, concret, construit…. Tu ne rêves plus comme une enfant…
Elle – Je ne me souviens plus.
Lui – Ferme les yeux, viens avec moi !

Il l’enlace contre sa poitrine, et ferme les yeux aussi….

Scène 2 –  Un comédien, une comedienne, un projectionniste, Salvador Dali
Changement de décor pendant que parle le projectionniste.
Le tableau de Klimt se retourne et apparait une toile peinte à la manière d’un enfant  représentant une fenêtre ouverte avec un grand ciel bleu, des nuages blancs, un gros soleil…  Le Lit double est sorti de la scène avec les comédiens dessus. Ils sont ramenés sur un long fauteuil rouge qu’on place sous la fenêtre, toujours enlacés, allongés et endormis. Des tournesols géants beaucoup plus grands qu’eux sont places ci et là sur la scène. Bruit de fond : rivière, chants de rossignols, bise…

Le projectionniste, agacé – Où est la bobine ? Quelqu’un par ici pourrait me monter la nouvelle bobine ? Mes spectateurs s’endorment ! Allez vite ! Depêchez-vous !

Le projectionniste change la bande, se positionne. Noir sur sa fenêtre, et grand jour sur le plateau.

Elle, ouvrant les yeux – Mais où sommes-nous ?
Lui, de même – Dans nos Songes, me semble-t-il…
Elle – Dans les miens, ou dans les tiens ?
Lui – Je l'ignore...

Les deux comédiens se redressent et s’asseoient face aux spectateurs.
Entrée de Salvador Dali. Il se ballade entre les tournesols, doucement de long en large de la scène, sortant de temps à autre sa montre gousset de son gilet. Il s’avance sur le devant de la scène, au centre, dos aux comédiens, sort une pipe et tape 3 fois contre la tige d’un tournesol qui se trouve à sa droite. Une chaise transparente Louis Ghost de Starck apparait en montant derrière lui. Il s’installe.


Salvador Dali – Tout influe sur moi, rien ne me change.
Elle à lui, en chuchotant – Mais que dit-il ? Pourquoi nous tourne-t-il le dos ? Ils ne respectent plus rien ces mettteurs en scène contemporains. On ne tourne pas le dos au public. Jamais ! Non, mais sans blague !
Salvador Dali – Dormir est une façon de mourir ou tout au moins de mourir à la réalité, mieux encore, c’est la mort de la réalité.
Elle à lui, toujours en chuchotant -  C’est vraiment insupportable cette mise en scène, non seulement nous ne comprenons rien à ce qu’il dit, et en plus, le décor est minable. Juste une chaise transparente et un personnage fantasque.
Salvador Dali – Avez-vous vu Gala ?
Elle à lui, toujours en chuchotant – Si nous partions, ça devient absurde, je ne comprends rien. Ces prises de têtes intellectuelles ne sont pas pour moi. Je n’entends presque rien, et ne comprends rien à ce qu’il dit. Et ça fait déjà une demi heure que la pièce a commence.
Lui à elle, normalement  – Ma puce, pour partir, il faudrait se réveiller… pour se réveiller, il faudrait savoir qui de nous deux est en train de rêver…
Elle à lui, toujours en chuchotant-  Mais nous ne rêvons pas, nous sommes au theâtre !

Il se lève, se dirige vers Salvador Dali…


Elle, chuchotant fort – Mais enfin que fais-tu ? Tu ne vas pas aller sur scène !!!

Il arrive derrière Salvador Dali, prend le dossier de la chaise, la fait glisser pour la positionner de profil. Et il se met face à lui, debout.

Lui à Salvador Dali – Cher Monsieur, pouvez-vous dire à ma mie, que vous n’êtes qu’une construction de son imagination ?
Salvador Dali  - Savez-vous où est Gala ?
Lui – Non, j’ignore qui est et où est Gala, mais ce qui m’importe c’est que vous vous adressiez à mon amie pour lui dire de se réveiller.
Salvador Dali – Etes vous mon ami Bunuel ?
Lui – Non, non je ne suis pas Bunuel, allez ! Je suis elle, elle est moi, et nous ne sommes qu’un. Regardez mon amie est là bas sur le canapé…
Salvador Dali – C’est l’Âge d’or mon ami….
Lui – En coulisse peut être !
Salvador Dali – Je me retire, mais souvenez-vous que les sanglantes osmoses du rêves et de l'amour occupent entièrement la vie de l'homme...


La chaise redescend avec Salvador Dali toujours assis dessus et disparaît sous la scène.


Scène 3 - 1 comédien et 1 comédienne, 1 projectionniste.
La lumière est faite sur la fenêtre du projectionniste, pendant qu’on change le décor.
Retour au décor de la 1ere scène, pendant que le projectionniste parle à un ami qu’on ne voit pas mais qu’on imagine.


Le projectionniste : non mais tu as vu ce film ? C’était nul ! Tu as compris quelque chose toi ?
La voix : et bien il … il dit des belles phrases non ?
Le projectionniste : que du blabla…. Ce film ne vaut pas un clou… encore un film pour pseudos-intellectuels qui encenceront le sens profond du minimalisme et surréalisme de ce réalisateur ….
La voix : tu crois ?
Le projectionniste : c'est mon opinion, passe-moi l’autre bobine…

Même lumière que sur la 1ere scène à nouveau, on retrouve les amoureux sur le lit dans la meme position qu’à la fin de la scène 1.

Lui, ouvrant les yeux – mais tu dors ?

Elle dort visiblement. Il se degage un peu, la déshabille et la met sous la couverture…


Elle, moitié endormie – il faut partir…. C’est nul, partons….
Lui, doucement – pardon ?
Elle, toujours moitié endormie – oui, car je ne comprends rien, je ne connais pas Gala.
Lui, doucement – moi non plus ma puce, rendors toi…

Elle, toujours moitié endormie – je rêverai encore et à nouveau, je te le promets, mais partons de ce théâtre… Allons plutôt nous ballader comme nous le faisions quand nous étions plus jeunes. Ces longues ballades nocturnes que j’aimais tant où la ville devenait un univers qui pouvait se transformer… L’ère des grandes découvertes… Là un pont, et ici les bords de Seine… Et les arbres peuvent-ils parler ? Ici les bâtiments sont-ils en bonbons ? Y-a-t-il vraiment un fantôme à travers cette fenêtre coupée en deux devant laquelle nous sommes passés plusieurs fois ? A gauche, à droite, tout droit, ferme les yeux,  te souviens-tu ? Je te “huggais”, et je te tenais de peur que tu ne te perdes ou te fasses enlever par les extras-terriens… Sait-on jamais, c’est vrai…  Si un dinosaure passait par là et t’écrasait ? Prends-moi la main, regarde la tour Eiffel… N’est-elle pas belle, illuminée ? Je n’ai pas froid. Hop… Disparaissons sous les draps, c’est notre cabane où personne ne peut nous retrouver ! Il n’y a que nous, nos rêves, nos envies, nos chansons. Le temps n’aura pas raison de nous ! Jamais, partons de ce théâtre… Tu sens bon, j'aime ton odeur, approche-toi et partons...
Lui, doucement et tendrement, lui caressant les cheveux – Oui, nous partons, nous partons…

- Rideau -
 
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Commentaires

J'ai toujours vu l'univers gris... Et je ne sais pas pourquoi?!

Écrit par : Esther Chantoiseau | 13/12/2007

Ca ne je peux pas te le dire :p

Écrit par : Lau | 13/12/2007

Les commentaires sont fermés.