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26/04/2007

Hobbes, Machiavel and cie....

Depuis quelques jours je repense au Leviathan de Hobbes, je repense au Prince de Machiavel aussi, je repense à tous ces auteurs politiques que j'ai pu étudier en classe prépa...

Entre "l'homme est un loup pour l'homme" et le renard et le lion de Machiavel (symbole de l'institut d'Etudes Politiques de Paris au passage pas étonnant que .. (bref)).

Je pense à cette phrase "Vous devez donc savoir qu'il y a deux manières de combattre : l'une avec les lois, l'autre avec la force ; la première est propre à l'homme, la seconde est celle des bêtes ; mais comme la première, très souvent, ne suffit pas, il convient de recourir à la seconde. Aussi est-il nécessaire à un prince de savoir bien user de la bête et de l'homme."

Je repense aussi à ce passage : " "Il n'est pas bien nécessaire qu'un prince possède toutes les bonnes qualités, mais il l'est qu'il paraisse les avoir. J'ose même dire que, s'il les avait effectivement, et s'il les montrait toujours dans sa conduite, elles pourraient lui nuire, au lieu qu'il lui est toujours utile d'en avoir l'apparence. Il lui est toujours bon, par exemple, de paraître clément, fidèle, humain, religieux, sincère (...). On doit bien comprendre qu'un prince, et surtout un prince nouveau, (...) est souvent obligé, pour maintenir l'Etat, d'agir contre l'humanité, contre la charité, contre la religion même. Il faut donc qu'il ait l'esprit assez flexible pour se tourner à toutes choses, selon que le vent et les accidents de la fortune le commandent ; il faut que, tant qu'il le peut, il ne s'écarte pas de la voie du bien, mais qu'au besoin il sache entrer dans celle du mal.(...)
Au surplus, dans les actions des hommes et surtout des princes, qui ne peuvent être scrutées devant un tribunal, ce que l'on considère c'est le résultat. Que le prince songe donc uniquement à conserver sa vie et son Etat; s'il y réussit, tous les moyens qu'il aura pris seront jugés honorables et loués par tout le monde; le vulgaire est toujours séduit par l'apparence et par l'événement; et le vulgaire ne fait-il pas le monde ?"

Je repense aussi à la période de l'Occupation en France, je repense à toutes ces périodes où les familles ont été divisées pour des idées politiques ou des choix opposant le bien être collectif et le bien être privé (guerre etc..) Quels choix aurais-je fait à ce moment là ?  Entre protéger ma famille, et l'envoyer le plus loin possible du danger, et soutenir la Patrie en faisant front,(terme qui avait une vraie signification à l'époque... Aujourd'hui y a t il vraiment une Patrie, je ne le crois pas, et je ne suis même pas sûre que le concept ne soit pas archaïque. Passons) ? Qu'aurait été le choix de chacun ? La fuite pour mieux protéger, ou rester pour mieux résister ? Si aujourd'hui, nous nous retrouvions tou(te)s sous l'Occupation que ferions-nous ? Intérêt public ou intérêt privé ? J'ai la sensation qu'aujourd'hui le sentiment pousserait plutôt vers l'individualisme...

Je pense à maintenant, où le contexte politique semble à nouveau ériger une barrière entre finalement des conceptions de vie diamétraiement opposées. La raison du plus fort ou la raison du plus faible. J'ai bien précisé "semble", ce n'est en aucun cas une analyse fine de ce qui se déroule, juste une pensée sans fondement, une impression. 

Bref, ces divagations ici et là me poussent à une seule interrogation :  qu'est-ce qui est le "mieux" pour bâtir une société ?  Partir du global (bien être public) ou de la particule (bien être privé) ?

Partir de la particule c'est grosso modo du principe que si chaque particule voit son environnement s'améliorer, l'agrégation de tous ces environnements améliorés formera un ensemble amélioré.

Partir du global c'est grosso modo se dire qu'il faut améliorer le global pour que les particules aient leurs environnements améliorés...

Pas de réponse... Juste des interrogations, mais quand on y répond, ça aide à comprendre comment on aimerait que la société se construise.... :)

 

 

05/04/2007

La dernière cigarette du condamné..

 

podcast

 Gangsta's Paradise  - Zita & Ukulélé Girls

 

J'ai entendu dire une fois qu'il paraitrait que les condamnés à mort sont souvent étonnament calmes avant la sentence... Etrangement ça ne m'étonne pas... Je ne m'étonne pas que ce cas de figure soit possible. Car, quand on y réfléchit bien... Demain vous savez que vous allez être fusillé ou être exécuté, vous savez que rien ne peut empêcher cette issue.

Demain vous serez mort(e), voilà vous êtes arrivé(e) au bout de votre vie, et ça se finit de cette manière là. Peut être que dans cette optique là, on se résigne, et on fait le bilan. On fait le bilan de sa vie, et on sait que demain quoi qu'il arrive on échappera pas à son destin, alors on renonce... on renonce à tout ce qui ne se fera plus, à tout ce qui ne sera plus. On renonce aux rêves, à tout, car plus rien n'a d'importance, si ce n'est ces dernières heures qui vous sépare de la mort. Plus de questions à se poser, plus de projets à édifier, le cerveau n'a plus de réponses à chercher, il sait. Il sait.

La vie ne sera plus pareille après, puisque demain vous ne serez plus. Plus aucune raison de s'inquiéter pour l'avenir, car vous n'existerez plus... En outre, supposons que vous savez que la méthode utilisée pour votre exécution est immédiate et sans souffrance, on vous plonge en anesthésie et vous partez... comme ça. Donc vous ne pouvez même pas angoisser de la souffrance potentielle. Vous avez déjà envisagé votre mort, vous l'avez déjà anticipée, maintenant il n'y a plus rien à faire.. juste attendre, et penser à cette nouvelle "existence" que vous allez avoir, même si vous ne savez pas exactement ce qu'il y a après... Plus de douleurs, plus de peurs, à quoi bon... 

Ceci partant de l'hypothèse que vous ne vous révoltez pas contre une injustice potentielle. Vous vous dites que c'est ce qui devait arriver et vous ne le méritez pas forcément, mais vous saviez que ça devait arriver un jour, donc vous ne ressentez pas de révolte qui pourrait faire vouloir se battre jusqu'au bout... Vous avez vécu, et c'est déjà bien, et vous réclamez votre dernière cigarette comme ultime plaisir qui vous rattache à cette vie... C'est ça votre dernière volonté, apprécier encore une dernière fois les plaisirs de la vie matérialisés dans une simple cigarette...

23h et quelques quand j'avais à cette réflexion... Métro ligne 11, de Télégraphe à Châtelet.. à moins que ça ne soit dans la correspondance... 

La vie ça peut être comme cette dernière cigarette du condamné.

Parfois dans certaines situations, on sait que ça doit arriver, on sait qu'on ne doit plus reculer, on sait qu'on n'échappe pas au destin, on sait que c'est ainsi que les choses vont se dérouler... Sans trop s'expliquer le pourquoi du comment, on sait. Soit on panique, soit on a cette montée d'adrénaline avant que, soit... soit... soit on est calme, apaisé, résigné... Ce calme du condamné qui ne peut échapper à son destin et qui a déjà vu et revu 50 fois sa mort  dans sa tete avant de la rencontrer.... Mais quand on y est, on ne peut que se dire : et maintenant, qu'est ce qui se passe ?