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16/12/2009

Le cirque plume, "un rond de paradis".... (Annie Fratellini)

La vraie beauté - celle qui advient et se révèle, qui est un apparaître-là touchant soudain l'âme de celui qui la capte - résulte de la rencontre de deux êtres, de l'esprit humain avec l'univers vivant. Entre l'œuvre de beauté, toujours née d'un " entre ", est un trois, qui jaillit du deux en interaction, permet au deux de se dépasser. Si transcendance il y a, elle est dans ce dépassement-là. »

François Cheng, Cinq Méditations sur la beauté.  (extrait des Carnets de Création)

laura_trampo_av.jpgL'Atelier du Peintre du Cirque Plume est bel et bien la « rencontre d'humanité, dans le partage d'émotions, d'éternité d'un instant, d'inconscient, d'amour et de joie, de rencontres, de beauté avec un public. De vivant à vivant. » dixit Bernard Kudlak, auteur et metteur en scène.

A l'opposé d'Interzone, l'Atelier du Peintre du Cirque Plume s'adresse aux petits et aux grands. Le public voyage pendant quelques heures dans un univers féérique et d'une créativité étonnante. Le musée imaginaire du Cirque Plume est d'une rare poésie qu'il ne m'a pas été donnée si souvent de voir. La musique originale composée par Robert Miny transporte dans les temps passés. Les artistes de rue ne trichent pas, ni ne se complaisent dans des artifices.

« Totalement hanté par les barbaries du XXIème siècle et ce, depuis mon enfance, j'ai trouvé la seule voie qui me permit de vivre : celle de la création artistique et celle d'un échange vrai autour d'émotions et de beautés qui toutes prennent leurs racines dans la beauté du monde. » (Bernard Kudlak)

Ce constat désabusé face à une Humanité qui présente certains troubles comportementaux tendant vers une  dés-humanisation, et une certaine irresponsabilité à différents niveaux (que ça soit vis-à-vis des autres hommes ou des problématiques environnementales), donne ainsi naissance à certains mouvements artistico-culturels visant la re-construction de nouvelles réalités grâce aux philosophies des rêves revisitées, la réhabilitation des émotions, ou encore les quêtes de sens à donner à des existences qui parfois sont en mode Automates. Ré-apprendre à voir, observer, regarder, ressentir.

Que ça soit l'artiste kaléïdoscopique, Julien Lévy à travers - entre autres - ses Tiny Winds, le photographe Yang Yi, découvert à Beijing, à travers les venus.jpgphotographies de sa ville natale engloutie (série Uprooted), ou l'investissement de Kirill Konin, président et créateur du festival des films des Réfugiés à Tokyo - et j'en oublie -, tous cherchent à sensibiliser le public concernant un avenir assez pessimiste s'il n'y a pas une prise de conscience rapide.

"N'oubliez pas la création sinon vous aller vous retrouver mort. » (Daniel Sibony dans Création, essai sur l'art contemporain), cite Bernard Kudlak. Car le Cirque Plume a la force de ces œuvres qui ont plusieurs lectures, fruit d'un énorme travail de réflexion et d'approfondissement autour de la thématique de l'art (lire ICI). "L'atelier du peintre pose la question de l'artiste. L'atelier du peintre pose la question de l'art." (B. Kudlak)

Le rideau se lève sur le tableau des Ménines de Velasquez et tout le spectacle est parsemé de références picturales pour le plus grand plaisirs des amateurs. Les adultes redeviennent des enfants et les enfants rêvent que le monde soit comme le joli conte qui défile sous leurs yeux. Quelques heures durant, le monde devient beau. Applaudissements. L'esprit du cirque se prolonge post-représentation sous le chapiteau où les spectateurs peuvent se restaurer autour de grandes tables dressées le plaisir d'être ensemble tout simplement. Les artistes rejoignent les amis, les inconnus, et s'installent. Chaleur humaine.

L'Atelier du Peintre était une découverte, je retournerai rêver et me laisser enchanter par le monde du Cirque Plume....

 


 

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