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16/05/2008

Expulsion des habitants de l'Impasse - la suite de l'histoire

Il y a 2 jours je vous parlais de l'expulsion des habitants de l'Impasse...

Pour avoir la suite de l'histoire, vous pouvez aller lire Le Post, Rue 89, ou le blog de Luc Mandret.

Et Julien, m'a fait passer la revue de presse que voilà :

L'Humanité - Artistes et mal-logés, expulsés à l'aube par la police : L'humanite 150508.pdf

Libération - L'association jeudi noir, qui se définit comme "le collectif des galériens du logement"... : Liberation 150508.pdf

France 3 Ile-de-France / 12/13 Paris IDF : France 3 IDF 150508.pdf

Le Parisien - 7 heures, les étudiants sont évacués : Le Parisien 150508.pdf

Oui FM - Oui FM 150508.pdf

AFP 11h09 - AFP 11h09 - 150508.pdf

AFP 17h32AFP 17h32 150508.pdf

AFP 20h - AFP 150508.pdf

Métro - Soixante personnes à la rue - Metro 150508.pdf

Le Monde - A Paris, un squat occupé par Jeudi Noir a été évacué -je ne mets pas l'article car sur mon document il y a marqué tous droits reservés..

Le Journal télévisé de France 3 :  cliquez  LA.

M6 : cliquez ICI.  

Pour les photos, vous pouvez les voir ICI.  

26/04/2008

Les rencontres de Neirie n°2 - Emmanuel Dollfus, responsable de la communication de Solidarité Sida

149162773.JPG(photo de gauche, prise par Oneiri)
Deuxième interview, je choisis Emmanuel Dollfus. Encore un engagé dans une association, encore une “grande cause” me direz-vous. Les profils seront plus variés, n’ayez aucune craintes, mais ces deux personnes me tenaient vraiment à coeur.

L’entrevue s’est déroulée, près des locaux de Solidarité Sida à Parmentier, lors encore d’un déjeuner. J’ai connu Emmanuel au lycée, c’est une longue et sincère amitié. Si je commençais à dresser le portrait de “Manu”selon moi, je manquerais naturellement d’objectivité. Aussi me contenterai-je de : Manu est un mec bien, un mec vraiment bien.

C’est avec un plaisir renouvelé (comme pour Julien Bayou
) que je vous le présente, nouveau témoignage que la “jeunesse” se bouge pour des causes et que ça marche. J’ai particulièrement de l’affection pour l’association qu’il représente, car moi-même engagée une année comme bénévole.

(NDLR : Emmanuel est aussi staffeur dans l’association Rollers et Coquillages, mais ce n’est pas cet aspect qui m’intéresse ici…)

Emmanuel, présente-toi …
Je suis Emmanuel, j’ai 30 ans, Poitevin et Parisien maintenant, je suis dans la communication, après être passé par la politique, l’administration et la création d’entreprise. Pas très original mais bon. Je travaille à Solidarité Sida en tant que responsable de la communication depuis 2 ans et demi. Je m’occupe de la communication institutionnelle et évènementielle de l’Association, de tout ce qui concerne Internet, et de monter les partenariats avec les entreprises et les  collectivités locales. (pour info : Emmanuel est diplomé d’un magistère en droit de la communication à Poitiers)

Tu as toujours été impliqué dans les associations depuis que je te connais, mais comment as-tu atteri à Solidarité Sida ?
J’ai toujours été dans le monde associatif, et même pendant mes études de droit, j’étais toujours impliqué dans les associations, étudiantes essentiellement. Quand je suis arrivé à Paris, j’ai naturellement cherché une association dans laquelle m’investir et m’impliquer. Par hasard, j’ai rencontré Solidarité Sida un peu comme tout le monde en allant à Solidays, et j’ai trouvé que le projet, les évènements qui étaient montés , c’était à la fois magique et intéressant. Du coup, j’ai voulu m’investir et pendant 5 ans j’ai été bénévole, puis j’ai rejoint l’activité en tant que salarié que très récemment.

Julien Bayou, de Génération Précaire ou Jeudi Noir, utilise la mise en scène, le spectacle, l’évènementiel pour faire passer ses messages. Solidarité Sida défend aussi sa cause souvent via des évènements festifs, artistiques. C’est une approche qui te plait ?
Je trouve ça intéressant cette façon de communiquer qui ne se base pas sur la pitié, l’émotion pure, mais sur l’envie de bouger et l’enthousiasme. Se baser sur la jeunesse pour monter tous ces évènements, démontre aussi que les jeunes sont plus solidaires et beaucoup plus enthousiastes par rapport aux grandes causes qu’on ne veut bien le croire habituellement. Le parcours de l’association me ressemble un petit peu, parce qu’effectivement c’est toujours ludique. C’est une façon de faire des choses positives et d’être utile à l’autre sans s’ennuyer. Par exemple quand on va à Solidays, on n’y va pas d’abord pour être utile à l’autre, on y va  parce que c’est un super rassemblement et qu’on s’y amuse. Après, affectivement c’est utile, mais les deux choses sont sur le même plan. C’est d’abord s’amuser, c’est d’abord de l’enthousiasme, c’est d’abord passer un bon moment - plus que s’amuser d’ailleurs - et ensuite se dire que ce bon moment qu’on a passé, il va servir à améliorer le quotidien de malades, des choses comme ça.

Le Sida, c’est la cause qui te touche, ou finalement ça aurait pu être autre chose ?
Avec ce parcours ça aurait pu être une autre cause. Y’a pleins de causes qui valent le coup de se bouger. Le Sida me touche particulièrement, parce que c’est une maladie de ma génération, mais c’est surtout le projet de l’association, la façon de voir les choses, de les mettre en forme et de communiquer de l’association qui m’a motivé pour m’engager plus que la cause en elle-même.

J’ai aussi posé cette question à Julien, quelles sont les déceptions que tu as pu avoir, des éventuelles limites à ton engagement ?

Il n’y a pas beaucoup de déceptions car c’est sûr que, quand on a la chance de faire quelque chose, qui vous porte et en plus d’en vivre, y’a pas mieux. Maintenant effectivement on peut toujours se demander où est la limite entre le professionnel, le personnel. Est-ce que passer mes week-ends et mes soirées sur ce projet à résoudre les difficultés qui sont très importantes, est une position qu’on peut tenir longtemps ? Moi, je pense que c’est quelque quelque chose qu’on fait tant qu’on n’en a encore la possibilité, tant qu’on en a encore le choix, et j’espère le faire encore longtemps. Mais je sais aussi que c’est  forcément une période de la vie, car il y a un tel engagement personnel dans ce qu’on fait, que c’est compliqué de séparer les deux choses. D’avoir une vraie vie personnelle complétement séparée du boulot. Je suis un peu dans la position de quelqu’un qui aurait crée son entreprise, même si c’est pas le cas. On adhère tellement au projet…. On dort en pensant à ça, on se réveille en pensant à ça, le week-end on va travailler... C’est une tournure d’esprit. C’est quelque chose qui au fur et à mesure des années sera peut être plus difficile à vivre quotidiennement…

As tu rencontré des rigidités/oppositions à vos actions ?
On est souvent confronté à des rigidités. Mais l’état d’esprit de Solidaridé Sida et des évènements qu’on produit font que l’enthousiasme, on841674983.jpg essaie de le générer auprès des festivaliers, auprès des gens qui travaillent - les bénévoles -, mais aussi auprès des partenaires qu’on peut avoir qu’ils soient privés ou institutionnels.  C’est sûr que générer l’enthousiasme auprès d’un président de région, d’un ministre ou de son cabinet, c’est moins simple qu’auprès d’un bénévole qui a 20 ans. Mais nous, c’est notre travail de fédérer synergies, et de donner envie à tous ces gens là aussi. Mon travail c’est de donner envie. C’est comme ça qu’on pourrait résumer l’ensemble de ce qu’on fait. Finalement ces rigidités sont souvent de courtes durées et on arrive très facilement à obtenir les choses avec une mentalité comme ça. A vouloir donner envie aux gens, forcément y’a un moment où on tombe sur des individus qui n’avaient pas envie avant de nous rencontrer puis avaient un peu plus envie après…

Tes meilleurs souvenirs ?
Les meilleurs souvenirs ce sont les expériences sur Solidays et ça c’est renouvelé tous les ans donc c’est génial ! A la fin du festival, ou quand on fait le bilan, même si on est super crevé, c’est génial. Ces moments de retrouvailles des 800 bénévoles... Et puis un moment particulier c’est la Parade Solidarité Sida qu’on a organisé en mai 2006. Personne n’y croyait y compris beaucoup de gens en interne. On a réussi à sortir de terre un évènement qui n’avait jamais été fait jamais nul part dans le monde, en tous cas pas à cette échelle-là. On a fait monter sur des camions des groupes qui jouaient live entre Bastille et les Invalides. Il a fait un temps pourri sur la fin, ça a un tout petit peu gaché le plaisir, mais quel pied quand on vu le premier char partir de Bastille avec  Tiken Jah Fakoli dessus qui a fait monter la foule  !!!!! Une heure avant on flippait parce qu’il n’y’avait personne à Bastille. Au final 500 000 personnes !!! La rue de Rivoli était blindée de gens. Tout le monde sautait. Y’avait Bénabar qui était perché en haut de son camion qui chantait. Il était près de la foule à un mètre à peine, 50 cm, on pouvait le toucher !  Ou ce groupe de métal qui était sur le dernier char, qui s’élance de Bastille, c’était AQME je crois,  avec tous les métaleux qui étaient autour à pogoter comme des malades… Les bénévoles qui étaient ent train de faire un cordon de sécurité autour du camion pour le protéger. Y’avait une énergie incroyable ! Sur le coup c’était pas très agréable de se faire bousculer par des métalleux mais quand même c’était génial... Là, on était en plein Paris ! C’était magnifique, monstrueux !

Une seconde édition, peut-être ?

Non. Une seconde édition, on a toujours espéré en faire une, mais maintenant je pense que ça perdrait peut-être un peu de sa magie. Et puis aussi c’est un évènement qui avait quand même un but politique : c’était de convaincre les candidats aux élections présidentielles que le Sida était toujours une cause d’actualité et qu’il fallait encore s’en préoccuper. L’objectif a été rempli. Pour faire un évènement comme ça, il faut un vrai message politique derrière. Et puis surtout nous, à ce moment-là, on avait choisi de dépenser de l’argent pour le produire,  et même si on avait trouvé des partenaires pour minimiser l’investissement c’est quand même quelque chose qui nous a couté de l’argent. Un moment on a arbitré de dépenser de l’argent sur ce créneau-là,  mais ce  n’est pas forcément tous les ans, car on a d’autres priorités :  soins des malades, préventions etc… des choses qu’il ne faut pas oublier.  Donc la mobilisation, l’action politique, c’est quelque chose qui est très très important, mais ça restera toujours au second plan derrière d’autres priorités qu’on peut se fixer.

La politique, ta prochaine vie ?

La politique m’a toujours intéressé. J’ai travaillé au plus près du politique au début de ma carrière professionnnelle, et c’est quelque chose qui m’intéresse. Maintenant je n’ai toujours pas trouvé LA personne qui me donnera envie de m’engager derrière elle et de tout oublier. Pour s’engager en politique, je pense qu’il faut avoir des vraies convictions. C’est aussi une question de trouver la structure qui permettrait d’exprimer ses idées. Aujourd’hui j’ai le sentiment qu’elle n’existe pas. Je n’ai pas envie de faire les choses à moitié ou de faire de la politique dans une structure existante qui ne me plairait pas. La solution serait peut-être de créer son propre parti, mais c’est pas évident. La politique c’est donc quelque chose qui m’a attiré, peut-être un petit peu moins maintenant.

Tu dis un peu plus haut, que l’amusement est essentiel dans ton engagement. Julien Bayou, va plus loin. Il évoque l’adrénaline éprouvée à travers ses actions, nécessaires en ce qui le concerne… As-tu aussi parfois ce sentiment ?

Dans son cas particulier, c’est des choses illégales, donc y’a pas mal ce côté-là. Même si effectivement il est très couvert par les médias et qu’on ne peut pas lui faire grand chose, ce qu’il fait est souvent illégal. Nous, on n’en est pas là, mais y’a quand même une adrénaline. Parce que quand arrive l’évènement, toutes les choses préparées pendant des mois se mettent en place, les unes après les autres, un petit peu comme par magie. C’est du travail. Des mois de travail comme un puzzle. Ouais, y’a une espèce d’euphorie qui se dégage forcément. A l’inverse comme on y met beaucoup de coeur et de sentiment la déception aussi est super cruelle. Si un évènement marche un peu moins bien, on le prend très personnellement, certainement beaucoup plus que si c’était un simple travail, un simple gagne-pain. On a beaucoup de mal à relativiser les choses, et je pense que c’est le cas pour tous les gens qui sont engagés dans des opérations de ce type-là. Ca doit être le cas pour Julien. L’échec, ça arrive, c’est aussi dur à encaisser que c’était euphorisant d’avoir réussi.

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Un agenda hebodmadaire de Emmanuel, ça donne quoi ?
C’est un rendez-vous à la région Ile-de-France pour négocier le partenariat pour Solidays de cette année, puis une réunion avec les bénévoles pour le blog, puis un appel à une société de street marketing pour mettre en place des actions de promo terrain sur des vélib’s, puis c’est un brieffing pour organiser la mise en ligne du site internet. Des journées qui sont vouées à la préparation des évènements qu’on peut organiser. Il n’y a pas vraiment de semaine type parce que dans cette activité-là, on est très très polyvalent. Y’a énormément de choses à faire qui sont très différentes en fonction des périodes. Mais ce que j’adore c’est que c’est très varié, on peut faire de la négociation, de la communication visuelle, du web. On passe souvent d’un sujet à l’autre, c’est fatiguant intellectuellement, mais c’est très très intéressant.

Et ta vie privée se gère comment ?
Ca se gère que ma copine est dans la même association que moi. Quand je disais que le personnel, et le professionnel se rejoignaient souvent c’est un peu ça. Et puis voilà, on gère, on met à côté un certains nombre de passions, de chose qu’on aurait envie de faire pour pouvoir se consacréer à sa tache, au lieu de faire du shopping le samedi après midi on est à l’association en réunion, parce que la réunion qu’on a pas eu le temps de caler la semaine on cale le week-end.

Le regard de ta famille ?
Pour l’instant, je pense qu’il y a forcément pas mal de tendresse et aussi d’inquiétudes effectivement par rapport au coté très engagé, je pense. Mais j’imagine - enfin je suis une famille où on fait pas beaucoup étalage de ses sentiments - j’imagine qu’il doit y avoir un peu de fierté parce qu’effectivement ce sont des gros évènements. Je pense que ma famille ne se rend pas compte de ce que ça représente en terme de travail. Je pense qu’elle se rendait même pas compte qu’on pouvait travailler pour un truc comme Solidarité Sida ou pour Solidays et que ça pouvait être un métier à l’année.

Tu avais un appel à passer, non ?
On a besoin de beaucoup de compétences dans plein de domaines, On a surtout besoin de soutien car nous savons que cette édition de Solidays  ne va pas être facile parce qu’il y a une énorme concurrence en terme d’évènements ce même we. Pas simple non plus, car on a pris beaucoup de risques au niveau de la programmation artistique, même si pour nous elle est d’une qualité jamais égalée encore, en tous cas jamais vue pour Solidays. On a pris des risques… Donc on a besoin de tout le soutien possible en termes de communication, de buzz… Donc si les gens ont envie de venir à Solidays, welcome ! Et s’il ont envie d’en parler autour d’eux, welcome aussi !

Une phrase qui te fait lever tous les matins, ou qui t’aide à croire dans ce que tu fais ?

Pour pouvoir espérer il faut oser. L’un ne va pas sans l’autre, on peut toujours espérer dans son coin, si on bosse pas, y’a rien qui se fait et rien ne se passe. Il faut sauter le pas et foncer. C’est un peu une maxime de vie pas vraiment liée à l’engagement, mais je pourrais te dire :  “Fais ce que dois, advienne que pourra”. C’est un proverbe qui me correspond bien. Il faut y aller, et puis c’est la seule chose qui vaille. En tous cas pour moi c’est un moteur de faire les choses et ça entretient aussi l’espérance que ça puisse aller mieux. Faut oser pour pouvoir espérer et vice versa.
Pour plus d’informations :
Solidarité SidaICI.
Solidays : LA

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18/04/2008

Les rencontres de Neirie n°1 - Julien Bayou - Génération Précaire, Jeudi Noir, RAIDH, Cellule France Afrique & Coordination Sud

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(Photo de gauche, prise par Oneiri) 
 
Pour cette première interview, j’ai donc rencontré Julien Bayou. L’entrevue s’est déroulée dans un petit restau Chilien, près des locaux de Coordination Sud, lors d’un rapide déjeuner. Pour la petite histoire, j’ai connu Julien via un ami Patrice Dos Santos. Nous avons tous les trois fait la même école,  il y a quelques années déjà. Julien est un garçon franc, naturel, conforme à l’image qu’il renvoie à travers ses actions.

Je dois avouer que c’est un réel plaisir que j’ai de vous présenter Julien,  qui est encore un témoignage que la “jeunesse” se bouge encore pour des causes et que ça marche. Voilà une des raisons pour lesquelles, il a tout à fait sa place dans les “Rencontres de Neirie”.  J’espère que ça vous permettra de découvrir l’homme derrière ses actions et que peut-être qui sait, que vous aurez vous aussi envie de vous engager à ses côtés ensuite.

Note : j’ai délibérément retranscrit le langage “parlé”, car je trouve ça plus convivial.


Aide rapide à la compréhension :

Génération Précaire est un collectif qui veut défendre les "droits" des stagiaires.

Jeudi Noir est un collectif qui pointe les abus des loyers et problèmes de logements à Paris principalement. 

RAIH, est un  Réseau d’alerte et d’intervention pour les Droits de l’Homme.

 
 
 
Julien Bayou, présente-toi ….
Moi je suis Julien Bayou j’ai 27 ans, et donc professionellement je travaille à Coordination Sud, qui est la fédération des ONG. Je travaille sur les relations avec l’Afrique et donc les autres fédérations des ONGs en Afrique de l’Ouest et Centrale et par ailleurs je suis assez investi, engagé dans différentes causes collectives etc, Génération précaire sur les stages, Jeudi Noir sur le logement, ça c’est deux trucs que j’ai co-fondés. RAIDH qui est une petite asso des droits de l’homme… Et plein d’autres trucs, Cellule France Afrique qui travaille sur les relations pourries entre la France et l’Afrique, et quelques coups de mains de temps en temps à d’autres causes que je soutiens mais sur lesquelles je ne suis pas animateur.

Quelle est la grosse actu du jour ?
La grosse actu du jour c’est la réquisition qu’on vient de faire d’un bâtiment de 5000 m2  pour loger 40 personnes, donc des sympathisants et militants de Jeudi Noir, et en plus offrir de l’espace à des artistes et proposer des activités de jeunes créateurs. C’est 5 000m2  que a priori on pourrait tenir,  et là on vient d’avoir un voeu de la mairie du 3ème disant qu’ils veulent racheter… Donc là c’est la reconnaissance de notre boulot, c’est-à-dire faire sortir les bâtiments vides de l’abandon et travailler pour en faire des logements sociaux. Et un peu donner l’exemple de politiques publiques alternatives, de politiques de logements qui soient en direction des jeunes, actifs, étudiants etc… Donc là on est assez fier de ça, oui.

Comment tout ça a commencé ?
Génération Précaire a démarré sur un mail internet. On a envoyé un mail à quelques uns, on l’a créé de toutes pièces. Il s’agissait de parler aussi d’emplois des jeunes. Très vite, on s’est dit que la formule à succès finalement qu’on avait inventée de toutes pièces pour Génération Précaire, il fallait la mettre un peu au service du logement, si tu veux qui  s’était embourbé dans des querelles internes, car pleins d’assos se disputent un peu. Et puis c’est le vrai nœud pour la jeunesse aujourd’hui,  il y a l’emploi et le logement. Tu peux pas faire l’un sans l’autre. Donc voilà, très très vite, on a voulu faire un truc sur le logement, on a voulu avoir un autre discours sur le logement. 
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(photo de droite fournie par Julien Bayou)  
 
C’est la même équipe ?
C’est le même noyau. Mais après se greffent des équipes différentes dessus. Aujourd’hui il y a 50 personnes à Jeudi Noir mettons, y’en a 10 de Génération Précaire. Et réciproquement…

Ce qui m’intrigue, c’est comment de Sciences-po t’es arrivé à toutes tes actions aujourd’hui… Est-ce qu’à un seul instant, tu t’étais dit à l’époque que tu allais être engagé dans de telles actions ?
Non, absolument pas. D’ailleurs à Sciences-po j’étais assez anti-associations, les associations d’école, là, me faisaient plutôt braire.  Ce qui m’a conduit à cet engagement, c’est un mélange de vocation et d’opportunités, en fait. Quand j’étais parti à l’étranger, j’étais à Londres, j’voyais tous mes potes qui étaient  en éco fi, qui voulaient faire banque, assurance, tu sais les trucs où tu bosses à mort… pour gagner beaucoup.

Idéalement, tu voulais faire quoi en sortant de l’école ?
Je fais pas un boulot où je dois prendre une ligne de coke pour tenir et gagner plein d’argent. Donc je me suis dit,  je vais faire un truc dans le service public, para-public, journalisme, associatif, etc…  J’ai finalement trouvé ma voie avec les ONG, commerce équitable, etc. Je me suis ennuyé ferme au ministère de l’éducation pendant un moment, et après, j’ai trouvé le boulot à Coordination Sud y’a 3 ans et pendant ce temps là j’étais déjà pas mal actif en  bénévole, en petite main quoi. Et c’est là qu’il y a eu cette opportunité d’embrayer sur Génération Précaire où là on a tout monté de toutes pièces, et le discours, le positionnement, les tactiques, les supports de communication, le fond, les revendications, tout.

Et d’ailleurs, pourquoi tu as choisi de faire Sciences-po à l’époque, t’avais déjà une fibre politique ?

Par sécurité.

Par sécurité ?
J’avais fait Terminale éco, et là je ne savais absolument pas savoir quoi faire de moi. J’ai suivi une copine faire une prépa Cachan et là y’avait quelques cours de préparation à sciences-po, donc j’ai pris ça. L’IEP Strasbourg, c’était vachement bien parce que ça retardait le choix finalement, de quoi faire plus tard. Choix que j’ai fait en fait une fois que j’étais en DEA, tu vois. C’est fou. Ça dépend des gens, mais moi à 17/18 ans j’étais infoutu de savoir ce que je voulais faire, je savais que je voulais pas faire pompier… mais à part ça.. pas grand chose… Et Sciences-Po, c’était pas une vocation ENA, mais le rapport quand même à la chose un peu public m’intéressait, via la branche économique, plutôt que le droit administratif… Et puis, je ne savais vraiment pas grand chose.

Une semaine ”à la Julien Bayou”, ça ressemble à quoi ?
C’est des apéros tous les soirs, des réunions, mais des apéros on discute de stages, de réformes, de logement, de nouvelles cibles de réquisitions….

Concrètement entre ton boulot, tes associations, ça se passe comment ? Par exemple, la semaine dernière ?

La semaine dernière c’était un peu caricatural.

Lundi, j’avais pris ma demi-journée pour pouvoir suivre le parcours de la flamme.  A 11h…  je coordonnais. Enfin y’avait une action… Mais c’était n’importe quoi le parcours de la flamme de ce 7 avril… Donc avec RAIDH, on organisait une action sur le droit du travail en Chine, donc l’objet d’une petite présentation. Donc lundi à 11h on faisait une petite action sur les droits de l’homme, notamment sur le droit du travail. Là je pouvais pas y aller mais je l’avais préparée la veille. A 14h00 c’était  une nouvelle action pour Ensemble Contre la Peine de Mort sur la peine de mort en Chine qui est un gros problème. Ensuite, on s’amusait à essayer d’attraper la flamme, mais le temps qu’elle arrive à l’Hotel de ville, elle était déjà dans le bus.  Et lundi, après on avait un autre truc, une autre réunion le soir.

Mardi, boulot, j’essaie d’arriver avant 10h, mais c’est pas facile. 

Je sais que bon, mercredi on a eu une réunion Génération Précaire qui a viré en apéro toute la nuit, et puis après tout ce temps là, le temps libre, je l’ai consacré à l’impasse, qui est le nouveau bâtiment qu’on a réquisitionné.  Là je travaillais sur l’attribution des logements. On avait une conférence de presse le mardi matin où on annonçait devant tout le monde, le maire, la député, la presse, etc. Et pendant ce temps là, on était en train de se caler entre nous, parce que donc il y avait 26 chambres et beaucoup de monde à loger. Et voilà, il fallait gérer toutes les animosités que ça peut susciter d’avoir des espaces comme ça et des “candidats” au logement.  Donc ça s’est terminé dimanche.

Samedi y’avait une expo des artistes qu’on héberge et qu’on accueille aussi. C’est aussi un moment de travail à l’impasse.

Et dimanche, c’était n’importe quoi, parce que dimanche, on faisait un bout de tournage pour Génération Précaire. Y’a Pékin express, où la prod te file 1 euro pour faire Paris-Pékin.  Nous on voulait faire le stage gratuit, et donc la prod te file 1 euro pour faire Paris/La Défense. C’est Stagiaire Express. C’est Michel Machin qui fait le parcours. On l’a fait négocier des fringues dans une friperie : “- c’est 2 euros. -  Ah merde j’ai qu’1 euro, comment on fait ?”  Il joue au baby avec son boss…  Et puis le boss dit : “- Ah tiens, Michel, celui qui perd il paie la tournée !” Et hop, on lui met des gouttes de sueurs, parce que le demi est à 2,50 euros et lui il a qu’un euro. Voilà, des p’tits trucs sympas, dimanche après midi. Dimanche soir, LA grosse réunion du logement 19h/0h00. BOUM.

Et pour l’attribution des logements, c’est un peu difficile donc ?

Ouai ben déjà je me loge pas, et j’ai pas de familles là-bas, donc ça ça aide. On avait des priorités. C’est à dire que les grandes pièces, enfin les 2 pièces plutôt, allait aux couples avec enfant ou familles mono-parentales. On a 3 couples avec enfants, et 3 familles mono-parentales. Donc évidemment la priorité allait pour eux/elles. Après c’est en fonction de l’investissement dans le lieu. Ceux qui ont bcp bossé. Ca c’était une règle qui avait été acceptée par tout le monde. Donc après, moi j’appliquais un peu…  (rire). C’était chaud, joli travail de modération. C’etait pas mal.

Oui donc bien chargé l’emploi du temps ….
Il y a le boulot, y’a l’impasse, c’est vrai que ça nous prend beaucoup de temps, et puis là, y’a la loi sur la modernisation du travail, qui passe à l’Assemblée et là-dessus on repasse sur Génération Précaire…  où Génération Précaire va proposer des amendements pour pas que ça soit une loi pour rien.. en matière du droit du travail. Là c’est plutôt une loi pour rogner dessus. Mails aux députés etc.

Et cette histoire de France-Afrique ?
Oui j’avais oublié parce qu’en fait on a aussi une action Cellule France-Afrique.  Donc il s’agissait de poser des scellés sur un bâtiment qui appartient à Omar Gombo du Gabon.  On a beaucoup entendu parler de rupture sur les relations France-Afrique et toutes ces histoires de corruption qu’il y a eues. Et en fait, bon ben, Omar Gombo c’est le président préféré de Nicolas Sarkozy. Donc la France/Afrique continue dessus, y’a pas de ruptures. Donc on voulait faire une petite mise en scène de scellés. Ca a bien marché.

Comment ça s’est passé ?
A chaque fois ce sont des collectifs informels. Cellule France-Afrique, c’est en gros des jeunes actifs qui s’intéressent à une autre politique, plus transparente… En bref moins de corruption entre la France et l’Afrique.

Et avec le taff, comment ça se passe ? Ils te laissent tout faire ?
Ah pas du tout … Je prends des congés quand c’est important, mais des fois j’y vais pas, de fois j’organise ça de loin.

Ils sont au courant ?
Par voie de presse … (rire). Non, je les tiens pas au courant de tout ce que je fais, y’a des trucs qui s’organisent pendant le boulot où j’envoie des mails etc. Mais bon je bosse quand même !

Et ta vie privée ?
Ben ça va (sourire). Je me remets d’une grosse soirée samedi-dimanche, jusqu’à 4h du matin c’était un peu dur. On est mardi mais…. Qu’est ce que tu veux savoir ?

Est ce que tu arrives malgré tout à avoir une vie privée, avec tout ça ?
Ca a l’air peut-être extra-terrestre etc, mais bon moi c’est ce qui me plait. Là, j’habite dans un bâtiment que on avait réquisitionné en 2006, qui a été racheté par la Mairie de Paris, on attend les premiers coups de pioche. J’habite en collocation avec 5-6 personnes. Donc hier y’avait un apéro, on n’a pas parlé de Jeudi Noir. On était 8, encore un gros apéro…. C’est cool, quoi…

Aparté – S’est ensuivie une discussion en off, sur l’organisation de sa vie privée… Et même si du coup ça reste en off, sachez que Julien a une vie privée très épanouie  ! -


Moi ce que j’aime bien dans vos actions c’est que ça fonctionne par happenings/mises en scène….

En fait c’est une notion… Un vieux mélange entre efficacité/coût. On a zéro tune et on n’en veut pas par contre on veut une efficacité maximale et engagement, effort minimal… Ce sont les différentes composantes. Et donc en gros, on peut avoir un maximum d’impact avec un  minimum d’efforts, prendre notre pied au passage,  et qu’en plus que ça soit  visuel, car on veut aussi intéresser les médias, vu qu’on est sans argent et pas sur des logiques de masses. Donc au final, ça dit si tu veux t’amuser un week-end et dénoncer la crise de logement, on en vient à – on sait pas comment - faire des grosses grosses fêtes dans des apparts tout pourris où on débarque à 50 avec du mousseux. Et je peux te dire que quand on te dit : “qu’est-ce que t’as fait ce we ?” et toi tu dis “j’ai fait la grosse grosse fête dans un appart’ de 15h à 18h, on s’est fait 3 apparts…” Moi je sais que j’ai passé un super we, et y’en a qui se sont emmerdés à faire des collections de timbres. Moi voila…

Evidemment faut être visuels, évidemment faut être efficaces,  évidemment faut porter le message, mais ça sera jamais au détriment de l’envie, on est là aussi pour s’amuser.

C’est s’engager en s’amusant…
Oui c’est clair ! Là, la réquisition, c’est un trip fou. C’est de l’adrénaline, tu rentres. Tu te caches, tu bricoles. Tu discutes avec le propriétaire, le maire, t’as beaucoup de travail de réhabilitation à faire, c’est un bâtiment vide,  après tu peux en profiter, inviter tes amis… être bien dedans, quoi ! C’est aussi sur-kiffant.

Et sur la notion de spectacle…  Ca a démarré avec Génération Précaire. “Oui les masques, vous les mettez comme un outil marketing.” Mais au départ c’était pour faire des actions sans être repérables. Donc le masque s’est imposé. C’est seulement derrière  qu’on s’est aperçu que ça faisait aussi un très bon branding. L’autre intérêt, c’est que des gens différents peuvent s’exprimer, y’a pas de leaders qui émergent. La parole circule, c’est beaucoup plus sain. Comme y’a pas de rapport de relations de force, machins etc.. tu prends ton pied… tu t’engages, et … voilà, c’est pas difficile.
 
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(photo fournie par Julien Bayou) 
 
 
 Oui, c’est pas genre contraignant, obligations etc…
L’essentiel des décisions se font par mail. Quand on se voit c’est qu’on a envie de se voir, et voilà ! J’ai des réunions tous les soirs, mais en fait ce sont des apéros, on voit des potes voilà… Parce que souvent les potes sont dans les collectifs et en dehors évidemment aussi…

Des expériences négatives, des moments difficiles, des portes à enfoncer.. ?

Des expériences difficiles, oui y’en a. Sur les gens, non pas tellement, comme l’entrée et la sortie sont libres, mais comme le fond du truc, c’est maximum d’impact pour un minimum d’efforts et prendre son pied au passage, résultat viennent que les gens que ça intéresse. Les relous militants moustachus de je sais pas quelle orga, ils s’en vont très très vite. Par contre le p’tit gars qui est à fond motivé,  ou la nana qui connaît à fond le dossier qui veut en faire quelque chose ou le Disco King là…

Ah oui, c’était énorme.
Lui c’est un ingénieur vidéo, lambda, mais il a adoré ce qu’on faisait et nous a proposé de booster encore le concept. Donc avec les gens ça va, car vient qui veut, part qui veut. La vraie difficutlté c’est le rapport aux responsables politiques, aux syndicats, aux entreprises, qui n’en ont rien à carrer de la réalité de la jeunesse actuelle, d’avoir un salaire au SMIC et galérer pour se loger, de faire 6 mois de stages et pas être payés… Quand tu parles avec eux, il sont à 2000 lieues de comprendre.

Ils sont bornés, quoi ?
Oui, peut être il sont bornés derrière, mais en plus ils comprennent pas. Comment veux-tu discuter avec quelqu’un qui ne te comprend pas ? C’est une autre langue. La galère de logement, les chambres de bonne, machin… Le jeune qui monte à Paris et a ses parens en province, il est obligé de cumuler des boulots etc.. Ils ne comprennent pas !

Il faudrait peut être inverser un jour, un “vis ma vie de …” Tu mets un patron dans une chambre de bonne pendant une semaine et.. 
Oui voilà, ça serait pas mal, encore faut-il qu’ils acceptent. On l’a proposé ça. On a eu des discussions un peu tendues avec les PME. “Vous n’avez aucune notion de l’entreprise mon p’tit bonhomme !”… “Si, pour le coup j’ai bien pratiqué, ça me plait pas, mais j’ai bien pratiqué, vous en revanche vous n’avez aucune notion du stage, ou on va vous prendre votre fils, et lui faire faire trois mois de stage gratuit, et vous allez voir un peu comment ça marche..” . 1408604914.jpgDonc relations difficiles, c’est sur le fait d’être un peu dans le bon droit, d’avoir des positions pas révolutionnaires, mais efficaces, concrètes et simples, et c’est attendu par la population. Un minimum de régulation des loyers, par exemple. Mais s’apercevoir que soit ils comprennent pas, soit… c’est assez frustrant, parce que quand tu crois un peu à l’action politique, à l’action publique, l’action citoyenne quoi. Tu dis que voter ça suffit pas, normal.  Mais si en face les types cumulent des mandats et ne comprennent pas un peu ce qu’est la vraie vie des vraies gens, pour le dire clairement, ça c’est à désespérer.

Pour toi, les élus seraient plus intéressés par leurs intérêts personnels que leurs devoirs ?
Je me garderais bien de tout généraliser. Simplement y’a un problème de redevabilité, quand t’es élu, tu dois mener à bien les politiques qu’on attend de toi. Y’en a clairement c’est pour se gaver, et ça c’est… On n’a pas prise nous, les collectifs. On n’est pas politique, on n’a pas de prise dessus, on peut juster jouer avec l’effet de levier grossissant des médias et l’opininon publique.
(photo de droite fournie par Julien Bayou)

Les médias vous soutiennent quand même…
On n’est pas soutenu par les médias, on est couvert (rire)…. Mais effectivement beaucoup couvert. C’est le but.  Encore une fois, on est sur des petits nombres. Cellule France-Afrique, 20 personnes, Jeudi Noir, 50 ou 100, Génération précaire, 25 ou 50 je sais pas. Avec ça pour obtenir des propositions de lois, discuter avec des ministres, il y a l’opinion publique et donc les médias.

Et ta famille, elle te voit comment ?
Ma famille me voit un peu comme un extra-terresttre aussi, mais ça a un peu changé, depuis qu’ils ont vu le documentaire  sur les nouveaux contestataires, parce que du coup, ils voient ça un peu de l’intérieur. Bon voilà, après y’a quand même un passif, soixante-huitard, hippie... Donc en fait, ils comprennent tout à fait… Ils comprennent aussi ce rapport au fun, avec cette histoire de s’engager mais de s’amuser.  Et tout récemment y’a ma soeur qui est rentrée de Londres et qui en fait a pris le pli de Jeudi Noir, alors elle son truc c’est Jeudi Noir. Les perruques roses, boire des coups dans des apparts elle adore. Donc elle est à bloc. Voilà c’était vraiment pas dans l’optique de recrutement,  j’ai fait suivre l’invit’, parce que je sais que c’est sympa. Et puis de l’autre côté,  parce que j’ai une belle-famille depuis pas longtemps, il trouve ça sympa, très drole, c’est rigolo quoi là.

Ta phrase de fin, quelque chose que tu aurais envie de dire aux gens ?
Il sert à rien d’espérer pour entreprendre, ni de réussir pour persévérer. Va comprendre ! (rire)
Non, ma phrase de fin, c’est : on n’est pas à l’abri d’un coup de bol. Faut y aller. Si t’as envie d’un truc, t’y vas, tu montes, tu mets des potes dans la boucle, faut y aller. T’y vas au feeling. C’est : qui ne tente rien n’a rien. C’est : 100% des gagnants ont tenté leurs chances, mais pas dans une optique média, dans une optique  de se réaliser aussi. Sortir un petit peu du cadre classique. Après tu peux le faire de mille manières… Moi ça sera l’emploi, le logement, pour eux ça peut être la danse etc… Mais, on fait partie d’une génération qui en a plein sur les épaules et ça va pas s’arranger a priori, logement, emploi, dettes, environnement tout ce que tu veux. C’est pas vivable. Alors faut faire exploser les cadres, sinon t’as pas de… sinon c’est pas vivable…..
 
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 (photo prise par Oneiri) 


“Robin des bois des temps modernes”, Julien Bayou ?
Ah non non, moi je suis très très égoiste, je prends mon pied. Si en plus ça sert aux autres, c’est génial !
 Merci Julien  !
 
 
Pour en savoir plus :
Génération Précaire : cliquez ICI.
Jeudi-Noir : cliquez LA.
Raidh : c'est par ICI.
Cellule France-Afrique : c'est par LA. 
 
Pour le documentaire sur les "nouveaux contestataires" : vous pouvez le visionner .
 
Pour avoir l'intégralité de l'interview en format pdf : envoyez-moi un mail à bouh_chou@yahoo.fr, le doc fait 8,5 mo.

11/04/2008

Les rencontres de Neirie - Introduction

Les rencontres de Neirie, c'est parti !

Connues ou pas connues, Neirie va à la rencontre des personnes qui ont au moins une des qualités suivantes : ce sont des passionné(e)s, des engagé(e)s, des personnes qui ont su à un moment donné transformer leurs rêves en réalité, ou qui mettent tous les moyens en oeuvre pour que ça puisse devenir une réalité, des volontaires, des marginaux... Bref des gens qui croient, qui ont cru, et qui ont réussi en restant fidèles à ce qu'ils sont, à ce en quoi ils croient, qui globalement prouvent que "quand on veut, on peut". 

Ecrivains, journalistes, artistes, chefs d'entreprise, médecins, politiques, personnes lambdas (mais qui pour moi donne du sens à leur existence), Neirie ne fait aucune discrimination "people'ing" car ce qui compte c'est ce qu'on est, ce qu'on fait, et non uniquement ce qu'on représente.

Neirie déshabille ces autres sphères car ce qui l'intéresse c'est : "Bas les masques, vous êtes un homme, une femme.... qui êtes-vous derrière vos actions ? "

 

Le premier "invité" de Neirie est JULIEN BAYOU  (à droite des 3 personnes sur la photo ci-dessous).

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Julien Bayou, 27 ans, co-fondateur du mouvement Génération Précaire, puis de l'association Jeudi Noir pour les "galériens du logement", trésorier de l'association RAIDH (Réseau d'Alerte et d'intervention pour les droits de l'Homme), et qui travaillle en tant que chargé de mission Afrique pour Coordination Sud.
 

(Note modifiée le vendredi 11 Avril 2008)

Julien ne pouvant pas déj ce midi, l'interview sera donc peut être demain ou mardi au plus tard :) (enfin donc du coup en ligne le vendredi). 

Dans les rencontres à venir.... : l'équipe de Café Babel, le directeur de la communication de Solidarité Sida,  une journaliste Elé Asu, l'écrivain Minh Tran Hui, l'écrivain Antoine Buéno.... (oui ça s'appelle un teaser pour faire patienter ;)).