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23/07/2008

Quand je ne suis pas ici...

C'est que je suis .... ;) Mais demain je reviendrai ... sur ce blog pour la suite de Un jour si j'ai le temps ....

16/07/2008

Chap V. Elle

(pour avoir le début de l'histoire, vous pouvez cliquer ICI)
 
-    La photographie c’est plus qu’un art ! C’est une histoire d’amour, une obsession ! L’amour de l’éphèmère. la matérialisation d’un double désir exhibitioniste et voyeuriste. Vous regardez pour mieux montrer. Que ça soit un être humain, un animal, un paysage, un objet, du vide… Transcendez-vous les enfants !  Oubliez les techniques, les règles, les notions de cadre ou de lumière. Interrogez-vous perpétuellement sur vos motivations. Pourquoi aimez-vous la photographie ? Pourquoi ce cliché plutôt qu’un autre. Un jour, arrêtez-vous sur un trottoir. Fermez les yeux, et imaginez que vous êtes aveugle. Accordez de l’importance aux sons, aux odeurs, vous ne voyez plus. Au bout de cinq minutes, vous prendrez conscience de tous ces autres sens que vous utilisez de manière inconsciente. Votre photo aura alors tout son sens… Ne plus regarder les choses uniquement avec vos yeux, mais avec toute votre âme.. C’est ça le secret !
 
Elle adorait ce vieux professeur qui avait renoncé à sa carrière de photographe pour finalement l’enseigner. Il était convaincu que l’aboutissement de son travail était dans la formation d’autres regards…. Fantasque, il déclamait souvent ses cours, et soutenait à ses étudiants que les cieux lui avaient été favorables dans sa carrière, car il était né en 1907, en même temps que la commercialisation de l’autochrome. Ce procédé avait été mis au point par les Frères Lumière et permettait la pratique de la photographie couleur. Pour lui, c’était une preuve indiscutable de sa destinée. Un illuminé talenteux qui avait connu les premiers Leica, en travaillant l’été pour le photographe local, les premiers polaroids et bien d’autres évolutions qui avaient marqué l’histoire de la photographie… Son enthousiasme était communicatif. Ses élèves l’écoutaient religieusement, persuadés qu’ils trouveraient eux aussi “leurs” voies en décryptant ses discours parfois vaporeux. Ils avaient re-baptisé leur professeur bien-aimé, “Professeur Tournesol”, référence au célèbre personnage de la bande dessinée Tintin. Comme ce scientifique imaginaire, le professeur Edison avait une barbichette grisonnante, des lunettes rondes et son génie. Edison n’était pas son vrai nom, mais nul n’avait jamais su son véritable patronyme. Il s’était lui-même rebaptisé comme le célèbre inventeur pour lui rendre hommage, convaincu que l’âme de ce dernier veillait sur lui. Le nom d’Edison ne devait pas tomber dans l’oubli, et le Professeur s’était juré de nommer un jour, un successeur digne de porter à son tour ce nom, quand ses jours s’achèveraient.

C’était lors d’une de ces oraisons que Laurent l’avait remarquée. Il avait été chargé par la gazette de son école de journalisme d’interviewver le Professeur. Ce dernier l’avait convié à assister à une de ses classes, avant l’interrogatoire. Elle avait la peau assez blanche même si légèrement halée, une taille très fine, et des hanches attirantes. Elle portait un petit haut à fleur à manche courte qui soulignait parfaitement ses seins, un jean à pattes d’éléphant. Un bandeau rouge contrastait violemment avec le jais de sa chevelure. Les traits de son visage étaient fins, son petit nez adorable, ses lèvres charnues. Mais elle avait surtout ces magnifiques yeux d’un bleu aigue-marine mis en valeur par ses cils très noirs. Laurent était tombé sous le charme. Il avait prêté une oreille peu attentive au cours, trop occupé à détailler le physique et les expressions de Marylène. Il su bien plus tard qu’elle avait joué de ses grâces pendant le cours, ayant remarqué qu’il n’y était pas indifferent. Il avait 23 ans, elle en avait 21 et Charles Aznavour était primé en Grande-Bretagne pour son single “She”.

 
“(…) She
May be the reason I survive
The why and where for I' m alive
The one I' ll care for through the rough and rainy years
Me I' ll take her laughter and her tears
And make them all my souvenirs
For where she goes I got to be
The meaning of my life is
She, she, ....she ” - 1974