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21/05/2008

Effeuillage n°11 – “C'est seulement quand on a tout perdu qu'on est libre de faire tout ce qu'on veut.” - Tyler Durden (Fight Club/David Fincher)

Il y a des jours… et des lunes (C. Lelouch),  et il y a le festival de Cannes qui suscite toujours la curiosité, le rêve, l’argent, l’envie, les voyeurs et les exhibitionistes. La société du spectacle, on aime et on en veut encore… Je me souviens de la grande époque du plateau de Nulle Part Ailleurs avec la fine équipe P. Gildas et A. De Caunes, nostalgie. Lily Allen fait bronzette sur la Croisette, les filles de Sex and the City  découvrent pour la première fois le tapis rouge cannois, Jack Black débarque avec tous ses pandas et on apprend la future venue de jumeaux dans la famille Jolie-Pitt… La page people est courte car les médias couvrent largement l’évènement. Des scènes de films mythiques dans ma tête :  A bout de Souffle, Le Grand Bleu, Requiem for a Dream, Charade, Autant et en Emporte le vent, Star Wars, Moi, toi et tous les autres, Little Big Man, Singin’ in the Rain, West Side Story, Cinéma Paradiso… et j’en passe.  Des images à la volée qui ont bercé ma jeunesse. J’aime le cinéma parce qu’il fait rêver. Honneur à J. P. Belmondo, dont on attend la sortie prochaine de son dernier film réalisé par F. Huster -  Un homme et son chien - avec une de ses citations : “Prendre des années n'est pas très grave, car chaque âge a ses plaisirs et ses bonheurs.”

Mais on quitte la féérie pour l’horreur. Chine, Birmanie, sont les deux mots qui me viennent à l’esprit. Effeuillage des articles. Au fil des jours, les nombres de morts augmentent, les chiffres n’ont plus aucun sens, ils sont balancés à travers les différents papiers. Je visualise les morts, les affamés, les sans-abris, les risques d’épidémie, le manque d’eau, l’absence d’électricité, le fait de tout perdre du jour au lendemain. Plus rien, le vide, le néant. Je sens mon ventre qui se noue, j’entends des cris imaginaires, je vois des vieillards qui refusent de quitter les lieux si leurs enfants ne viennent pas les chercher dans le Sichuan, des camions Carrefour qui acheminent des vivres à Chengdu, et le déploiement de l’aide internationale enfin acceptée par la Chine venue de Singapour, Russie, Corée du Sud, Honk-Kong, Japon….Saluons  les entreprises françaises qui se sont mobilisées comme Sanofi Aventis qui verse 15 millions de Yunan au gouvernement chinois.
 
Si Hu Jintao a accepté pour la première fois l’ouverture de ses frontières aux Internationaux dans ce contexte d’urgence, le Mistral et ses 1 000 tonnes d’aides humanitaires n’a toujours pas autorisation d’accoster en Birmanie, malgré l'intervention de John Holmes, responsable des affaires humanitaires à l’ONU. Ban Kim Moon  va tenter de faire assouplir la position du général Than Shwe en le rencontrant aussi. Ce dernier a toutefois accepté l’aide de l’ASEAN. Si selon Tyler Durden  (Fight Club/David Fincher) : “Les choses qu'on possède, finissent par nous posséder.”, ces populations ne risquent pas d’être possédées dans les temps à venir. Humour noir quand tu nous tiens.
 
Trois jours de deuil national ont été proclamés dans les deux pays. Le tremblement de terre de magnitude 7.9 (sur l’échelle de Richter) au Sichuan a fait plus de 50 0000 morts,  et laisse 2 à 5 millions de personnes en situations critiques. Le cyclone Nargis a tué 134 000 personnes et mis plus de 2,4 millions de personnes dans le besoin. Apparement loin de ces considérations humaines, le régime militaire birman se pavane avec ses 92% d’approbation de la nouvelle constitution par les électeurs. “C’est cela oui” !, lance Pierre (Le père  Noêl est une ordure /Jean-Marie Poiré), vive la démocratie. Toujours en Orient, Jaipur, la ville rose de l’Inde qui attire de nombreux touristes a été la proie d’un attentat avec l’explosion de 7 bombes  sur le marché provoquant la mort de 60 personnes et plus de 150 blessés. Bref, « Après tout, demain est un autre jour ! », s'encourage Scarlett O’Hara (Autant en Emporte le vent/Victor Fleming), car si ces tristes évènements assombrissent notre optimisme, ce n’est pas encore l’apocalypse.

C’est ce qu’ont finalement admis, après six mois passés enfermés dans un abri sous-terrain dans la région de Penza (Russie), les 9 derniers résistants-adeptes-ermites (sur 35) d’une secte russe menée par le gourou Piotr Kouznetsov – qui lui-même n’a jamais vécu dans la grotte - en remontant à la surface face au danger d’empoisonnement du aux émanations d’un cadavre d’une des deux femmes décédées durant cette période. Ces illuminés pensaient que la fin du monde allaient arriver. Je passe mais n’en pense pas moins sur l’affaire Friztl. Patrick Bateman (American Psycho/Mary Harron), philosophe entre deux massacres, disait à Elizabeth : “Si dans le monde où nous vivons, il est impossible de comprendre son prochain, alors autant essayer de se comprendre soi-même.”

L’UMP devrait aussi méditer sur cette maxime face aux deux abstentions, la semaine passée,  de François Vannson et François Rochebloine - députés de la majorité -  concernant un projet de loi sur les OGM qui a permis à la gauche – minoritaire dans l’hémicycle, mais bénéficiant d’un gros absentéisme des députés UMP - de faire voter à 136 voix contre 135 une motion de procédure contre ce texte. C’est un fait exceptionnel qui sème la zizanie au sein du parti de N. S., dont la côte de popularité n’est par ailleurs pas à son apogée : 200 000 à 300 0000 grévistes de la fonction publique et étudiants étaient encore dans la rue la semaine passée pour protester contre la suppression des postes, et une autre mobilisation est prévue ce 22 mai dans les transports. Le parti présidentiel n’est pas le seul à traverser l’orage :  le P. S. est divisé par la guerre des gangs, le Modem se débat, et J. M. Le Pen est en pleine rupture avec Fernand le Rachinel, l’imprimeur du parti et ancien ami du président du F. N. : le parti lui avait emprunté 6,8 millions d’euros pour les législatives, on comprend que ce dernier soit un peu énervé. Qui a dit que la politique ressemblait à du café-théâtre ? Peut-être moi. 
 
Pour le reste, on n’oubliera pas de compatir avec les napolitains à propos de leurs déchets, de protester contre le prix du gazole avec les pêcheurs, de soutenir les 60 expulsés de l’Impasse de Jeudi Noir, d’être mesuré face à l’attitude du gouvernement allemand envers le Dalaï-Lama ou s’interroger sur la “chasse aux étrangers” en Afrique du Sud entraînant la mort de 22 personnes, notamment sur des travailleurs du Zimbabwe. On encouragera les 259 enfants alsaciens qui apprennent à vivre 10 jours sans écran (TV, internet), on sera content pour la victoire de Nadal à Hambourg et on découvrira la sélection de joueurs de Raymond Domenech pour l’Euro 2008. Mais on s’inquiétera pour la déforestation de l’Amazonie,  de la menace de disparition des Ours Blancs à cause du réchauffement planétaire (WWF) et des diables de Tazmanie en raison d’une épidémie de cancer de la face ou encore du site romain Allianoï daté IIème siècle situé à l’Ouest de la Turquie menacé par un barrage hydraulique.

Sur ce, salut, à la semaine prochaine ! je conclue sur cette dernière réplique :
“Carpe Diem. Profitez du jour présent. Que vos vies soient extraordinaires. », Mr Keating (Le Cercle des poètes disparus/Peter Weir)