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09/12/2009

Rencontre du 3ème type musical : Interzone

« Il était une fois un spectacle OVNI. ».

L’accroche de la présentation d’Interzone qui a eu lieu le 3 Décembre dernier à la Cité de la Musique ne mentait pas. Si vous avez souhaité un jour vivre une sorte d’expérience lynchéenne musicale, il aurait fallu être là. Interzone, du compositeur Enno Poppe et de la vidéaste Anne Quirijnen, propose de mettre en "musique" et en image, l'univers de William S. Burroughs. « Rendre l’atmosphère d’indétermination spatiale, temporelle et affective… », telle était l’ambition du projet. Indiscutablement, l’œuvre présentée est déroutante par ses stratosphères sonores. Pas assez mélomane pour juger de la maitrise parfaite des acteurs, je reconnais néanmoins le travail, la performance des protagonistes, et l’originalité de la mise en scène.


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Mise en place – l’intérieur de la cité de la musique est un espace rectangulaire. La salle est fort agréable. Les spectateurs placés dans les tribunes ont la scène située en contrebas. Huit écrans géants, l’orchestre dessous. Plongés dans le noir, apparaît en guise d’introduction, un gros plan sur un homme. – Fin de la mise en place.

Si on sort du politiquement intellectualisme correct, je vais tout avouer : j’ai lutté pour ne pas m’endormir – contrairement à un des mes voisins qui s’est assoupi comme un bébé -. Car si l’agglomération de sons a sans aucun doute ému un public avisé, pour mes oreilles profanes, c’était de l’architecture bétonnée. La dysharmonie ficelée de l'oeuvre finit par créer un fond sonore soporifique pour la néophyte de musiques expérimentales que je suis. Mais j'ai fini par apprécier  le Quatuor à cordes de H.Dutilleux étudié pour mon baccalauréat, tout n'est donc pas perdu.

Plus sensible à l'image, le traitement des séquences projetées participant à une atmosphère proche de Lost Highway (D. Lynch) est esthétiquement intéressant même si j'ai eu du mal à saisir parfois l'interaction avec ce que j'étais en train d'écouter. Il est certain que les subtilités du show m'ont échappée, mais après tout qu'importe.

Car ce genre de performances me laisse toujours perplexe. C'est une démonstration parfaite de travers - selon moi - où se complaît une certaine partie du monde de l'Art (au sens large) à s'auto-satisfaire d'un principe élitisme. Pour qui a été produit ce spectacle entièrement en anglais non sous-titré et pas du tout accessible à des sensibilités grand public ? Encore une fois, j'assiste à l'anti-Art et un non-respect du spectateur pour satisfaire des egos de spécialistes. Je n'ai aucune difficulté à ce qu'ils s'épanchent entre eux sur les sujets où ils excellent, mais je suis plus sceptique vis-à-vis de la notion de "Spectacle" bénéficiant de l'aval de producteurs pour une centaine de personnes....

Bref, si le fond est indiscutablement intéressant la forme est beaucoup plus discutable... Il y a néanmoins une chose de certaine, c'est que je vais me souvenir d'Interzone, tout comme j'ai un souvenir impérissable de l'Orestie d'Eschyle (5 heures d'affilée, si, si) mise en scène en 2008 par Olivier Py au Théâtre de l'Odéon. D'un certain point de vue, ce n'est pas tous les jours qu'on fait une rencontre de 3ème type musical..

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