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01.07.2008
Lettre (suite et fin).
La page blanche.
Jamais de mal à trouver ses mots, ni les tournures de phrases et encore moins le ton. Mais là, le vide, le néant, silence. Par où commencer, par où finir, de quoi parler, comment l’exprimer. Quinzes minutes déjà devant son écran pour extérioriser, sans que rien ne vienne. Pourquoi est-ce si difficile...
Une page blanche.
L’imposteur est de retour. Satané scribe, que fais-tu dans ce cerceuil à la place de mon oncle ? Tu souris de ta farce. Mais je t’ai démasqué, moi, car je ne suis pas dupe. Que crois-tu donc, brigand ? Je vais le retrouver mon oncle un jour… C’est mon parrain. Sais-tu ce que ça signifie ? Qu’il veille sur moi. Il voulu prendre de longues vacances et tu es le complice de ses escapades… C’est un taquin, je le sais.
Ses dents sont jaunies par le tabac. Ses yeux fermés, ses bras croisés, dans ce costume gris avec cette cravate jaune. Les rites funéraires occidentaux du XXIème siècle n’ont plus le faste des cérémonie antiques. Un sous-sol d’hôpital. Des inconnus en tenues noires, qui arborent un air triste. On ne leur en voudra pas, c’est leur travail. Divagation. Les Egyptiens embaumaient le corps des défunts pendant des heures pour qu’il puissent accéder au jugement d’Osiris. Où est le livre des morts ?
Ce tissu satiné saumon est d’un goût douteux.
Des détails. S’attacher à l’insignifiant. S’évader encore une fois de la raison pour laquelle je me trouve dans cette pièce. A quoi servent ces clous dorés sur la table ? La couleur brune du cerceuil. Les artistes mortuaires ont bien fait leur travail. Il a le teint mat et plus le blanc jaunâtre des personnes passées.
Cessez d’être tristes ! Ce n’est pas lui ! Voyez. Deux de ses frères ont compris, ils sont ressortis de la salle. Ne voyez-vous pas que son visage est un masque. Toi, mon cousin, son fils unique, tu ne verses pas une larme. Cet homme n’est point ton père. Tu l’as compris aussi.
Madame, nous allons procéder au transfert. Nous devons fermer le cercueil. Faites. Trois hommes. Quatre ? Je ne sais plus. Le couvercle. Froide. Mon coeur est mortifié par la douleur, mais ma tête contrôle mes émotions. Jamais de larmes. Jamais. “Honore ton père et ta mère, afin que tes jours se prolongent dans le pays que l'Éternel, ton Dieu, te donne.”. Ailleurs. Premier coup de vis. Retour à la réalité. Larmes. Dans cette boite, repose mon oncle. On l’enferme pour qu’il ne puisse plus jamais sortir de ces quatres planches. Cessez, je vous en prie. Cessez ! Vous allez l’étouffer ! Laissez le respirer, laissez lui de l’air ! De l’oxygène, vite de l’oxygène ! Larmes. Son fils. A défaut d’avoir été présente pour mon oncle, je saisis son fils et l’étreins. Pardonne mon absence, et mes défaillances, je suis là à présent.
Ah tu fais moins le mâlin, scribe enfermé ! Comment vas-tu sortir de cette boite à présent ? Quelle astuce vas-tu trouver à présent ? Te voilà pris au piège de ta mise en scène ! A nous de rire à présent. Tu nous crois victimes de ton superfuge, mais nous avons joué la comédie pour pouvoir mieux t’emprisonner. Adieu Scribe ! Tu n’as que ce que tu mérites !
C’est fini. Il est mort deux fois. L'autre célébration est dans le Sud de la France, je n’irais pas. Je refuse de voir mon oncle mourir trois fois. Oublier le Scribe, mais se souvenir des rires, des fêtes, des blagues, des cadeaux, des jeux, des anniversaires, des histoires à dormir debout. Peut-être quand les feuilles commenceront à tomber, et qu’on doit porter hommage à ceux qui sont disparus, j’irais. Ou pas. Allumer un cierge. Faire une prière. Il n’est plus. Sortir de cet endroit.
Le ciel est bleu, la journée est exceptionnellement ensoleillée, nous décidons ma soeur et moi d’aller au Panthéon qui est à côté de l’Institut. Curieuse démarche. Pourtant dans cet endroit solennel, je me sens bien. Je rends hommage à mon oncle en visitant ses semblables. Ballade culturelle au milieu des morts. Je l’imagine bavarder avec Zola, Rousseau, Voltaire, Victor Hugo, Jean Jaurès, Pierre et Marie Curie…. “Aux grands hommes la patrie reconnaissante…”. Mon oncle est mort, mais son esprit hante le Panthéon. Je l'ai vu sourire à côté du Pendule de Foucault. Ca sera mon secret. Demain est un autre jour.... Sèche tes larmes jeune femme, je suis encore parmi vous....
Jamais de mal à trouver ses mots, ni les tournures de phrases et encore moins le ton. Mais là, le vide, le néant, silence. Par où commencer, par où finir, de quoi parler, comment l’exprimer. Quinzes minutes déjà devant son écran pour extérioriser, sans que rien ne vienne. Pourquoi est-ce si difficile...
Une page blanche.
L’imposteur est de retour. Satané scribe, que fais-tu dans ce cerceuil à la place de mon oncle ? Tu souris de ta farce. Mais je t’ai démasqué, moi, car je ne suis pas dupe. Que crois-tu donc, brigand ? Je vais le retrouver mon oncle un jour… C’est mon parrain. Sais-tu ce que ça signifie ? Qu’il veille sur moi. Il voulu prendre de longues vacances et tu es le complice de ses escapades… C’est un taquin, je le sais.
Ses dents sont jaunies par le tabac. Ses yeux fermés, ses bras croisés, dans ce costume gris avec cette cravate jaune. Les rites funéraires occidentaux du XXIème siècle n’ont plus le faste des cérémonie antiques. Un sous-sol d’hôpital. Des inconnus en tenues noires, qui arborent un air triste. On ne leur en voudra pas, c’est leur travail. Divagation. Les Egyptiens embaumaient le corps des défunts pendant des heures pour qu’il puissent accéder au jugement d’Osiris. Où est le livre des morts ?
Ce tissu satiné saumon est d’un goût douteux.
Des détails. S’attacher à l’insignifiant. S’évader encore une fois de la raison pour laquelle je me trouve dans cette pièce. A quoi servent ces clous dorés sur la table ? La couleur brune du cerceuil. Les artistes mortuaires ont bien fait leur travail. Il a le teint mat et plus le blanc jaunâtre des personnes passées.
Cessez d’être tristes ! Ce n’est pas lui ! Voyez. Deux de ses frères ont compris, ils sont ressortis de la salle. Ne voyez-vous pas que son visage est un masque. Toi, mon cousin, son fils unique, tu ne verses pas une larme. Cet homme n’est point ton père. Tu l’as compris aussi.
Madame, nous allons procéder au transfert. Nous devons fermer le cercueil. Faites. Trois hommes. Quatre ? Je ne sais plus. Le couvercle. Froide. Mon coeur est mortifié par la douleur, mais ma tête contrôle mes émotions. Jamais de larmes. Jamais. “Honore ton père et ta mère, afin que tes jours se prolongent dans le pays que l'Éternel, ton Dieu, te donne.”. Ailleurs. Premier coup de vis. Retour à la réalité. Larmes. Dans cette boite, repose mon oncle. On l’enferme pour qu’il ne puisse plus jamais sortir de ces quatres planches. Cessez, je vous en prie. Cessez ! Vous allez l’étouffer ! Laissez le respirer, laissez lui de l’air ! De l’oxygène, vite de l’oxygène ! Larmes. Son fils. A défaut d’avoir été présente pour mon oncle, je saisis son fils et l’étreins. Pardonne mon absence, et mes défaillances, je suis là à présent.
Ah tu fais moins le mâlin, scribe enfermé ! Comment vas-tu sortir de cette boite à présent ? Quelle astuce vas-tu trouver à présent ? Te voilà pris au piège de ta mise en scène ! A nous de rire à présent. Tu nous crois victimes de ton superfuge, mais nous avons joué la comédie pour pouvoir mieux t’emprisonner. Adieu Scribe ! Tu n’as que ce que tu mérites !
C’est fini. Il est mort deux fois. L'autre célébration est dans le Sud de la France, je n’irais pas. Je refuse de voir mon oncle mourir trois fois. Oublier le Scribe, mais se souvenir des rires, des fêtes, des blagues, des cadeaux, des jeux, des anniversaires, des histoires à dormir debout. Peut-être quand les feuilles commenceront à tomber, et qu’on doit porter hommage à ceux qui sont disparus, j’irais. Ou pas. Allumer un cierge. Faire une prière. Il n’est plus. Sortir de cet endroit.
Le ciel est bleu, la journée est exceptionnellement ensoleillée, nous décidons ma soeur et moi d’aller au Panthéon qui est à côté de l’Institut. Curieuse démarche. Pourtant dans cet endroit solennel, je me sens bien. Je rends hommage à mon oncle en visitant ses semblables. Ballade culturelle au milieu des morts. Je l’imagine bavarder avec Zola, Rousseau, Voltaire, Victor Hugo, Jean Jaurès, Pierre et Marie Curie…. “Aux grands hommes la patrie reconnaissante…”. Mon oncle est mort, mais son esprit hante le Panthéon. Je l'ai vu sourire à côté du Pendule de Foucault. Ca sera mon secret. Demain est un autre jour.... Sèche tes larmes jeune femme, je suis encore parmi vous....
13:21 Publié dans Divagations | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : panthéon.





