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24/04/2008

Effeuillage n°10 - «Tu ne négligeras point le sexe», par Joachim Stender.

Pour l’effeuillage n°10, pensez d’abord au dix ans de l’évènement Solidays qui aura lieu en juillet prochain, puis méditez sur la révelation de ce pasteur luthérien du Danemark en entonnant le Sea, Sex and sun de notre cher Gainsbourg. Pour Joachim Stender «on [peut] discerner dans la Bible un clair et retentissant appel en faveur de la sexualité». Le sexe doit passer avant le ménage, ou la lecture du journal. Oyez les gens ! Faites l’amour “ (dans votre) lit par le hublot (en) regard(a)nt la côte”, alors que “le soleil (est) au zenith”

Mais attention, tagada, tagada, voilà Benoit XVI qui rappelle la “loi de Dieu” : il défend la vie au Yankee Stadium à New York, le 20 Avril. Un peu tard puisque le 16, nos élus du Conseil de l’Europe ont adopté une résolution pour l’accès à un avortement sans risque et légal, à 102 voix contre 69. La femme a “le choix ultime d’avoir recours ou non à (l’)avortement”. Importante décision, car elle pourrait marquer la fin de la souveraineté des pays en terme de réglementation sur ce sujet sensible. Mais si Benoit XVI a peut-être peu d’influence sur l’Europe concernant ce débat, il conquiert les Américains en s’agenouillant devant Ground Zero, en visitant les communautés juives et musulmanes de la Grosse Pomme et en recevant les victimes des prêtres-pédophiles à Washington (14 000 enfants/adolescents auraient été abusés par des engagés depuis les années 50). En filigrane, à l’ONU, il invite aussi les Etats à s’impliquer davantage dans la défense des droits de d’homme dans les pays incapables d’assurer ce rôle. Benoit XVI, porteur de la flamme en Chine, ça peut être concept, non ? Bref, le Nouveau Monde conquis, il reçoit une standing ovation dans la cathédrale Saint Patrick !

D’autres représentants spirituels sont aussi à l’honneur. Alors que le Dalaï Lama, est la cible d’une campagne “d’éducation patriotique” en Chine, il reçoit - avec Hu Jia, qui vient d’être condamné sans avoir pu faire appel (effeuillage n°8), - le statut de citoyen d’honneur de la ville de Paris. B. Delanoë marque ainsi sa position face au géant chinois, où une communauté de bloggeurs a appelé au boycott des produits français notamment Carrefour, suite à l’incident du parcours du symbole olympique. Succès mitigé. La diplomatie française jongle car au même moment, N. Sarkozy écrit une lettre d’excuse à Jing Jing, un athlète handicapée porteuse de la flamme, devenue nouvelle star en Chine pour avoir défendu la fierté de son pays. Au Paraguay, l’ancien evêque “des pauvres”, Fernando Lugo vient d’être élu nouveau président, avec 40,8% des voix et un taux de 65% de participation, mettant fin à 60 ans de domination du parti Colorado et renforçant ainsi la gauche au pouvoir en Amérique Latine. Entre la religion et la politique, n’y aurait-il pas finalement qu’un pas ?

“Imagine there’s no countries, it isn’t hard to do, nothing to kill or die for, and no religion too…”, ce n’est pas pour tout de suite, John, car Moqtada Al-Sadr, avec son Armée du Madhi (Chiites), a cessé la trêve et repris le combat contre les forces irako-américaines le week-end dernier. Au Zimbabwe, le régime du président Robert Mugabe, pour être certain d’être vainqueur aux élections, sème la terreur parmi l’opposition supposée en revenant à des pratiques archaïques : camps de torture, menaces, violences en tout genre, et détournement de l’aide alimentaire… Ca fait rêver. En Somalie, la guerre civile a encore fait 80 morts à Mogadiscio. “Imagine no possesions, I wonder if you can…”. Au Caire, des gens vivent sur les toits. Ces “exilés des hauteurs”, ne sont pas des parias. Ils ont un salaire plus ou moins régulier, mais ça ne leur suffit pas pour vivre décemment. La pauvreté en Egypte concerne 40% de la population (80 millions). “I hope someday you'll join us, and the world will live as one.” Un malheur – paraît-il – n’arrive jamais seul. Une épidémie de rouille noir, parasite du blé s’est déclarée en Iran, et menace de s’étendre en Afghanistan, Inde, Pakistan, Turkménistan, Ouzbékistan et Kasakhstan. Parallèlement, les mauvaises récoltes de riz peuvent affamer 500 000 à 2 millions de personnes en Corée du Nord sans que ça n’inquiète le dictateur Kim Jong-il. Pourtant le Programme alimentaire mondial (PAM), vient de tirer le signal d’alarme, évoquant un “tsunami silencieux” qui pourrait toucher des dizaines de millions de personne supplémentaires (effeuillage n°9) et réclame 476 millions d’euros : la France versera 60 millions d’euros, les Etats-Unis 200 milions de dollars. Le compte n’est pas encore bon.

Tout n’est pas si facile, et ne tient qu’à un fil, c’est ce que comprend Laure Manaudou qui essuie son premier “échec” en n’arrivant “que” 3ème sur le 400m libre au Championnat de France, où elle a été invaincue pendant 4 ans. Elle obtient sa qualification pour Pékin, mais les jeux s’annoncent plus difficiles que prévus. Sport toujours, avec des tensions au sein de l’équipe de France de tennis suite à la défaite de la Coupe Davis entre Guy Forget, le capitaine, et Richard Gasquet, son meilleur joueur. Nuages noirs aussi sur le PSG où Alain Cayzac donne sa démission de la direction du PSG 22 mois après son arrivée, suite à la nomination de Michel Moulin comme directeur sportif. Heureusement tout ça n’empêche pas l’équipe féminine française d’escrime menée par Laura Flessel de conserver son titre mondial à Pékin, ou les 26 Figaro Bénéteau de partir de la baie de Concarneau pour la Transat AG2R le week-end dernier.

Dans un autre domaine, les fins gourmets réserveront un an en avance dans le restaurant El Bulli de Ferran Adria qui vient d’être nommé pour la 3ème fois consécutive meilleur chef du monde par un jury composé de 700 chefs, restaurateurs et critiques… Si vous ne pouvez pas vous rendre à Barcelone, vous pourrez dès juillet 2009 vous rassasier à la table de Nicolas Le Bec sur la terrasse de l’Opéra Garnier. Sarcastique d’évoquer la restauration après les famines dans le monde ? Je vous l’accorde, mais rappelez-vous, que “J’ai pas mauvaise conscience, ça m’empêche pas d’dormir…. Mais pour tout dire, ça gâche un peu l’goût d’mes plaisirs” (effeuillage n°9).

Plaisir gâché aussi pour N. Sarkozy, qui est confronté aux sondages qu’il a tant chéris durant sa campagne présidentielle : le peuple français estime que le bilan des onze derniers mois mérite un zéro pointé. Au même moment, la Sécurité Sociale affiche 9,5 milliards de déficit, chiffre inférieur aux estimations annoncées des experts l’an passé, mais qui reste préoccupant. N. S. ne se laisse pas démonter et le gouvernement continue à réformer que les Institutions (une constitution “Vbis” devrait être soumise au vote du Congrès le 7 juillet), le système de chômage, l’éducation, les politiques familiales, la Santé (rapport Larcher)... Malgré tout désireux d’apparaître encore près du peuple, il présente ses regrets et rassure les 5500 victimes de sur-irradiation à l’hopital d’Epinal. Soit.

Le temps des frasques présidentielles sont loin contrairement aux People qui, elles, sont des valeurs sûres. Car si Nikos semble très amoureux d’une belle brune rencontrée à Genève, que Pink batifole avec Todd Morse, guitariste de Juliette and the Licks, à Malibu, que Julien Doré fait du shoping avec Louise Bourgoin, ou que Antoine de Caunes va être à nouveau papa grâce à Daphnée Roulier, c’est la fin d’une ére puisque Arthur et Estelle se séparent après 6 ans de vie commune. Plus triste, le décès foudroyant à 58 ans du père de Cameron Diaz. Plus glauque, Pete Doherty qui continue de se droquer en prison… Délirant, alors que le FMI pointe les risques pesant sur la croissance européenne et que la banque d’Angleterre injecte 60 milliards d’euros d’aide aux banques, un businessman new-yorkais débourse 1,5 million de dollars pour la copie d’un film de 15 minutes montrant Marilyn Monroe à genoux en train de satisfaire un homme non identifié. Ce n’est plus l’homme qui valait 3 milliards, mais la minute qui vaut 100 000 dollars...

Pour conclure, je salue le programme Phénix, lancé il y a un an par des entreprises à l’initiative de PricewaterhouseCoopers (PWC) pour permettre à des étudiants en master de lettres et de siences humaines d’intégrer des gros groupes au même titre que des diplomés de grandes écoles. On peut faire de la littérature et finir en entreprise à des postes à responsabilité. Serait-ce enfin le dé-cloisement d’une approche française trop souvent obnubilée – selon moi - par les diplômes pour une vision plus anglo-saxone du travail basée davantage sur les capacités d’apprentissage et d’adaptation du candidat plus que sur la formation initiale qu’il affiche ? “You may say I'm a dreamer, but I’m not the only one…”

Allez, salut, à dans 2 semaines, car si je ne vais pas concourir pour aller dans la lune avec les futurs astronautes européens, je vais lover non pas on the beat, mais dans les rues de Barcelone…