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08/06/2008

Les rencontres de Neirie n°3 - Alexandre Heully, directeur de la communication de Café Babel

IMG_9549.JPG(Photo prise par Oneiri) Après les actions informelles de Julien, l’intégration dans une structure associative déjà existante par Emmanuel, la troisième rencontre est Alexandre Heully, directeur de la communication et co-fondateur de cafebabel.com, le magazine européen.

Café Babel, c’est le premier web-zine d’actualités européennes en sept langues… Café Babel, c’est une aventure qui a commencé sur les bancs de l’I. E. P. Strasbourg… Encore un ancien de ma promo. Je ne cherche pas particulièrement à valoriser mon école, mais il se trouve qu’il y a eu de jolies initiatives, alors autant en parler… Cette aventure “babélienne” m’a toujours tenu à cœur, car j’ai vu naître le journal…

Bref, enjoy !

Alex, présente toi….
Alexandre Heully, 28 ans, parisien, européen, et passionné de médias et de politique.

Comment as-tu intégré l’équipe de Café Babel, d’où est venue l’idée ?
J’ai fait partie de l’équipe du début de Café Babel. C’était en 2001, on était à Sciences-Po à Strasbourg, c’était notre dernière année. Il y avait Adriano et Nicola, les deux italiens qui sont arrivés à Strasbourg avec cette idée formidable de créer un média européen.

Le principe, la philosophie de Café Babel ?

Le principe est très simple : celui du journalisme participatif à l’échelle européenne. On croit dans la capacité que tout le monde a, de pouvoir exprimer des idées originales qui ont un intérêt, qui intéressent aussi les autres. C’est une pratique du journalisme assez intéressante, c’est ce qu’on appelle du bottom up journalism.  C’est partir de la base pour pouvoir sortir des idées originales, ça va complètement  à l’inverse de la logique Top Down qui est une logique du haut vers le bas, où tu vas avoir des institutions ou des médias qui vont dire à nous, bons citoyens, ce qu’il faut lire, comprendre et penser. C’est une approche complètement différente. Ce qui est intéressant c’est qu’on a voulu faire ça à l’échelle européenne.

La ligne directrice de Café Babel, c’est l’Eurogénération ?
Effectivement, c’est vraiment ce concept là qu’on a voulu mettre en avant. L’Eurogénération, la première génération d’Européens qui vit l’Europe au quotidien. Ils ont entre 18 et 35 ans, ils voyagent, ils s’aiment en Europe et ils conçoivent aussi l’Union européenne comme leur nouveau terrain de jeu. Terrain de jeu politique, social, de vie et de quotidien, de travail également. Donc créer un magazine pour ces générations là. S’intéresser à comment est-ce qu’ils vivent, et aussi aux thématiques qui vont les concerner. Donc culture, société, mais également politique. Il s’agissait – il s’agit encore d’ailleurs - d’analyser l’actualité politique dans une perspective européenne, et d’arrêter de se poser la question : “Nous, entre Français comment est ce qu’on va faire pour augmenter le pouvoir d’achat ?” Mais se poser la question dans une logique comparative et européenne, donc d’avoir des perspectives beaucoup plus larges.

Tu as évoqué les débuts un peu galère pour Café Babel, financièrement à titre personnel, comment avez-vous tenu le coup ?
Financièrement moi, j’avais la chance d’habiter sur Paris, je n’avais pas de logement à payer, j’habitais chez mes parents. Là-dessus j’arrivais à vivoter, ça allait, je me débrouillais. Simon, lui, avait aussi un petit logement qui n’était pas trop cher en banlieue parisienne, il devait aussi parfois travailler à côté car il était un peu short en tune. Essayer de joindre les deux bouts. Toujours un peu chaotique. Adriano, lui, habitait Paris, il avait aussi le soutien de ses parents qui le subventionnaient un peu. Il devait aussi se débrouiller.  Il avait aussi sa copine à Paris. Voilà, on se serrait les coudes.

Donc même en galérant c’est possible ?
Complètement. La galère, je trouve que c’est un truc très positif aussi. Bon, faut pas galérer au point où tu ne peux plus manger. Mais ça donne beaucoup plus de valeur aussi à ton engagement.  C’est une motivation encore plus grande. Ca donne tout son sens à tes succès, ça t’oriente vers un résultat. Nous, ça nous a beaucoup motivé. Et puis moi ce qui me motive dans la vie, ce sont les défis. Si tu veux tu peux choisir une vie un peu plus tranquille. Mais moi c’était ça dont j’avais besoin.


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(photo fournie par Alexandre Heully)


Café Babel, quelles sont les clés du succès actuel ?
En gros c’était l’enthousiasme et l’envie d’avancer. Mais ce qui est aussi important dans Café Babel, c’est que quand tu montes un projet collectif tu n’es pas tout seul. Tu es porté par un réseau. Aujourd’hui, nous sommes un millier de contributeurs en Europe qui ont des attentes énormes avec une obligation de résultat.  Et cela te donne beaucoup d’énergie quand tu pars à la rencontre des associatifs dans toute l’Europe, qui sont super motivés par le projet et qui t’attendent parce qu’ils ont besoin d’orientations.

Tes plus grandes joies avec Café Babel ?
Mes plus grandes joies… Moi, ce que j’aimais beaucoup, et surtout au début de Café Babel, c’était aller à la rencontrer du réseau. Ca te donne une énergie folle. Motiver le réseau de babéliens, ou encore faire des conférences avec des grands noms de la politique. On a reçu Valérie Giscard d’Estaing, Barnier, Raffarin pour ce qui est de la France. Ou encore le président du Parlement européen, la vice-présidente de la Commission européenne… J’ai aussi des très bons souvenirs des conférences de presse en Pologne. Tu as l’impression que tu es important, que ton projet intéresse plein de gens, et finalement c’est très satisfaisant. Il y a aussi toute la relation avec le réseau, qui est géniale. Quand tu arrives à motiver, ou à susciter l’enthousiasme chez les gens, c’est énorme comme récompense que ça peut te donner. C’est complètement immatériel, mais tu te sens utile. Et puis après, ce sont des succès d’ordre plus professionnels,  quand on arrive à convaincre les financeurs de travailler avec nous. Chaque nouvelle demande de financement et chaque réponse positive, c’est une victoire, parce que nous dépendons de ces financements là, et nous avons besoin d’être toujours convaincants, d’être au top, pour continuer à vivre. Surtout que tu sais que derrière tu as la responsabilité de toute une structure, un projet qui est génial, et que tu contribues au premier média européen.

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