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23/07/2007

Dialogue de Sourds

Un mot, une phrase, une ligne... Rien.

Ce soir c'était la panne, le néant, le vide. Rien. 

Pas une couleur, pas une note, pas un bruit. Rien.

Et pourtant, il fallait écrire. Ecrire pourquoi, écrire pour quoi ? Rien.

Une horloge bien réglée, une obligation avec sa conscience, ou bien son exigence, ou encore épanchement ? Rien.  

- Dialogue de sourds - 

- Bonsoir Exigence, comment vous portez-vous aujourd'hui ?

- Toujours très bien, vous le savez, je suis celle qui demande, pas celle qui donne.

- Et pourquoi demandez-vous ? 

- Parce que c'est dans mes gênes, et c'est la raison de mon existence : Je est demande.

- Mais savez-vous que donner enthousiasme autant que demander.

- Sans doute, je ne remets point cela en question, mais c'est contre-nature. Si vous cherchez la Dame Prodigue, ce n'est point ici que vous la trouverez..

- Ah, comment puis-je la trouver ?

- En faisant sonner 3 fois la cloche.

- Quelle cloche ?

- Celle que vous allez vous fabriquer...

- Mais je ne sais pas fabriquer une cloche.

- Je demande et vous, vous faites, voyons.  Allez voir Imagination si vous ne savez pas comment faire. Sinon pas de cloche, pas de Dame Prodigue... Et donc point de "donner". 

- Et Imagination, où est-elle ?

- Et bien là où est votre Exigence pardi !

- Mais c'est vous Exigence..

- Oui tout à fait et alors ?

- Et bien dites moi où est Imagination, si elle est là où est Exigence .. donc vous en l'occurence, non ? 

- Imagination est là où est Exigence Créatrice, moi je suis Exigence Affective...

- Ok, mais où trouver cette Exigence-ci ?

- dans l'Imagination, voyons.

- Me voilà bien avancé...

- De rien, c'était un plaisir de vous renseigner !

- ...  

- Fin du dialogue de sourd -  

 

19/07/2007

Intro - Outlines

 
podcast

 
(Album : Our lives are too short)
 

- Oh, regarde là-haut, les étoiles ...
- Oui, c'est parce que la bâche est percée, elle est mal entretenue, du coup à travers les trous tu vois les étoiles.
- C'est ça tu crois ?
- Naturellement.
- C'est quoi l'histoire de la Grande Ourse, tu la connais ?
- C'est un secret, ne le dis à personne.
- Promis.
- Alors ferme les yeux... et viens avec moi, je t'emmène en voyage.
 

Bleu, ton sourire.
Rose, tes larmes.
Noir, tes divagations.
Violet, ton coeur.
Rouge, ta douleur.
Vert, tes douceurs.
Argenté, tes rires.


- Et les autres couleurs ?
- Oublie-les.
- Le jaune, l'orange, le pourpre ?
- Elles virevoltent et s'enfuient.
- Et les notes de musiques ?
- Dans ta tête et en boucle.

Des néons clignotent à tout va, Time Square, l'activité permanente. Sous nos yeux défilent les taxis, les hommes, les femmes, les touristes, les enfants, les "pousse-pousse", les paumés, les mateurs, les groupes japonais... Un grand écran, des images, et l'odeur particulière de la ville. Il fait doux, la brise court de visages en visages. Deux étrangers assis au loin. Douceur, chaleur, bonheur.

- Et un jour, est-ce que tu m'emmèneras dans la lune ?
- Non.
- Pourquoi ?
- Parce que je ne sais pas voler.
- Mais moi si, viens, je t'emmène... Regarde, on est au-dessus des nuages !

Poussières d'étoiles.... Les spectres se cherchent à travers les brouillards, et dansent sans entrain, leurs regards perdus dans les anneaux de Saturne.

- J'ai croisé mon reflet aujourd'hui.
- A-t-il été aimable ?
- Ma foi, fort sympathique, il me souriait.
- Pourquoi, tu pleurais ?
- Non, pourquoi cette question ?
- C'est ton reflet...  Si sa figure est joyeuse, c'est que la tienne est triste.
- Crois-tu qu'il me bluffe ?
- Les reflets sont joueurs, tu devrais le savoir.

La Grande Ourse rend visite à une constellation qui a perdu son chemin. Elle ne sait plus où elle doit se placer dans le ciel. La Grande Ourse lui prend la main et la guide à travers les Univers... Ensemble, elles croisent Halley et d'autres de ses copines, et évitent les trous noirs, jouent à cache-cache avec Pluton, puis empruntent l'autoroute lumineuse des 7 Galaxies... Des siècles parcourus, finalement, la constellation n'a toujours pas retrouvé sa place. La Grande Ourse ennuyée l'interroge. Se souvient-elle de son prénom ? Depuis combien de temps brille-t-elle ? La constellation se concentre. Elle entend des rires, des grands éclats de rire, elle sent des odeurs, des bruits de vaisselle, des voix d'enfants qui appellent Calisto. "Ursua Minoris, Kochab et Phekad !!! Venez jouer avec moi !"... La Grande Ourse se souvient, elle pleure en regardant Arcas, sa "Petite Ourse".... 

17/07/2007

1h24.... Weight of the World


podcast
 
Toujours de Patrick Watson...
 
 
1h27  à présent....
Tic, tac, tac, tic...
Les heures passent, les jours passent, les semaines se succèdent, puis les mois, puis les années.
Un air dans la tête, celui-là, langoureux, lancinant, lourd, pesant...  
Des cycles, des vagues, des tourbillons... tout s'emmêle et se démêle...
Poum, Pam, padam... pam... padam..
 
- Allô ? Il y a quelqu'un ?  
- Oui, c'est pourquoi ?
- C'est bien ici que viennent les âmes perdues ?
- Ah non, ici c'est le bureau des âmes tourmentées... Les âmes perdues c'est la porte du fond à gauche...
- Très bien merci.
 
Poum, Pam, padam... pam... padam...
 
Toc, Toc.
 
- Oui, c'est pour quoi ?
- C'est bien ici que viennent les âmes perdues ?
- Oui, très chère, entrez donc, venez vous asseoir là comfortablement sur ce fauteuil sans fond, vous vous y trouverez bien.
- Merci, vous êtes bien aimable.
 
Poum, Pam, padam... pam... padam...
 
1h34 à présent...  
Tic, tac, tac, tic...  
Les heures passent, les jours passent, les semaines se succèdent, puis les mois, puis les années.
 
- Quel est votre nom ?
- J'ai oublié...
- Votre âge ?
- La nuit des temps.
- Votre poids ?
- 5 kilogrammes de plumes blanches et 200 grammes de bulles de savons.
- Votre dernière visite à ce bureau ?
- Je ne suis jamais venue, avant j'allais plutôt au bureau des âmes tristes.
- Quelle est la motivation de votre visite ce jour ?
- J'ai tout oublié ....
- Comment ça tout oublié ?
- J'ai oublié d'où je viens, j'ai oublié où je vais, j'ai oublié si le vent va au Sud plutôt qu'à l'Est, j'ai oublié si la montagne a un goût de sel ou si les vagues ont le goût de l'incertain. J'ai oublié ma vie, mes bonheurs, mes joies, mes hauts, et mes bas. J'ai oublié la morsure de la douleur, tant je me suis perdue. J'ai oublié le désespoir tant j'ai été meurtrie. Et j'erre à travers mes univers, sans plus savoir lequel est le bon... Fuyant ma propre illusion. J'ai tout oublié, plus de passé, plus de présent, plus de futur, mais un ailleurs impalpable.. 
- Je vois. Restez là tranquille, on va venir vous chercher. Ne vous inquiétez pas tout va rentrer dans l'ordre.
- Merci.
 
1h42 à présent...
Tic, tac, tac, tic...
Les heures passent, les jours passent, les semaines se succèdent, puis les mois, puis les années.
 
- Par ici Mademoiselle, traversez les portes du temps, nous allons nous retrouver dans l'autre dimension.
- Laquelle ?
- Celle que vous avez oubliée.
- Comment y aller si je l'ai oubliée ?
- Fermez les yeux, laissez vous transporter par cette chaleur qui vous envahit, puis cette froideur... Laissez vous porter...
- J'ai mal, ça fait mal, j'ai mal, Monsieur.
- Oui, et c'est normal, laissez venir, aller laissez.
- Il y a du rouge, du bleu, du noir, des flames, des éclairs, des visages tristes, ils pleurent, lis m'entourent, ils sont là...  On me tire le bras, on me tire le coeur,  on ouvre mes entrailles.... un torrent de poussière... Un gouffre, et l'univers vaste, dense. Je vole, je ne suis plus, dématarialisée.  
- Très bien, c'est très bien. Où êtes vous à présent ? 
- Ici et ailleurs, entre deux univers, entre plusieurs rêves, et mes centaine de songes.
- Vous voyez cette porte là bas ? Celle qui n'existe pas et que personne ne voit ?
- Oui je la vois...
- C'est là bas que vous devez aller, et vous vous sentirez mieux.
- Merci... Je vous dois combien ?
- Un rêve et deux songes.
- Voilà pour vous. Je vous donne un songe en plus, car vous êtes aimable.
 
1h50 à présent...
Tic, tac, tac, tic...
Les heures passent, les jours passent, les semaines se succèdent, puis les mois, puis les années.  
 

30/05/2007

C'est l'histoire de...

C'est l'histoire d'un petit fantôme qui se ballade ci et là....

Le petit fantôme est triste car quand il passe devant un miroir, il ne voit rien, il y a juste du vide. Soit du vide, soit ce qu'il y a dans la pièce ce qui est variable en fonction de l'endroit où se situe le miroir. De temps en temps c'est un vieux grenier, tout sombre, avec un parquet qui craque, une petite lucarne et des toiles d'araignées, un nid de poussière, et des vieux objets qui trainent ci et là... une vieille poupée, des petites voitures d'enfants, des photos jaunies par le temps, des livres dont on ne peut même pas lire les couvertures tant la poussière s'est accumulée... un chapeau diforme, une chaise cassée, des cartons remplis de paperasses diverses, de crayons de papiers mal taillés, de lettres décachetées... Parfois c'est un magnifique salon bourgeois, avec des tableaux avec des paysages anglais ou des scènes de chasses, ainsi que des portraits au murs, des fauteuils louis XVIII, des plafonds à caissons, de grandes fenêtres donnant sur des jardins magnifiques.... Parfois c'est juste des toilettes publiques d'aéroport, de restaurant, de cafés... Parfois c'est dans des boutiques modernes où on peut appercevoir des rayons d'articles pour salle de bains.. Parfois c'est dans des boutiques d'antiquaires.... Parfois c'est dans des sacs à mains...

Il a beau avoir essayé de se "voir", rien... Ce n'est que le vide, et il erre d'endroits en endroits en espérant un jour apercevoir son reflet..  Car il a oublié depuis tout ce temps, il a oublié à quoi il ressemblait. Il ne se souvient plus de ce qu'il était, il n'a que la sensation de vide, de transparence, d'immatérialisation.

Un jour qu'il erre en plein air, lassé de chercher son reflet, il se sent un peu plus gai, il passe d'arbre en arbre, traverse des champs de blés, il aperçoit des montagnes et entend le bruit d'un torrent lointain. Il se laisse guider par ce qu'il entend, et se retrouve face à une chute d'eau... C'est beau pense-t-il. Il regarde au dessus de lui, et en haut tout en haut, au dessus de la montagne, il voit le ciel bleu, les nuages blancs, le soleil qui rayonne et illumine un peu la gorge où le petit fantôme se trouve.. Autour de lui des arbres, des fleurs, personne, et la rivière issue de la chute d'eau qui sillonne la vallée. Plouf, plouf.. Un poisson doré vient de sauter dans la rivière..

Le petit fantôme s'approche et se penche pour essayer de voir ce poisson doré.. et ce n'est pas le poisson doré, mais  enfant qu'il voit. qui ne sourit pas, un enfant qui est triste, un enfant qui a les yeux dans le vide... Le petit fantôme ne comprend pas. Il essaie de palper l'eau malgré son immatérialité. L'enfant lui tend les bras... Et soudain il "sent" l'eau ! Pour la première fois depuis un temps lointain, il 'sent' l'eau. C'est froid, ça le surprend.il recule. Mais veut revoir le petit enfant dans l'eau. Il revient, se re-penche. L'enfant s'approche aussi et leurs regards se croisent... Il se souvient, l'enfant c'est lui ! L'enfant, c'est son reflet ! C'est donc lui, cet enfant triste qui ne sourit pas. 

Il essaie de sourire. Comment fait-on déjà ? Le visage de l'enfant se transforme en faisant des grimaces bizarres, mais ça ne ressemble pourtant pas à des sourires. Il essaie encore. Toujours pas. Alors, le petit fantôme redresse la tête et regarde à nouveau tout autour de lui. il y a des oiseaux colorés qui batifolent, des fleurs qui s'épanouissent, un faon qui suit sa mère. Le petit fantôme ferme les yeux et essaie de se souvenir. Tout à coup, il ressent une chaleur dans son corps qui n'existe pas, qui l'envahit, ainsi qu'une autre sensation étrange, humide aussi. Il sent aussi quelque chose de bizarre, de solide sous lui. Il sent quelque chose de frais, de froid. Enfin il croit que c'est ça.

Il ouvre les yeux, et il a l'impression qu'il ne voit pas les choses de la même manière. Mais il respire ! Il sent les odeurs d'herbes mouillées, des fleurs.  Il veut s'approcher du ruisseau, mais il tombe et heurte le sol. Que se passe-t-il ? Il essaie de se retourner il n'y arrive pas, mais il sent la terre, l'herbe sous lui et au bout de ses mains... des mains ? il les voient, elles sont bien là, ils bougent un doigt, deux doigts, dix doigts... mais alors... s'il y a des doigts... et tout à coup il sent une sensation bizarre quelque part sur son corps... la terre, l'herbe... avec ses mains, il se redresse... et là il voient ses jambes... des jambes ? Avancer doucement, comment fait-on ?  

Elles tremblent, mais il veut aller à la rivière... il s'équilibre avec ses bras, avance en vascillant avant de retomber sur ses genoux au bord de la rivière. il se penche en se tenant bien au bord. Là il revoit l'enfant au visage étonné. Il passe sa main sur son visage, et l'enfant fait de même. Tout à coup le visage s'illumine, le regard se remet à pétiller, et un vaste sourire occupe tout le visage. Le petit fantôme a retrouvé son corps ! Il touche la rivière, c'est mouillé, alors il recule, il se roule dans l'herbe en regardant le ciel, s'allonge les bras en croix et regarde les nuages jouer avec le vent dans le ciel bleu. 

.... 

- Réveille-toi  !

- mummmm

- Réveille-toi, on va être en retard ?

- mummmmmmmm

- Allez ouvre les yeux !

- mumm ? 

Un oeil.. une masse sombre sur lui avec un halo lumineux autour...

- Hein.. où suis-je ?

- Tu t'es endormie avec ton livre.. On doit partir.

- Partir où ???

- Mais enfin tu as tout oublié ? On part allumer des bougies dans des lampions pour les laisser filer sur la rivière pour que toutes les âmes perdues puissent trouver leur chemin... Car ce soir c'est la nuit des songes ! Le soleil va bientôt se coucher, juste le temps que nous arrivions à la rivière ! 

- Ah oui !!!! C'est vrai !!!  J'arrive...

- Dépêche-toi on t'attend dehors..

- J'arrive. 

Elle se leva, frotta ses yeux, enfila ses baskets qu'elle avait enlevées pour s'allonger dans le canapé.... passa devant un miroir.. vit son reflet, sourit et rattrapa les autres...