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26/02/2008

Disparition

Dans la boite il y a une autre boite, et dans cette boite encore une autre boite, et encore une autre, puis encore une autre, jusqu’à une minuscule boite plus petite qu’un ongle. Si petite qu’il faut la prendre avec une pince à épiler si on ne veut pas la casser. Mais dans cette miniature, lorsque l’on plonge son regard à travers une loupe, il y a l’immensité de l’Univers. Soudain, vous êtes au milieu des étoiles,  et la Terre vous semble un grain de sable. Vous êtes en train de voltiger de planètes en planètes en vous interrogant de cette ingéniosité miraculeuse de cet objet microscopique. Comment l’Infini peut-il être contenu dans cet espace si défini ?

-    A quoi penses-tu ?
-    A une histoire de boites…
-    Une histoire de boites ?
-    Oui, une histoire qui m’a traversée l’esprit.
-    Encore dans tes rêveries…
-    Mes rêveries me sauvent des Réalités maussades que le quotidien engendre parfois.
-    Ou tes rêveries te mettent définitivement en orbite dans une autre dimension !
-    Et alors, où que je sois tu me trouveras, tu me l’as toujours dit, de quoi t’inquiètes-tu ?
-    De rien, je t’observe.

Une plume. Curieux, elle voltige au-dessus du torrent, mais jamais ne touche l’eau, elle joue avec son reflet, libre et aérienne. Joyeuse, elle sourit au caillou qui lui  bien posé sous l’eau, la regarde avec amusement. Puis une bise l’emporte, elle se retrouve sur le sol, dans l’herbe fraîche qui borde les rives de l’impétueux flot d’H2O. Et soudain disparaît.

-    Allo ?
-    Oui…
-    Ici la Terre.
-    Quoi ?
-    Reviens, ton corps va finir par être vide si tu poursuis ton ascension.
-    Et si je n’ai pas envie moi de revenir ?  Là haut, je suis en apesanteur, et je joue avec les comètes.
-    Si tu ne reviens pas, je vais dépérrir.
-    Mais tu auras mon corps et l’illusion que je suis encore parmi vous.
-    Je ne suis pas dans les Mirages, et je te veux toute entière.


Une petite fille au bord d’une flaque observe les ronds dans l’eau provoqués par des gouttes d’une bruine légère. Hypnotisée, elle veut oublier qui elle est. Est-ce possible de devenir amnésique grâce à l’imagination ? Elle aimerait se noyer dans cette petite mare, se transformer en canard en plastique, ou tout simplement devenir un atome de cet ensemble, une particule. Elle aimerait sauter à pieds joints et se retrouver de l’Autre côté, là où ses peluches lui parleraient, elle irait danser avec ses poupées, rigolerait avec Casse-Noisette, et glisserait sur un Arc-en-ciel. Et l’anodine nappe d’eau pourrait devenir un Océan, où soudain la petite fille serait perdue dans l’Immensité pour ne faire plus qu’un avec les Eléments. Un souffle, et disparaître, devenir invisible.

-    Luka, oh, Luka !
-    Quoi ?
-    Mais enfin regarde tes jambes, tes mains, tu disparais !
-    Comment ça ?
-    Mais oui, regarde, tu  n’as plus de membres !!!!
-    C’est pourtant vrai ce que tu me racontes ! Je suis en train de m’estomper, c’est curieux ?
-    CURIEUX ? C’est tout l’effet que ça te fait ? !
-    Et bien quoi, je  m’efface et alors ?
-    ALORS ? Cette fille est incroyable, elle est en train de se dissiper devant moi, et elle reste calme comme une fourmi qui ferait la grève !
-    Tu t’affoles pour rien, cela n’est pas si grave…
-    REGARDE tu n’as plus de VENTRE !!!! ET TES AVANTS-BRAS aussi !
-    Je ne suis plus qu’une buste et une tête, avoue que c’est une expérience amusante ?
-    AMUSANTE ! Décidément, je ne te comprends pas. Ce sont tes Songes qui te pompent toute ta matérialité. Arrête, je t’en supplie, reste avec moi.
-    Mais je suis avec toi chaque seconde qui s’écoule. Mais je suis lasse de cette vie si…. réelle.
-    Luka… tu me laisses ?
-    Non, jamais, mais je me perds dans mes Visions, je deviens une Idée.
-    Luka, je ne veux pas, laisse-moi quelque chose.
-    Je te laisse tous nos Espoirs, nos souvenirs, des horizons nouveaux, des pages blanches à remplir.
-    Tu n’as plus que tes yeux…
-    Mais tu entends ma voix...
-    Oui, c’est vrai….
-    Il te reste donc ma voix, dans ton coeur, et autour de toi…
-    Je t’aime, reviens.
-    Je ne pars pas, même si je ne suis plus, je dis Adieu à mon enveloppe corporelle, et je ne garde que mon Âme pour ressentir l’Amour, la joie, la tristesse, la douleur, le désarroi, la passion, l’affection, la tendresse, et mon Intellect pour conceptualiser des Mondes nouveaux… Quand je me vois dans un miroir, il n’y a aucun reflet. Je ne t’ai jamais autant aimé qu’en n’étant plus qu’un Concept. Je me suis battue pourtant, j’ai résisté pour ne pas céder, mais c’est trop tard, j’ai vu les Abysses et ils m’ont attirée. J’ai regardé l’Horizon, et j’ai voulu m’y perdre. Déstructurée. Mon cerveau au Nord, mon coeur à l’Est, mon Âme au Sud, et mon corps à l’Ouest… 

Dans la boite il y a une autre boite, et dans cette boite encore une autre boite, et encore une autre, puis encore une autre, jusqu’à une minuscule boite plus petite qu’un ongle. Si petite qu’il faut la prendre avec une pince à épiler si on ne veut pas la casser. Mais dans cette miniature, lorsque l’on plonge son regard à travers une loupe, il y a l’immensité de l’Univers. Soudain, vous êtes au milieu des étoiles,  et la Terre vous semble un grain de sable. Vous êtes en train de voltiger de planètes en planètes en vous interrogant de cette ingéniosité miraculeuse de cet objet microscopique. Comment l’Infini peut-il être contenu dans cet espace si défini ?