Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

26/06/2008

Blog en hibernation pendant quelques jours..

Communiqué de presse - Le blog va être en hibernation jusqu'à lundi ou mardi prochain - Fin du Communiqué de Presse

16:25 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (7)

Lettre

Il paraît que certain(e)s parlent aux morts, aux défunts. Que certaines paroles peuvent s’envoler vers les Cieux, lorsque nous sommes croyants. Il n’est donc jamais trop tard… Jamais.

Cancer. Cancer j’écris ton mot, cancer qui es-tu ? Un mot inventé certainement par l’imagination fertile d’êtres humains voulant trouver une nouvelle manière de se lamenter sur leurs sorts. Cancer, je ne t’aime pas. Sida non plus d’ailleurs. Partout où vous passez, les pleureuses vous suivent. Ouste, dégagez, je ne veux point vous voir.

Une maladie grave. Il parait. Dans ton cas, ça l’était. Une première intervention, il y avait quelques années, j’étais venue te voir à l’hôpital. Tu t’en étais sorti.

Tu ronges les entrailles des hommes, tu les punis de leurs excès parfois. Des existences consummées, en fumée. Va-t’en, ne viens point chez moi, tu n’es pas invité.

Un peu plus d’un an, Cancer, rechute. Naïve : “ça sera la même chose, il va s’en sortir.”  La fuite… Fuir la réalité, fuir la fin, fuir. Non, je ne réalise pas, non je ne veux pas croire que c’est vrai. Culpabilité. Incapable de t’appeler, incapable de t’écrire, pourtant si prolixe en écritures. Incapable.

D’où viens-tu d’ailleurs ? Qui t’a enfanté ? Où sont ta mère et ton père ? Les as-tu tués aussi ?

Les réunions familiales. Je voulais te faire rire, je ne racontais que des anecdoctes, des blagues. Fuir. Fuir encore. Tu n’es pas malade, non, c’est un mensonge. On veut me faire croire que tu l’es, mais non. Je ne te vois pas à cause de ça. La réalité. Ne pas te voir me permet de te garder en vie. Ne pas assister à ta dégradation si insupportable. Coupable de lâcheté. Pour ne pas m’effondrer devant toi, je disparaîs. Un spectre, une abonnée absente.

Tu te divises à l’infini. Tu contamines les cellules vivantes, enjouées. Elles ne peuvent pas lutter. Ta noirceur les déprime. Tu es toujours le plus fort. Est-ce que ça te plaît ce rôle ? Ton ego est-il satisfait lorsque tu emportes les êtres de l’autre côté ? 

J’ai voulu t’écrire, te parler maintes fois. Muette. Des souvenirs d’enfance, des moments privilégiés, des odeurs, une voix, des intonations, des contes. Du bonheur. Je me souviens de tous ces instants, mais je me suis enfermée dans ma tour d’ivoire, provoquant parfois l’incompréhension de mes proches. Appelle-le. Je ne peux pas. Pense à lui. Je ne cesse. Sois là pour lui. Je le suis tous les jours par la pensée. J’attends qu’il aille sur l’échafaud… La sentence est donnée, la date inconnue. En n’étant pas présente, je crois retarder l’exécution. Inconscience.

Je t’entends rigoler de ma peine. Tu es joueur, tu as pris ton temps pour gangréner tout ce corps. Donner de l’espoir pour qu’on espère toujours. Puis tu t’es lassé. Fatigué d’attendre, tu as décidé en quelques heures de conclure la partie sans prévenir personne.

Brutal. En deux coups de téléphone, tout est fini. Irrévocable. Aucun retour en arrière possible. Le premier pour m’informer que tu es à l’hopital, phase terminale… J’accuse le choc de la réalité qui s’impose à moi. Me déplacer, y aller. L’urgence du desespéré. Peut-être que si je vais le voir… Peut-être que. Inutile. Le deuxième à peine 15 minutes après pour me lâcher ces mots : “c’est trop tard”. Je n’entends pas. Explication, ça veut dire quoi ? Qu’est ce que ça signifie ? “C’est fini, il est mort. On vient de me le dire”. Big Bang. Larmes.  Impossible, je n’ai pas dit, je n’ai pas été là. Quelques heures, il me fallait simplement quelques heures.


Cesse tes ricanements. Cesse ! Il le méritait, me dis-tu ? Trop de tabac ? Tu l’avais prévenu ? Mais qui es-tu pour juger de la sorte, pour rappeler aux hommes qu’ils sont faibles, que leurs corps n’aiment pas leurs excès ? Cesse, te dis-je ! N’as-tu donc aucun respect pour le désarroi des êtres ? Tu jouis de notre impuissance à te combattre, avoue-le ! Avoue ! COUPABLE, c’est toi le COUPABLE ! Au-dessus des lois me dis-tu ? Qui es-tu pour être injugeable ?

Hôpital. Taxi. Essouflée. Où est la chambre ? Je me trompe d’étage. J’accours. 215. Chambre 215. Frapper. Un mort peut-il dire à quelqu’un d’entrer ? Ridicule. Entrer. Elle. Elle. Lui. Elle en larmes. Elle dans mes bras. Moi. Larmes encore, tant mieux. J’ai eu peur d’être comme toujours, froide, mortifiée par mes ressentis. Là mon humanité revient. Larmes. Lui. Lui méconnaissable. Est-ce bien lui ?Il ressemble à une momie. C’est ce que je me dis. On a l’impression qu’il est desséché et momifié depuis des siècles. En vérité c’est cela. Mon oncle n’a jamais été vivant, il est d’un autre siècle. Il était peut être scribe. Voilà son histoire. La personne qui est allongée n’est pas mon oncle. C’est un autre. Mon esprit divague, mes rêves, mes constructions mythologiques. C’est un autre.

Cancer, je te fustige, je te méprise, je t’humilie devant tous ces lecteurs ici présents. Tu jubiles de ta soi-disant toute puissance. Mais tu ne seras jamais rien. Tu tues sans remords, tu voles la vie avec préavis. A présent je t’oublie. Assigné devant un tribunal virtuel, je te juge sans procès  : COUPABLE DE MEURTRE. Adieu.

Le soleil brille, les robes légères virevoltent, celui qui est mort est un imposteur. C’était un grand scribe égyptien.

16:11 Publié dans Divagations | Lien permanent | Commentaires (8) | Tags : cancer

Vocabulaire : cancer & décès

cancer, nom masculin
Sens 1 Tumeur maligne qui se caractérise par une prolifération inorganisée des cellules [Médecine]. Anglais cancer
Sens 2 Mal, ce qui détruit [Figuré]. Synonyme gangrène
Sens 3 Quatrième signe du zodiaque [Astrologie].
Sens 4 Personne dotée de ce signe [Astrologie].

cancer : 2 synonymes.
Synonymes gangrène, leucémie.

Le cancer, au prix que ça coûte, on n'est même pas sûr de mourir guéri. - Coluche

Moi, j'ai pas de cancer, j'en n'aurai jamais, je suis contre. - Pierre Desproges

Quand il lut quelque part que fumer pouvait provoquer le cancer, il arrêta de lire. - A. Kirwan

décès, nom masculin
Sens  Mort d'un être humain. Synonyme disparition Anglais death

décès : 4 synonymes.
Synonymes disparition, fin, mort, trépas.

Le bonheur est un hôte discret, dont on ne constate souvent l'existence que par son acte de décès. - Adrien Decourcelle
 
Votre journal annonce mon décès. Comme vous êtes toujours bien informés, cela doit être vrai. Veuillez donc supprimer mon abonnement, devenu inutile. - Rudyard Kiplin
 
Le comble du cynisme : Assassiner nuitamment un boutiquier, et coller sur la devanture : fermé pour cause de décès. - Alphonse Allais

14:35 Publié dans Mots à mots | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cancer, décès

25/06/2008

Quelques heures avec Ceux qui marchent debout... - concert du New Morning / 23-06-2008

IMG_0645.JPG(Photo prise au concert du New Morning, 23/06/08, par L. N.)
 
18h30… J’arrive au New Morning pour interviewver Roufi du groupe Ceux qui Marchent Debout. Ils sont en répétition, pour faire les derniers réglages de son, le concert est à 21h. Le New Morning, une salle mythique pour les amateurs de Jazz. Assez “pourrie” d’apparence, mais le lieu est culte. Il y a une sorte d’aura qui plane sur cette salle. Ca sent le vieux, le visité, l’usé. Concerts après concerts, des artistes prestigieux, des groupes débutants. J’aime cette salle pour ce qu’elle représente, l’histoire…

Manu, du staff de CQMD, me propose très gentiment et immédiatement un verre en attendant. Soyons soft, on commence par du Coca. J’observe. Des tables sont dressées pour faire diner l’équipe avant le début du concert, Jean-Louis derrière les fourneaux a préparé des mets qui, ma foi, ont l’air délicieux : cuisine du sud-ouest avec des pincées de coriandre ci et là – à ce qu’il parait. Observée – “qui es-tu ?” – mais très bien accueillie. Je me régale de voir l’avant-concert. J’ai toujours aimé ça, les préparations, les répétitions au cinéma, au théatre, avant les galas… Les avants-scènes. Le monde du spectacle et du divertissement a son charme. Après le travail, la mise en place, la magie s’opère quand le spectacle commence….

Vers 19h00 et quelques, il est temps de dîner pour l’équipe qui se pose au compte-goutte, les uns après les autres arrivent et s’attablent.  Jean-Louis me propose de me  joindre à eux. Ayant déjeuné à 16h,  mon estomac ne réclame pas encore de pitance quelconque, mais je me laisse pervertir par un verre de vin rouge. Je fais connaissance avec Roufi, Tafani… Tafani se délecte visiblement avec le gaspacho de Jean-Louis. Roufi m’expose un peu son parcours. Graphiste à une époque lointaine, il a travaillé chez BUF Compagnie. Les rencontres et les hasards, et le voilà Soubassophoniste de ce groupe créé en 1992. On parle ensuite un peu des festivals. Non, ils ne seront pas à Solidays cette année,  l’an prochain peut-être. On parle de Nova et de leur unique expérience avec EMI : conclusion, l’autoproduction rien de tel.

Vers 20h00, on plie les tables. Passage du côté des coulisses. Les backstages du New,  c’est la grande classe – 2nd degré - avec une peinture de Prince (private joke). Micro-salle peu entretenue. Mais c’est sympa ces arrières pas aseptisés aussi. Ca accentue le côté “salle mythique” du New Morning. Pour l’anecdocte le QG de N. S pendant sa campagne présidentielle était juste derrière ce mur. S’il savait ce qui s’y passe…

Rencontre de  Bart, le tromboniste du groupe. Bart est curieux – qui suis-je ? – et on discute de lui, de son parcours aussi, des choix qu’il a du faire. Bart est posé, calme, ce qui ne laisse pas du tout présager de l’énergie qu’il déploit sur scène. Pourquoi je m’intéresse à ce groupe dans le cadre de mes interviews ? Vos parcours, le hasard de la vie qui a fait que aujourd’hui vous vivez de votre passion. Bart a fait des études de physiques jusqu’en maîtrise, et suivi des cours aux Arts et Métiers. Il aimait déjà le son à cette époque. Il a rencontré une première fois le fondateur de CQMD dans le Sud où il faisait des tours avec sa fanfare,  puis il l’a retrouvé à Paris par hasard. De fil en aiguillle, le groupe s’est formé. Pas facile d’avoir choisi la voie de la musique plutôt que celle de professeur de physique ? Un peu, mais sans hésitations néanmoins. Il n’aurait pas choisi le groupe, il l’aurait regretté. Et quel pied pendant toutes ces années, même si, comme dans tout des moments avec, des moments sans. Son premier souvenir fort au niveau du groupe c’est quand ils ont fait l’avant-première de Bootsy Collins. Bart flippait, mais quelle adrénaline ensuite. Le Bataclan, son père, son frère, souvenirs. Oui, ça valait le coup de lâcher la physique.

Dans les coulisses, il y a aussi le vieux pote de Bart, Yasha, qui lave ses jeans à la main, depuis qu’il a rencontré un militaire à Dakar qui lui a montré comment faire. Santiagues et chemise blanche à deux euros, il est haut en couleur, j’aime bien ce genre de personnalités. On sent que ce groupe c’est avant tout des vieux potes, ça se ressent dans leur manière d’agir, ou de jouer sur scène. Aucun bluff, ils aiment ce qu’ils font, et ils aiment faire ça ensemble. 

21h00, le concert va débuter plus tard, on attend que la salle se remplisse. Mes amies sont arrivées entre temps. Soudain, vers 21h40… ça démarre. Dès les premières notes, c’est le pied – pardonnez le langage familier -. C’est parti pour 2h00 de son excellent, la salle s’échauffe, L’énergie de CQMD est communicative. J’adore ! En CD, c’est déjà pas mal, mais en live.. En live, c’est incroyable !

Surfin’ Italia, She don’t love me, we made it… Les CQMD sont proches de leurs publics, et ce n’est pas qu’une image de marque. Ils descendent de la scène, jouent de manière effrenée au milieu du public. Ils s’éclatent et ça se sent. Ils descendent au milieu du public, et ça c’est bon. 2h00 de bonne humeur, 2h00 d’enthousiasme… Il n’y a pas de “leader” sur ce groupe, ils chantent tous. Bref, les CQMD sont un groupe, un vrai pour le bonheur de leur public qui s’est totalement laissé transporter durant toute leur représentation…

23h30 et quelques, c’est fini. En sueur, et de bonne humeur, je laisse mes “convives” profiter de leur post-concert, on fera l’interview de Roufi un autre jour.  En attendant, le mieux c’est encore de regarder ces extraits (montage maison, sans étalonnage, pour vous donner un petit aperçu. Pardonnez l’image (prise avec mon appareil numérique) et ce n’est pas exhaustif car j’étais à cours de batterie !)…. Bref, la prochaine fois qu’ils passent… ALLEZ-Y ! (l’ITW sera publiée probablement mi-juillet)