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11/05/2008

Chap. II. La découverte

-    Lis ça !
-    Qu’est ce que c’est ?
-    Ma découverte du jour !
-    Mon match n’est pas terminé, il reste 3 minutes.
-    Très bien, j’attends.

Mélodie était descendue en trombe et avait surgi dans le salon en tendant à son frère un cahier rouge malmené où on pouvait lire sur la couverture : “Carnet de notes de L. n°8”. Mélodie s’était assise à la gauche de son frère, fixant l’écran télévisé, attendant impatiemment le coup de sifflet final du match.

-    Bon, alors montre moi ce que tu as dans la main, tu as l’air toute excitée.
-    Oui, parce que je ne comprends pas comment ce cahier a pu m’échapper après tant d’années passées dans ce grenier ! Je suis certaine qu’il a du être placé par un lutin la nuit dernière, je l’aurais vu sinon.
-    Certainement. Et qu’y-a-t-il de si incroyable qui ne pouvait attendre la fin de mon match ?
-    Est ce que tu connais quelqu’un de la famille qui s’appelerait L. ?
-    L. ? L'initiale, là ? Non ça ne me dit rien…
-    Moi, non plus, ce qui suscite encore plus ma curiosité. Ce cahier était tombé derrière les étagères, il était coincé à la verticale dans le coin du mur, derrière le pied. Il n’y avait qu’un coin rouge qui dépassait. J’ai du croire lorsque j’avais rangé les étagères que c’était un bout de papier coincé, et aujourd’hui j’ai voulu l’enlever pour le jeter, et j’ai découvert ça !
-    Et “ça” c’est quoi ?
-    Lis et tu verras….

Manu regarda sans conviction le cahier, mais pour faire plaisir à sa soeur, le saisit et l’ouvrit.

“                                    New-York, 20.03. 1978


Mon coeur,

Il est bien tard et encore une fois je ne trouve le sommeil. J’ai relu hier soir le dernier cahier que tu m’avais envoyé lorsque j’étais à Barcelone, où tu relatais nos souvenirs de voyage. J’ai revécu nos rires, nos disputes. J’ai frisonné lorsque tu as évoqué toutes ces fois où nous avons fait l’amour. J’ai revu les courbes de ton corps dans ses moindres détails. Tes grains de beauté, la douceur de ta peau, tes hanches, tes seins, ton cou… ton odeur surtout. Je me suis souvenu du bien-être éprouvé lorsque j’étais dans tes bras… Hier j’étais heureux, aujourd’hui je suis triste, confronté au vide. Tu n’es pas là, tu n’es plus là. Je ne compte plus les jours, ça me desespère. Je mesure le temps au fil des cahiers que je remplis et qui s’empilent sur le coin de mon bureau. Je change de couleur à chaque fois. C’est le huitième. Parfois je me dis que je deviens dingue, qu’il faut que j’arrête, qu’il faut que je cesse de penser à toi, mais je n’y parviens pas. Je ne me résouds pas à ta disparition. Je ne l’accepte toujours pas. La vie ne peut être aussi injuste. Je suis certain que tu es quelque part pas très loin. Quatre mois sans nouvelles, quatre mois que tu es portée disparue, quatre mois que j’ai tout laché pour te chercher ici dans cette ville où nous avons passé de si bons moments.  On a parlé de toi à la télévision en France paraît-il. Une jeune photographe, portée disparue à New-York depuis plus de quatre mois. L’enquête continue. Ce n’est pas possible. Comme je refuse l’idée de ta mort, certains m’ont dit que tu étais peut-être partie délibérément. Ils voulaient me faire renoncer, mais je ne t’abandonnerai pas, dois-je y passer ma vie. Tu n’as pas pu disparaître délibérément, tu m’aimais si fort, tu me le disais sans cesse, je te manquais, tu voulais que je te rejoigne vite. Si j’avais su…  J’ai arpenté chaque quartier, chaque rue. J’ai montré ta photo à des centaines de personnes, des milliers peut être même. Je suis retourné dans tous les endroits où nous aimions aller, ou dont tu m’avais parlés au téléphone… Je suis fou. C’est ça, je suis fou. C’est eux qui ont raison. Je dois laisser tomber. L’aurais-tu fait ? Probablement pas. Mon amour… J’ai feuilleté l’album photo que tu m’avais offert ce soir aussi. Ton sourire. Tes éclats de rire. Le son de ta voix, ta moue au réveil, la chaleur de ton corps… Je t’aime et tu me manques. Où que tu sois, sache-le. “


-    Alors ?, interrogea Mélodie avec le ton de la victoire.
-    Alors quoi ?, lui rétorqua Manu, ne voulant pas donner à sa soeur l’entière satisfaction qu’elle attendait.
-   Ben alors, c’est une vraie découverte ça, non ? Il y a un mystère à élucider ! Qui est ce L.  et comment ce cahier a atterri dans notre grenier ? A-t-il retrouvé son “Coeur” disparue…. On tient un scoop !
-    Un scoop pour toi.. Deux solutions, tu vas sur internet et tu cherches “photographe disparue New York 1978” ou tu continues de lire ce cahier et tenter de retrouver les autres, ça t’aidera peut-être, non ?
-    Figure toi que j’ai immédiatement été sur internet. Et je ne trouve aucune trace en tapant ces mots clés. Rien, le néant.
-    Tu sais ce qu’il te reste à faire alors….

Manu lui rendit son cahier avec un grand sourire complice… Elle le saisit et alla s’enfermer dans sa chambre.


10/05/2008

Chap I. "L'Antre Magique"

"Promenons-nous dans les bois, pendant que le loup n'y est pas, car si le loup y était, il nous mangerait, mais comme il n'y est pas il nous mangera pas..."

- Crois-tu que le chaperon rouge connaissait cette chanson ?

- Qui sait...

- Non, c'est aburde, si elle l'avait apprise, elle aurait su que le Loup était dans le lit de la grand-mère.

- Si tu le dis.

- Ca t'importe peu ce que je raconte n'est-ce pas ?

- Non, pas du tout, mais vois-tu, là, il y a une chose beaucoup plus importante que tes questions existentielles. LE FOOT !

- Certes. Je te le concède. Regarde ton match tranquillement, je vais aller explorer le grenier une nouvelle fois.

- Vu le nombre de fois où tu y es allée, je suis certain que tu pourrais en décrire le moindre grain de poussière.

- Je suis sûre que la solution se trouve dans ce grenier. Je le sens, la clé de toutes mes interrogations est cachée dans cette pièce. Peut-être derrière la toile d'araignée qui se trouve à droite de la lucarne, ou bien dans ce minuscule trou de la 4ème planche du parquet. J'ai bien tenté de regarder en-dessous, je n'ai rien pu y voir. Peut-être qu'un jour je vais devoir soulever cette planche. Car si le parchemin s'y trouve, qu'est ce qu'une petite planche après tout ?

- Je ne suis pas certain que les parents apprécieront ton entreprise.

- Les parents ne le sauront pas, sauf si tu me dénonces !

- Alors file, car j'aimerais pouvoir regarder ce match tranquillement jusqu'à la fin, sans ma petite soeur qui ne cesse de ne poser des questions toutes les deux secondes. Va conquérir ton nouveau monde et trouve tes réponses.

- Je trouverai ! Et là, tu seras bien penaud.

Elle se redressa fièrement du haut de son mètre soixante trois et ses seize années devant son frère qui ne broncha pas, tourna les talons pour commencer son ascension vers son "Antre Magique", comme elle l'avait baptisée. C'était une pièce à laquelle on pouvait y accéder via une chambre située au dernier étage de leur maison. Il y avait une trappe dans le plafond. Elle avait souvent été intriguée par ce qui pouvait se cacher "en-haut", sans avoir eu le droit d'accéder à cet espace secret avant ses douze ans. Son père avait ce jour-là  accepté de lui donner les clés du paradis, en lui installant une échelle dans la pièce pour qu'elle puisse découvrir ce mystérieux endroit. Son premier contact avec l'objet de ces désirs ne fut pas à la hauteur de ce qu'elle avait toujours espéré. A peine la tête passée à travers la trappe, elle s'était faite agressée par un troupeau de moutons poussiéreux. Un sombre morceau de tissu sur la lucarne ne laissait passer que quelques rais de lumière, elle ne voyait rien. Mélodie, prenant son courage à deux mains, alla s'équiper pour affronter cet endroit lugubre. Lampe torche, foulard noué sur le nez, et armée d'un balai, elle accéda à nouveau à cette pièce d'environ 50 mètres carrés, sur une hauteur variable allant d'un mètre vingt à deux mètres. 

Une ampoule chancelante éclairait faiblement l'endroit. Mélodie découvrit un capharnaüm prometteur pour ses futures explorations. Des étagères remplies de dossiers, papiers, livres. Un coffre en bois là-bas, des jouets éparpillés ci et là, des caisses en plastiques remplies de brics-à-bracs non identifiés, des tabourets, des chaises empilés, un vieux tapis enroulé, des boites à chaussures, des sacs poubelles  remplis de trésors sans aucun doute, des toiles d'araignées aussi, quelques pièges à souris, des images, des vieux magazines, des photos, des cadres, gravures jonchaient le sol... La croisade avait commencé. Mélodie allait trouver le graal ici, elle en était convaincue. Elle débuta sa quête en dépoussiérant l'endroit. Quelques heures plus tard, le sombre tissu de la lucarne avait été oté et elle avait tiré une ralonge électrique depuis la chambre pour pouvoir installer un halogène. Et la lumière fût....