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07/04/2008

L'écrivain

Un mois... Un peu plus d'un mois. L'écriture est un exercice si douloureux, fastidieux. Elle souffrait, et commençait à paniquer. Et si elle ne réussissait pas.

Elle était devant son ordinateur, la page blanche. Elle devait remettre à son éditeur ce manuscrit le lendemain. Elle avait eu un mois supplémentaire pour achever cette deuxième version, il lui avait demandé de retravailler la chute. “Tu te caches derrière les mots, une fin trop attendue, lance-toi”… Ce chapitre, combien de versions en avaient-elle déjà écrites. Un air de déjà vu, à chaque fois.

Elle avait gagné son statut d’écrivain par le plus grand des hasards en envoyant sans conviction quelques nouvelles regroupées dans un recueil et un roman qu’elle estimait jeune, mal ficelé. C’était une manière de se dire qu’elle était allée jusqu’au bout du processus. Mais il l’avait rappelée, il avait aimé, et elle avait publié ce recueil en le retravaillant ci et là… Le public avait apprécié, elle était la “jeune écrivain talentueuse” du moment. Pression. Serait-elle à la hauteur de ce public qui l’avait consacrée et avait changé son destin ? Invitée à toutes ces émissions, elle avait été emportée par les évènements sans vraiment réaliser ce qui lui arrivait. Ce deuxième roman était un enjeu important. Il déterminerait si ça avait été un “coup de bol” ou si elle était digne du succès qu’elle avait eu bien malgré elle.

Elle était incapable d’aligner trois mots les uns derrière les autres. 

“Les années passèrent, et ils se retrouvèrent dix ans après leur première rencontre sur cette plage d’Acapulco où ils s’étaient échangés un premier baiser…”
Magnifique, on se croirait dans un Soap Opera.

“Le jour de leurs retrouvailles, il arriva une heure en avance à la Gare Montparnasse. Elle lui avait donné rendez-vous au bout du quai du train partant pour Bordeaux. Dix années étaient passées, à quoi ressemblait-elle ? Et lui, il avait pris de l’embonpoint, mais il était encore bel homme. Nerveux, il s’alluma une énième cigarette. Elle n’aimerait pas. Il lui avait promis qu’un jour il arrêterait. Dix ans après, il fumait encore. Il vit soudain une silhouette passer rapidement devant lui. C’était elle. Aucun doute possible. Ses cheveux bruns étaient relevés en chignon, elle portait une robe légère qui laisser deviner ses formes qu’il avait tant chéries… La démarche. C’était elle, en avance aussi. Que faire ? Aller à sa rencontre ou attendre ?  Non, l’observer un peu avant.

Son visage était toujours celui d’une jeune fille, mais on sentait dans son regard une maturité, de la gravité. Les années, les difficultés qu’elle lui avait évoquées rapidement par e-mail. Ce mail… Il n’avait pas ouvert son courriel immédiatement, lorsqu’il avait vu son prénom apparaître. Il était allé se chercher un café, s’était isolé dans une salle de réunion, avait pris sa respiration et avait cliqué sur l’email. Elle était revenue. Le message était court. Elle lui en dirait plus quand elle le verrait, et lui avait donné rendez-vous. Il aurait pu refuser, effacer à jamais celle qui l’avait laissée un jour sans rien dire. Mais non, Il lui avait répondu très succintement, “ok, je serai là””. Et là, tout revenait. Tout l’amour qu’il avait éprouvé pour cette femme, tout. Il l’aimait encore comme un fou, et sa simple présence à quelques mètres de lui réveillait ses désirs… “
Trop mélo !

Elle se leva, fit quelques étirements. Depuis huit heures du matin, attablée devant son écran. Il faisait nuit à présent, elle était dans le noir. Et cette page qu’elle ne cessait de remplir pour tout effacer immédiatement. Que connaissait-elle à l’amour, elle ? Elle imaginait des histoires à partir de souvenirs de ce qu’on lui racontait, de films, de livres, et de son imagination…

Mais il lui avait dit de sortir d’elle-même. Comment faire quand on a rien vécu ? Elle avait grandi dans une famille sans histoire, avait connu quelques flirts, des histoires plus ou moins longues, mais rien de ces grandes passions dont rêvent toutes les jeunes filles en fleur… Elle n’y arriverait pas, et elle serait démasquée. Une imposteur, elle avait trompé son public qui avait crû en elle.

Elle se souvint de ce que sa grand mère lui avait laissé au crépuscule de sa vie. Des carnets, ses journaux. Elle ne les avait jamais ouverts par crainte de l’Inconnu. C’était des carnets de moleskine, noirs, où son aïeul avait uniquement collé des numéros sur la couverture pour en signaler la chronologie.  Elle prit le dernier, ouvrit une page au milieu…

“Quand on traverse le chaos, on espère toujours que quelqu’un vous apportera la lumière. Il a été là, présent, à chaque instant, chaque seconde, pour m’épauler, m’aider dans cette période si difficile.

Car lui n’est plus. Cette séparation si douloureuse que la vie m’a imposée malgré moi, j’aurais voulu mourir avec lui. Je croyais en lui, je l’ai aimé profondément.

Cette nuit-là, quelques jours après sa disparition, j’ai erré. J’étais perdue, prête à mettre fin à mes jours, je me suis balladée sans but, sans destination, dans ces rues que je connais si bien. Tu penses, je n’ai jamais quitté ma petite ville. J’ai marché, en espérant qu’une voiture me renverse, que des gens m’agressent, que quelqu’un mette fin à ce désespoir qui m’envahissait. Cette abominable douleur. C’était tard dans la nuit. A quoi bon vivre s’il n’est plus ? L’Amour… A quoi bon se battre pour rester en vie, pour qui, pour quoi ? Je ne souhaite à personne de ressentir ce découragement ultime, cette envie de se laisser mourir. J’ai simplement voulu que tout s’arrête. Je ne me sentais pas capable d’affronter le vide, les responsabilités, les gens, ma vie. Retrouver du sens à mon existence… Je ne croyais plus en rien, et sans lien apparent pourtant, je ne croyais plus en l’Humanité. Et il m'a suivi, il a veillé sur moi sans que je ne le soupçonne, et il m'a rattrapée avant que...Des nuits d’angoisse, des sommeils troublés, des pensées morbides, des pleurs… Tel a été mon lot depuis que la vie me l’a enlevé. Se sont mêlés les souvenirs… Ah les souvenirs !

Ma petite-fille… Toi à qui je destine ces carnets, si un jour tu lis ces lignes. Les souvenirs sont la plus belle et la pire des choses pour nous autres, êtres humains. Il est bon parfois d’oublier, d’être amnésique. Car les joies du passé se transforment en manque et la douceur des moments à deux sont vécus comme la plus intense des douleurs quand nous ne les avons plus. Pour autant, aime ma petite, aime encore et toujours, car finalement, qui n’a jamais aimé – et donc souffert – ne connaitra jamais de bonheur équivalent à celui qu’on partage avec son Amour.

Il a été là. Qui il ? Lui. Lui si cher à mon coeur. Tu ne l’as pas connu, car il est discret, et c’était mon jardin secret. Je ne t’en ai jamais parlé. Ton grand-père était au courant, ne t’inquiète pas, mais respectait cette relation. Il n’aurait rien pu faire contre de toutes manières.

Lui, c'est mon complice, un ami d’enfance, quelqu’un avec qui j’ai grandi, et qui a toujours été là pour panser mes blessures, et faire des gamineries. Mon âme d’enfant a été preservée grâce à lui, et mes rêves les plus farfelus, il les a comblés. Je te souhaite, ma fille, d’avoir quelqu’un comme lui à tes côtés, même si c’est rare, ce sont des personnalités à part. Il a toujours été “à part”. Dans son monde, dans sa bulle, ne vivant, ni ne pensant pas comme tout le monde, pas parfait, non loin de là, mais j’ai finalement respecté cette manière d’agir et pourtant, si tu savais… Ca non, il n'est pas parfait !  Je l'aime à l'infini lui aussi.

Je n’aurais sans doute jamais surmonté le décès de ton grand-père, s’il n’avait pas été là. Probablement que je me serais laissée mourir. Car je ne songeais qu’à ça. A force de patience, de tendresse, d’amour, il m’a épaulée à chaque seconde. Et aujourd’hui, au moment où j’écris ces lignes, il est encore là, et je remercie le Ciel de m’avoir apporté un tel cadeau. Certaines personnes donnent du sens à votre vie, celles-là il ne faut pas les éloigner… quels que soient leurs choix de vie, et même si ça peut te paraître étrange. Probablement qu’au moment où tu liras ces lignes, je ne serai et lui ne sera plus de ce monde… mais il était important que je lui rende hommage, car sans lui, tu n’aurais peut-être pas eu ta grand-mère si longtemps encore à tes côtés. Il a toujours été là, et sera là encore jusqu’au bout, je le sais.

Aujourd’hui ça fait un peu plus d’un mois que ton grand-père n’est plus parmi les vivants, et je souffre son absence, pas un seul jour ne se passe sans que je ne pense à lui. J’ai envie de le sentir près de moi physiquement, je repense à son regard, ses gestes tendres, sa présence. Mais la mort est la seule chose irrémédiable, il va bien falloir que je continue de vivre avec, que j’avance sans lui, que je me re-crée une vie, la mienne.

L’amour est, lorsqu’il est sincère, éternel, j’en suis convaincue. Ca n’empêche pourtant pas qu’on peut aimer différentes personnes, de manières différentes… L’être humain a cette capacité d’aimer perpétuellement, je crois. Parfois il l’oublie, ou il le refuse, mais on ne lutte pas contre la nature. J’ai aimé ton grand-père, de manière sincère, profonde, il restera là en moi jusqu’à ma mort. Et pourtant, ma fille j’ai aimé aussi beaucoup d’autres hommes avant lui, tous différement, et leurs “passages” dans ma vie restent indélébiles. Ils font tous partie de moi. Tous.

Si un jour tu souffres, ma chérie, d’une déception sentimentale, souviens-toi.. Souviens-toi que tu aimeras encore, car c’est ainsi que la vie est faite. Tu n’oublieras jamais tes Amours, mais tu aimeras à nouveau. Voilà ces quelques lignes pour aujourd’hui, pour combler le manque et le vide provoqués par l’absence de ton grand-père. Là où il est, il pense certainement à moi, tout autant que je pense à lui, mais c’est la vie… “


Des larmes coulèrent sur sa joue… Comment avait-elle pu laisser ces carnets si longtemps prendre la poussière ? Sa grand-mère était une femme souriante, dynamique, qui avait quitté le monde pour les étoiles lorsqu’elle avait dix-sept ans. Elle aimait passer les après-midi chez elle, où elle lui racontait des anecdoctes sur ses parents, la choyait avec des gourmandises en tout genre, lui faisait découvrir des tas de choses. Pour ses seize ans, elle lui avait offert un magnifique stylo Mont Blanc.

Elle retourna devant son ordinateur et se mit à écrire, enfin.


28/02/2008

Vocabulaire : Rupture

rupture, nom féminin
Sens 1 Fait de casser, de se casser. Synonyme cassure Anglais breaking
Sens 2 Séparation de personnes. Synonyme séparation Anglais split, breakup

rupture : 14 synonymes.

Synonymes annulation, bris, cassure, déchirure, détérioration, dissidence, dissolution, divorce, fraction, fracture, interruption, séparation, solution de continuité, tension.

Les ruptures ont ça de bon qu'on redevient soi-même. - Geneviève Letarte

Si l'amour est un art difficile, la rupture l'est bien davantage encore. - Marc-André Poissant

Au cinéma, ce qui marche bien, ce sont les scènes de rencontre. Au théâtre, ce sont les scènes de rupture. -  Olivier Py


26/02/2008

Disparition

Dans la boite il y a une autre boite, et dans cette boite encore une autre boite, et encore une autre, puis encore une autre, jusqu’à une minuscule boite plus petite qu’un ongle. Si petite qu’il faut la prendre avec une pince à épiler si on ne veut pas la casser. Mais dans cette miniature, lorsque l’on plonge son regard à travers une loupe, il y a l’immensité de l’Univers. Soudain, vous êtes au milieu des étoiles,  et la Terre vous semble un grain de sable. Vous êtes en train de voltiger de planètes en planètes en vous interrogant de cette ingéniosité miraculeuse de cet objet microscopique. Comment l’Infini peut-il être contenu dans cet espace si défini ?

-    A quoi penses-tu ?
-    A une histoire de boites…
-    Une histoire de boites ?
-    Oui, une histoire qui m’a traversée l’esprit.
-    Encore dans tes rêveries…
-    Mes rêveries me sauvent des Réalités maussades que le quotidien engendre parfois.
-    Ou tes rêveries te mettent définitivement en orbite dans une autre dimension !
-    Et alors, où que je sois tu me trouveras, tu me l’as toujours dit, de quoi t’inquiètes-tu ?
-    De rien, je t’observe.

Une plume. Curieux, elle voltige au-dessus du torrent, mais jamais ne touche l’eau, elle joue avec son reflet, libre et aérienne. Joyeuse, elle sourit au caillou qui lui  bien posé sous l’eau, la regarde avec amusement. Puis une bise l’emporte, elle se retrouve sur le sol, dans l’herbe fraîche qui borde les rives de l’impétueux flot d’H2O. Et soudain disparaît.

-    Allo ?
-    Oui…
-    Ici la Terre.
-    Quoi ?
-    Reviens, ton corps va finir par être vide si tu poursuis ton ascension.
-    Et si je n’ai pas envie moi de revenir ?  Là haut, je suis en apesanteur, et je joue avec les comètes.
-    Si tu ne reviens pas, je vais dépérrir.
-    Mais tu auras mon corps et l’illusion que je suis encore parmi vous.
-    Je ne suis pas dans les Mirages, et je te veux toute entière.


Une petite fille au bord d’une flaque observe les ronds dans l’eau provoqués par des gouttes d’une bruine légère. Hypnotisée, elle veut oublier qui elle est. Est-ce possible de devenir amnésique grâce à l’imagination ? Elle aimerait se noyer dans cette petite mare, se transformer en canard en plastique, ou tout simplement devenir un atome de cet ensemble, une particule. Elle aimerait sauter à pieds joints et se retrouver de l’Autre côté, là où ses peluches lui parleraient, elle irait danser avec ses poupées, rigolerait avec Casse-Noisette, et glisserait sur un Arc-en-ciel. Et l’anodine nappe d’eau pourrait devenir un Océan, où soudain la petite fille serait perdue dans l’Immensité pour ne faire plus qu’un avec les Eléments. Un souffle, et disparaître, devenir invisible.

-    Luka, oh, Luka !
-    Quoi ?
-    Mais enfin regarde tes jambes, tes mains, tu disparais !
-    Comment ça ?
-    Mais oui, regarde, tu  n’as plus de membres !!!!
-    C’est pourtant vrai ce que tu me racontes ! Je suis en train de m’estomper, c’est curieux ?
-    CURIEUX ? C’est tout l’effet que ça te fait ? !
-    Et bien quoi, je  m’efface et alors ?
-    ALORS ? Cette fille est incroyable, elle est en train de se dissiper devant moi, et elle reste calme comme une fourmi qui ferait la grève !
-    Tu t’affoles pour rien, cela n’est pas si grave…
-    REGARDE tu n’as plus de VENTRE !!!! ET TES AVANTS-BRAS aussi !
-    Je ne suis plus qu’une buste et une tête, avoue que c’est une expérience amusante ?
-    AMUSANTE ! Décidément, je ne te comprends pas. Ce sont tes Songes qui te pompent toute ta matérialité. Arrête, je t’en supplie, reste avec moi.
-    Mais je suis avec toi chaque seconde qui s’écoule. Mais je suis lasse de cette vie si…. réelle.
-    Luka… tu me laisses ?
-    Non, jamais, mais je me perds dans mes Visions, je deviens une Idée.
-    Luka, je ne veux pas, laisse-moi quelque chose.
-    Je te laisse tous nos Espoirs, nos souvenirs, des horizons nouveaux, des pages blanches à remplir.
-    Tu n’as plus que tes yeux…
-    Mais tu entends ma voix...
-    Oui, c’est vrai….
-    Il te reste donc ma voix, dans ton coeur, et autour de toi…
-    Je t’aime, reviens.
-    Je ne pars pas, même si je ne suis plus, je dis Adieu à mon enveloppe corporelle, et je ne garde que mon Âme pour ressentir l’Amour, la joie, la tristesse, la douleur, le désarroi, la passion, l’affection, la tendresse, et mon Intellect pour conceptualiser des Mondes nouveaux… Quand je me vois dans un miroir, il n’y a aucun reflet. Je ne t’ai jamais autant aimé qu’en n’étant plus qu’un Concept. Je me suis battue pourtant, j’ai résisté pour ne pas céder, mais c’est trop tard, j’ai vu les Abysses et ils m’ont attirée. J’ai regardé l’Horizon, et j’ai voulu m’y perdre. Déstructurée. Mon cerveau au Nord, mon coeur à l’Est, mon Âme au Sud, et mon corps à l’Ouest… 

Dans la boite il y a une autre boite, et dans cette boite encore une autre boite, et encore une autre, puis encore une autre, jusqu’à une minuscule boite plus petite qu’un ongle. Si petite qu’il faut la prendre avec une pince à épiler si on ne veut pas la casser. Mais dans cette miniature, lorsque l’on plonge son regard à travers une loupe, il y a l’immensité de l’Univers. Soudain, vous êtes au milieu des étoiles,  et la Terre vous semble un grain de sable. Vous êtes en train de voltiger de planètes en planètes en vous interrogant de cette ingéniosité miraculeuse de cet objet microscopique. Comment l’Infini peut-il être contenu dans cet espace si défini ?

19/02/2008

Dance me to the end of Love - Madeleine Peyroux

 

 



(je poste le youtube, car mon mp3 se charge bizarrement)

Greenwich Village, Manhattan, un bar jazzie. Il est 4.30 am. Un couple s'attarde à une table, les yeux dans les yeux. Un groupe d'amis discutent à voix feutrées. Un homme au bar, seul, devant son gin tonic. Et la chanteuse qui entonne cet air sans se soucier de l'heure. Elle est dans ses pensées, le public ne lui importe plus. A cette heure, en symbiose avec son pianiste, ils chantent pour leurs âmes. Le temps est suspendu, l'agitation passée. C'est une belle femme, d'âge mûr, toute de noir vêtue, les cheveux relevés en chignon, légèrement typée. Son compagnon musical est anachronique, habillé comme dans les années 30's, un costume trois pièces, un chapeau qui a vécu, lui auss, dans sa bulle. 

Où est-elle quand elle ferme les yeux ? Ici, et ailleurs, partout où le temps n'a point d'emprise, partout où ses douleurs s'évanouissent dans les plaines aux Esprits. 

" Dance me to your beauty with a burning violin
Dance me through the panic 'til I'm gathered safely in
Lift me like an olive branch and be my homeward dove  "

"- Viens mon Amour, viens danser avec moi, pour se souvenir de tous nos baisers d'antan. J'aimerais sentir encore tes bras autour de ma taille, tes doigts caresser mes cheveux, ton souffle sur ma nuque. Viens et garde moi tout contre toi, que je me sente exister. Viens et fais moi rêver à tout ce que nous aurions pû être si tu étais encore parmi nous. Je n'ai pas oublié. Ton regard, ton odeur, ta peau. Rien. A jamais tienne, même à travers les Songes. "

"Dance me to the end of love
Dance me to the end of love"

" - Mon Âme, je suis encore là, comme je te l'avais promis. Jamais ne te quitte, jamais ne t'abandonne. Ferme les yeux, tu sentiras mon corps. Endors-toi, j'apparaitrai dans tes Rêves. Et nous dancerons encore, et toujours malgré le temps qui passe. Je sentirais tes courbes à travers ta robe légère, même si je ne suis plus. Je suis tiens, une idée, une douceur pour panser tes plaies vives..."

"Let me see your beauty when the witnesses are gone
Let me feel you moving like they do in Babylon
Show me slowly what I only know the limits of"

 

Il ne reste plus que l'homme seul au bar.  Il a fini son gin tonic. Il regarde la chanteuse qui vient d'entonner une nouvelle fois cet air. Il la trouve envoûtante. Elle dégage une douleur intense, mais une voix... cette voix... Il reprend un gin tonic. Et elle continue de chanter...