Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

06/09/2007

Les projets français pour TV5 Monde inquiètent en Belgique

LE MONDE | 06.09.07 | 15h29  •  Mis à jour le 06.09.07 | 15h29
BRUXELLES CORRESPONDANT

Le gouvernement de la Communauté française de Belgique, un organe de pouvoir décentralisé qui gère notamment l'éducation, la culture et l'audiovisuel, s'inquiète des projets visant à réorganiser les moyens audiovisuels français à destination de l'étranger. Contributeur de TV5 Monde à hauteur de 5,2 millions d'euros annuellement, le gouvernement redoute "certaines velléités visiblement très franco-françaises" de rapprocher la chaîne de France 24 et Radio France Internationale (RFI).


Des hauts fonctionnaires en charge de TV5 Monde se sont réunis le 30 août à Bienne, en Suisse. Les Belges y auraient reçu quelques assurances mais Fadila Laanan, ministre de la culture et de l'audiovisuel, réclame un engagement politique clair de Paris. Elle a adressé une lettre à Bernard Kouchner, ministre des affaires étrangères, et Jean-Marie Bockel, secrétaire d'Etat à la coopération, en charge de TV5 Monde.

Mme Laanan rappelle son attachement à "l'approche multilatérale qui constitue le fondement de la chaîne internationale". Celle-ci, évoque la ministre, se définit comme "une chaîne généraliste (...) qui entend faire connaître la diversité des cultures et des points de vue". Elle ne saurait donc être transformée en "un instrument essentiellement au service du rayonnement international de la France".

Mme Laanan ne fait pas allusion à la lettre de mission adressée récemment par le président Sarkozy à M. Kouchner pour le prier de procéder aux "réorganisations nécessaires" en vue d'assurer"un pilotage efficace et coordonné"  de l'audiovisuel extérieur (Le Monde du 4 septembre). La ministre francophone belge savait que Paris entendait "susciter des rapprochements" entre TV5 et France 24. Ceux-ci pourraient notamment se traduire par la création d'un grand portail Internet commun.

"FUSION TOTALITAIRE"

D'accord pour poursuivre une collaboration ou envisager des alliances, répond en substance Mme Laanan, mais "je m'opposerai à toute initiative qui altérerait la diversité culturelle de TV5 et la crédibilité de son information". Elle poursuit : "Les récentes déclarations françaises ressemblent à une mainmise unilatérale sur l'information de la chaîne, au profit du positionnement international de la France, ce que je ne peux évidemment cautionner."

Les francophones actionnaires de TV5 Monde réclament le maintien du caractère généraliste et multilatéral de la chaîne ainsi que d'un regard francophone - et non français - sur l'information mondiale. Dans une déclaration à l'AFP, mercredi 6 septembre, Georges-Marc Benamou, conseiller pour la culture et l'audiovisuel à l'Elysée, a exclu toute "fusion totalitaire" et a affirmé que TV5 Monde "restera une chaîne généraliste, multilatérale et francophone", qui sera "modernisée"

Jean-Pierre Stroobants
Article paru dans l'édition du 07.09.07


16:09 Publié dans Zoom out | Lien permanent | Commentaires (0)

La publicité sur les mobiles suscite des convoitises

LE MONDE | 06.09.07 | 15h25  •  Mis à jour le 06.09.07 | 15h25

Le téléphone mobile intéresse les publicitaires. La preuve, le groupe Publicis a annoncé, jeudi 6 septembre, l'acquisition de Phonevalley, une société spécialisée dans la communication mobile.

La PME, créée par Alexandre Mars en 2000, emploie 60 personnes et s'est constitué un réseau européen avec des implantations en Allemagne, Espagne, Grande-Bretagne et Italie. Le montant de la transaction n'a pas été révélé.

Phonevalley s'est fait un nom dans le marketing mobile en développant des campagnes publicitaires par envoi de messages courts, SMS ou de vidéos par MMS. Elle conseille également les annonceurs dans leur achat de bannières ou de mots clés sur les sites mobiles. Elle développe également les sites mobiles des marques qui, après avoir accru leur présence sur Internet, souhaitent s'adresser également à leur client sur leur portable. Prochaine étape : la conception de sites marchands. Parmi les clients de Phonevalley, on peut citer Paramount, SNCF, Sony, Colgate-Palmolive ou Air France.

Même si la taille de cette acquisition reste modeste, elle illustre une tendance lourde de sens. La publicité sur le mobile, après une période balbutiante et expérimentale, commence à devenir un véritable enjeu. Selon les chiffres publiés par l'agence de conseil ZenithOptimedia, les investissements dans la communication mobile se sont élevés à 871 millions de dollars dans le monde en 2006 et devraient atteindre 1,4 milliard de dollars en 2007.

Conscients de l'enjeu, les grands groupes de communication et les géants de l'Internet prennent position. En mai, Microsoft s'était emparé d'une autre PME française, la société Screentonic. Quelques semaines plus tard, la société de conseil en médias britannique Aegis a acheté l'agence Marvellous Mobile.

UN MOBILE GOOGLE

Les petites sociétés qui se sont développées sur le marché sont très convoitées. " Nous avons reçu une quinzaine d'offres", précise M. Mars. Quant à la société Backelite, présidée par Sébastien Berten et qui a vu le jour en 2006, elle n'a guère bataillé pour trouver deux actionnaires de référence, la société FullSix et l'opérateur de téléphonie mobile SFR.

Autre événement très attendu, le lancement par Google de son propre téléphone mobile. Les rumeurs bruissent outre-Atlantique sur une possible mise sur le marché de l'appareil fin 2007 ou début 2008. Le leader de la publicité sur Internet aimerait bien par ce biais imposer son moteur de recherche, sa messagerie, son logiciel de cartographie 3D Google Maps pour étendre son emprise du consommateur sur le téléphone mobile. Google débarquerait sur un marché en pleine effervescence, avec l'arrivée de l'iPhone d'Apple.

L. Gi.
Article paru dans l'édition du 07.09.07


16:01 Publié dans Zoom out | Lien permanent | Commentaires (0)

La France maintient ses prévisions de croissance en 2007, l'Europe s'inquiète

LE MONDE | 06.09.07 | 15h17  •  Mis à jour le 06.09.07 | 15h17

La ministre de l'économie, Christine Lagarde, a maintenu, mercredi 5 septembre, ses prévisions de croissance pour 2007 (2,25 %). Le jour même, l'OCDE, emboîtant le pas à de nombreux économistes, révisait à la baisse ses chiffres pour l'hexagone (1,8 % au lieu de 2,2 %). Tandis que le président de la République déclarait aux Dernières Nouvelles d'Alsace : "La croissance, je ne l'attendrai pas, j'irai la chercher." "Si elle n'était pas assez forte, eh bien, j'irai encore plus loin dans l'allégement du coût du travail, dans la création des emplois de service et dans la réforme des 35 heures", assure Nicolas Sarkozy dans cet entretien publié jeudi.

Mme Lagarde a affirmé qu'il n'y avait pas lieu de revoir des prévisions annuelles à partir d'un seul chiffre "moyen" (0,3 % au deuxième trimestre). "Un certain nombre de clignotants de confiance sont allumés au vert", a-t-elle ajouté. Bercy relève le dynamisme des créations d'entreprise, le climat des affaires dans les services, les perspectives d'investissements industriels et la bonne tenue de consommation.

Cet optimisme officiel contraste avec les doutes officieux du ministère et le scepticisme quasi-général des économistes. Selon leurs calculs, il faudrait une croissance comprise entre 0,8 et 1,3 point à chacun des deux derniers trimestres, soit un niveau exceptionnellement élevé, pour atteindre les 2,25 %.

Mme Lagarde ne veut pas donner de signaux négatifs qui risqueraient d'amplifier le ralentissement économique. Et cherche à ne pas compromettre le bon déroulement de la réunion, vendredi 14 septembre, à Porto, des ministres des finances de la zone euro, qui doit examiner les projets budgétaires français.

En juillet, lors d'un passage inédit devant l'Eurogroupe, M. Sarkozy s'était engagé à transmettre à Bruxelles, à la rentrée, un programme de stabilité actualisé pour 2008-2012. Cet engagement pourrait être tenu dès la semaine prochaine. L'objectif du président est d'afficher un déficit public à 2,4 % du PIB cette année et à 2,3 % en 2008, le scénario central retenu étant un retour à l'équilibre en 2012 avec une croissance à 2,5 %. Une révision draconienne en 2007 rendrait ces objectifs, déjà jugés insuffisants par l'Eurogroupe, très difficiles à atteindre.

En début de semaine, Joaquin Almunia, commissaire en charge des affaires économiques et monétaires, voulait encore espérer que M. Sarkozy respecterait l'engagement du gouvernement Villepin d'atteindre en 2010 l'équilibre budgétaire et un endettement inférieur à 60 % du PIB. Mais après avoir rencontré Mme Lagarde, le 30 août, à Paris, il a, faute d'assurances, lancé un nouvel avertissement à la France : "S'il faut plus de coordination économique dans la zone euro, on ne peut pas décider unilatéralement de reporter l'équilibre budgétaire de 2010 à 2012, il faut en discuter avant, ici", à Bruxelles, a-t-il déclaré, lundi 3 septembre, au quotidien espagnol El Pais. La commission, toutefois, se fait sans doute peu d'illusions. Mardi 11 septembre, elle doit, à son tour, revoir à la baisse ses prévisions pour la France en 2007.

Claire Guélaud et Philippe Ricard
Article paru dans l'édition du 07.09.07


15:58 Publié dans Zoom out | Lien permanent | Commentaires (0)

Les fournisseurs d'accès à Internet changent de ton avec les majors


LEMONDE.FR | 06.09.07 | 12h26  •  Mis à jour le 06.09.07 | 12h52

Plus de 150 000 titres musicaux et 3 000 vidéoclips disponibles, une possibilité de télécharger illimitée. Ce n'est pas un réseau de peer-to-peer, mais une offre légale, proposée par l'opérateur Neuf Cegetel à ses abonnés depuis le 20 août 2007, qui ouvre le catalogue d'Universal pour cinq euros par mois. A peine sortie, "la boîte à musique Neuf" fait déjà des émules. Le concurrent Orange a aussitôt annoncé l'arrivée en 2008 d'un produit similaire, en accord avec d'autres majors. Quant à Free, il vient de signer un partenariat avec le site Deezer, qui offre de la musique en flux continu sur Internet.

S'agit-il là d'une révolution dans la diffusion des contenus musicaux ? Les fournisseurs d'accès à Internet (FAI), longtemps accusés de concourir indirectement à l'essor du piratage, ont-ils choisi de promouvoir une solution légale de téléchargement ? Ces annonces ne sont en réalité que les derniers signes d'une convergence de raison entre les maisons de disque et les fournisseurs d'accès à Internet.

Dans un secteur particulièrement concurrentiel en France, dominé par trois groupes, Orange de France Telecom (6,575 millions d'abonnés), Neuf Cegetel (3,03 millions) et Free (2,63 millions), le "triple play" qui met à disposition de l'utilisateur l'Internet, la téléphonie et la télévision, est désormais une norme commune, à un prix standardisé, et donc moins attractif. Il devient nécessaire de se distinguer par des contenus originaux, meilleur moyen d'étendre sa clientèle. "La problématique d'Internet est presque similaire à celle de la télévision : il faut produire de la valeur ajoutée pour alimenter les tuyaux", analyse Hervé Rosny, le porte-parole du Syndicat national de l'édition phonographique (SNEP).

Mais en négociant avec les ayants-droit, tous les fournisseurs d'accès ne disposent pas des mêmes ressorts. "Il est clair que leur lien privilégié avec Vivendi Universal donne à SFR et à Neuf Cegetel un atout dont ne disposent pas d'autres opérateurs de réseaux, Free en particulier, pour développer des synergies entre contenus et réseaux", explique Nicolas Curien, titulaire de la chaire Economie et politique des télécommunications, au Conservatoire national des arts et métiers (CNAM). De fait, Universal, le leader mondial est une filiale à 100 % du groupe français Vivendi, actionnaire à 56 % de SFR, qui détient pour sa part 40 % de Neuf Cegetel.

"DILEMME DU PRISONNIER"

Ce "partenariat" entraîne un changement de modèle économique pour les majors, habitués à toucher une recette pour chaque vente de disque : ils perçoivent une rémunération forfaitaire, versée directement par les FAI, certainement moins avantageuse que la vente "au détail". Et il est encore trop tôt pour savoir "si le modèle de Neuf Cegetel [dont les termes du contrat qui le lie à Universal n'ont pas été rendus publics] permet à tous les éléments de la chaîne [auteurs et majors] de trouver leur compte", souligne M. Rosny, du SNEP.

Par ailleurs, si les accords demeurent unilatéraux, ils auront également pour effet de morceler l'offre. D'après Neuf Cegetel, l'accord conclu avec Vivendi Universal, est une exclusivité d'une durée de six mois. Mais "une telle stratégie, si elle se généralisait, conduirait à une forme de dilemme du prisonnier où chaque acteur pâtirait des exclusivités obtenues par ses concurrents, venant réduire son audience potentielle, et donc le développement du marché dans son ensemble", expliquent Nicolas Curien et François Moreau du CNAM.

Influente sur les majors et les FAI, la nouvelle donne musicale modifie également la nature de l'offre proposée aux clients. Pour garantir l'exclusivité, Neuf Cegetel efface les fichiers téléchargés, si l'utilisateur se désabonne, ce qui ne manque pas de susciter les interrogations des nouveaux utilisateurs du service. "Les internautes ne veulent pas accéder qu'à un seul catalogue. Ils ont envie d'avoir des contenus variés, tout comme les majors ont envie d'être présents sur un maximum de supports", résume le chercheur François Moreau. Le fournisseur qui accédera à ces demandes aura remporté la bataille du disque sur Internet.

Laurent Checola

15:48 Publié dans Zoom out | Lien permanent | Commentaires (0)