27.12.2007

Pakistan : Benazir Bhutto tuée dans un attentat lors d'un meeting à Islamabad


LEMONDE.FR avec AFP, AP et Reuters | 27.12.07 | 14h25  •  Mis à jour le 27.12.07 | 17h46

'ancienne première ministre pakistanaise, Benazir Bhutto, est morte, jeudi 27 décembre, des suites de ses blessures après un attentat-suicide qui a visé un de ses meetings, organisé dans un parc public, à deux semaines des élections législatives prévues le 8 janvier. Agée de 54 ans, Benazir Bhutto est morte dans un hôpital de Rawalpindi, dans la banlieue d'Islamabad après avoir reçu une balle dans la nuque tirée par un kamikaze, qui a fait exploser la charge qu'il portait sur lui quelques minutes à peine après.

Le kamikaze a tiré plusieurs coups de feu en direction de Mme Bhutto au moment où celle-ci quittait le meeting, selon la police. "L'homme a d'abord tiré sur le véhicule de Bhutto. Elle a baissé la tête et il s'est alors fait exploser", a assuré Mohammad Shahid, un policier. Les enquêteurs n'ont pu encore savoir si elle est morte de sa blessure au cou ou des suites de l'explosion. L'attentat a fait au moins seize morts, en plus de Mme Bhutto, et plus d'une cinquantaine de blessés, selon la police. Des journalistes sur place immédiatement après le drame ont aperçu plusieurs corps déchiquetés jonchant la route.
 
INCIDENTS DANS TOUT LE PAKISTAN

"Elle est morte en martyre", a déclaré Rehman Malik, un responsable de sa formation politique, le Parti du peuple pakistanais (PPP). "Cet acte est l'œuvre de ceux qui veulent désintégrer le Pakistan. Parce qu'elle était un symbole d'unité, ils ont achevé la famille Bhutto. Ce sont des ennemis du Pakistan", a affirmé Farzana Raja, autre responsable du PPP. Devant l'hôpital où sa mort a été annoncée, ses partisans ont détruit des portes en signe de douleur et de colère, avant d'entonner des slogans contre le président Pervez Musharraf, un des principaux rivaux de Mme Bhutto.

M. Musharraf, qui a immédiatement organisé une réunion gouvernementale d'urgence, a condamné "dans les termes les plus vigoureux l'attaque terroriste qui a coûté la vie à Benazir Bhutto et à de nombreux autres Pakistanais innocents", selon l'agence de presse officielle. Il a appelé "la population à rester calme face à cette tragédie" pour "que les desseins diaboliques des terroristes soient mis en échec".

Malgré ces appels au calme, les manifestations et les incidents se sont multipliés dans plusieurs villes du Pakistan. A Peshawar, des partisans de Mme Bhutto ont été dispersés à coups de bâton et de gaz lacrymogènes. Ils ont incendié des panneaux d'affichage en scandant des slogans hostiles au président Pervez Musharraf, et des bruits de tirs d'armes à feu ont également été entendus. Des manifestations ont également eu lieu dans la ville de Multan et à Jacobabad, la ville de l'actuel premier ministre pakistanais, où le principal tribunal a été incendié. A Karachi, fief politique de Benazir Bhutto, les commerces ont fermé pour trois jours de deuil.
 
M. SHARIF S'EST ADRESSÉ AUX PARTISANS DE BENAZIR BHUTTO

Quelques heures plus tôt, à Islamabad, au moins quatre personnes sont mortes au cours d'un échange de tirs lors d'une réunion électorale d'un autre opposant, l'ancien premier ministre Nawaz Sharif. Les coups de feu semblaient provenir d'un bâtiment hébergeant un parti politique rival qui soutient le président Pervez Musharraf, selon des témoins. Après avoir appris que Benazir Bhutto était grièvement blessée, Nawaz Sharif s'est rendu à son chevet à l'hopital de Rawalpindi. M. Sharif s'est ensuite adressé à la foule massée devant l'hopital. "Je vous promets que je mènerai votre guerre à partir de maintenant", a-t-il lancé aux partisans de Mme Bhutto, dont la plupart étaient en pleurs. "Je partage votre douleur et votre chagrin, avec la nation toute entière".

Ces drames sont les derniers d'une série record d'attentats-suicides dans l'histoire du Pakistan, qui ont fait plus de sept cent quatre-vingts morts en 2007. A son retour au Pakistan après six années d'exil, Benazir Bhutto avait déjà été la cible le 18 octobre d'un attentat, qui avait fait cent trente-neuf morts parmi la foule qui s'était massée à Karachi pour l'accueillir. Les autorités avaient par la suite multiplié les avertissements, assurant que des informations "précises" permettaient de penser que les terroristes islamistes voulaient attenter à sa vie. Après l'attentat du 18 octobre, Benazir Bhutto avait accusé à plusieurs reprises des "hauts responsables" proches du pouvoir et des membres des services de renseignements d'être à l'origine de cette attaque, sans jamais le prouver.

 

 

 

 

08.11.2007

La grève des gardiens de prison ce jour

 

sous ma fenêtre, toute à l'heure !  

19.09.2007

Scaramouche

Scaramouche, Scaramuccio en italien, est un personnage-type la commedia dell'arte, dont le nom (escarmouche) signifie « petit batailleur ».

Son type primitif, originaire de Naples, se rapproche du Capitan. Comme celui-ci il est vantard, fanfaron et peureux, et il finit toujours par fuir ou être battu. Tout de noir vêtu, à la mode espagnole, et porteur d’une longue rapière, il s’annonce comme étant pour le moins prince ou duc, mais il remplit au besoin des rôles plus modestes. Scaramouche prit en effet, sons le nom de Pasquariello, l’emploi d’un valet gourmand et ivrogne, doué d’une agilité de gymnaste, puis devint, sous celui de Pasquino, un serviteur intrigant, menteur et bel esprit ; enfin, il subit sur la scène française une troisième métamorphose, celle de Crispin.

Il existe des Scaramucciana ou bons mots du personnage.

Les scaramouches ont été joués en France, avec un grand succès, par le célèbre Napolitain Tiberio Fiorelli venu à Paris, sous Louis XIII, dans la troupe italienne.

Goldoni tint cet emploi dans la troupe des Fedeli et Giuseppe Tortoretti s’y fit connaître en 1685 dans la variété de Vasquariello.

10.09.2007

Rentrée très agitée pour les stars de la télé

par LÉNA LUTAUD.
Publié le 08 septembre 2007 /Le Figaro
 
Redoutant les ambitions de Stéphane Courbit, les animateurs- producteurs apprennent à travailler en réduisant les coûts.
 
QUI VENDRA ? À qui ? Et pour combien de millions d'euros ? Jamais une rentrée n'a été aussi agitée chez les animateurs-producteurs. « C'est la révolution », s'amuse Julien Courbet dont la société Concepteria est convoitée, tout comme celles de Marc-Olivier Fogiel, de Sébastien Cauet, de Nagui, de Laurence Ferrari et de Thierry Ardisson.
 
La rentrée 2006 avait été celle du mercato des stars de la télé. Celle de 2007 sera celle où ils pourraient « passer à la caisse » en vendant leurs sociétés. Cette excitation générale est due au départ de Stéphane Courbit qui quitte Endemol France. Cet homme de l'ombre qui fait partie du top 4 des décideurs est soupçonné de vouloir rebondir fort très rapidement. « Stéphane Courbit est capable dès demain de créer une société de production et de s'entourer de stars qu'il fidéliserait en rachetant leurs sociétés », lâche un grand producteur. Hier soir, Stéphane Courbit a catégoriquement démenti être en train de créer une société de production.
 
« Et une fois parti d'Endemol, il fait quoi ? », s'inquiètent ses rivaux terrorisés par la puissance de Stéphane Courbit et de Silvio Berlusconi, le nouveau propriétaire d'Endemol. Le scénario qu'ils redoutent ? D'un côté, Berlusconi possède un imposant catalogue de concepts (dont la Star Ac...). De l'autre, l'hypothétique nouvelle société de Stéphane Courbit aurait la main sur les animateurs. D'où l'excitation générale sur le thème : « Il faut prendre Stéphane Courbit de vitesse et racheter avant lui les sociétés des animateurs-producteurs. C'est maintenant ou jamais ! » Pour faire grimper les enchères, les animateurs soulignent qu'à l'antenne, la cote des plus de 40 ans grimpe. Les chaînes françaises s'inspirent en effet de plus en plus des États-Unis où tous les animateurs ont les cheveux blancs, dans les journaux télévisés comme dans les talk-shows. Leurs noms sont des marques et leur aisance à l'antenne est une sécurité pour les grandes chaînes. Un détail qui compte à l'heure où leurs audiences et donc leurs recettes publicitaires s'effritent à cause de la TNT.
 
Plus de 30 % de marges

 
En attendant de s'enrichir un peu plus, les animateurs-producteurs ont des soucis. En 2000, ils dominaient les chaînes. En 2007, le rapport s'est inversé. Les diffuseurs ont le choix entre pléthore de divertissements où l'animateur est interchangeable. Les patrons des chaînes ne voient pas pourquoi leurs fournisseurs feraient plus de 30%, voire 50 %, de marges (les profits exacts des uns et des autres sont le secret le mieux gardé du PAF) alors que les chaînes font beaucoup moins. Du coup, ils réclament des émissions plus riches en contenu, mais pour le même prix qu'il y a cinq ans.
 
« Cette année, le marché est encore plus difficile, car une émission qui ne marche pas disparaît aussitôt », ajoute Corinne Morin, directrice de Reservoir Prod, la société de Jean-Luc Delarue.
 
« L'âge d'or de la pub s'est terminé à la fin des années 1980. La télé devient à son tour une industrie comme une autre », résume Thierry Ardisson. « Apprendre à produire low-cost et à vivre dans la vraie vie ne sera pas facile pour tous », sourit le grand patron d'une chaîne.


Grande enquête américaine sur la sexualité des personnes âgées

par MARTINE PEREZ./Le Figaro
Publié le 10 septembre 2007
Actualisé le 10 septembre 2007 : 08h12

Un pourcentage important des 57 à 75 ans continue à avoir une vie sexuelle. Les hommes, plus souvent que les femmes. Après 75 ans, un quart des seniors sont actifs.
 
LA VIE SEXUELLE ne s'arrête pas à 50 ans. Même si c'est ce que laissent supposer les images du cinéma ou de la publicité pour lesquelles l'amour entre personnes âgées reste globalement inconcevable.
 
Des chercheurs américains ont publié dans le New England Journal of Medicine daté du 23 août les résultats d'une enquête levant le voile de manière pudiquement statistique sur la sexualité des plus âgés et confirmant que l'amour n'est pas l'apanage de la jeunesse. Bien que l'âge venant, et avec lui parfois le veuvage ou la maladie, les rapports sexuels deviennent effectivement moins fréquents, alors que le nombre de personnes abstinentes est plus élevé.
 
Pourquoi une telle enquête ? D'abord parce que depuis les années 1940, beaucoup d'études se sont focalisées sur l'évaluation de la sexualité en s'arrêtant au seuil de la vieillesse, ensuite parce la qualité de la vie sexuelle fait désormais partie des critères visant à définir le bien-être. Mais aussi parce que le nombre de personnes âgées augmente considérablement, enfin parce qu'un nombre croissant de médicaments destinés à « booster » la sexualité arrive sur le marché, créant un nouveau secteur médico-économique porteur. Il faut cependant se garder de toute vision normative qui considérerait que ne plus avoir de rapports sexuels après 80 ans est une forme de déviance à médicaliser en urgence !
 
« Il n'existe pas de données représentatives aux États-Unis, permettant aux médecins de connaître le comportement en matière de sexualité des personnes âgées, pour les aider à répondre aux demandes de leurs patients », expliquent les auteurs de cette enquête, des gynécologues et des sociologues de l'Université de Chicago et de Toronto. Pour pallier ce déficit, ils ont sélectionné par tirage au sort 3 005 personnes âgées (50 % d'hommes, 50 % de femmes) de 57 à 84 ans, pour répondre à un long entretien portant sur le mode de vie, les problèmes de santé et la sexualité. Ils ont ensuite analysé l'activité sexuelle, selon l'âge, l'état de santé et le statut marital.
 
Les résultats révèlent que la sexualité reste importante avec l'âge, même si elle décline progressivement : ainsi, 73 % des 57-64 ans sont sexuellement actifs, tout comme 53 % des 65-75 ans et 26 % des 75-85 ans. La sexualité est une composante plus prégnante de la vie des hommes que des femmes à tout âge : entre 57-64 ans, 83 % d'hommes actifs contre 62 % de femmes ; entre 65-75 ans, 67 % des premiers sont actifs et 40 % les secondes ; au-delà de 75 ans, ces chiffres tombent respectivement à 38,5 % et 16,7 %. À noter qu'après 75 ans, la moitié des hommes « actifs » avoue avoir encore deux à trois rapports sexuels par semaine.
 
14 % des hommes ont recours à un médicament

 
Par ailleurs, le fait d'être en bonne santé est corrélé dans tous les cas au maintien d'une activité sexuelle (81 % des hommes de 57 à 85 ans se considérant en très bonne santé sont actifs, contre 46 % de ceux qui s'estiment mal en point). L'impuissance serait d'ailleurs un marqueur du risque cardiaque.
 
Au-delà de ces données générales, les auteurs ont voulu connaître les différentes pratiques ou les difficultés sexuelles en fonction de l'âge, du sexe, de l'état de santé. On retiendra qu'un nombre plus élevé de femmes que d'hommes assure ne plus être intéressé par le sexe. Ces derniers, même quand ils gardent le désir chevillé au corps, présentent relativement souvent des dysfonctions érectiles. Enfin, on relèvera que 14 % des hommes dans cette tranche d'âge ont déjà eu recours à un médicament pour améliorer leurs performances (contre 1 % des femmes). Une information importante pour les laboratoires pharmaceutiques, à la recherche d'un nouveau souffle pour les molécules destinées aux troubles de l'érection et alors que de nouveaux produits visant à stimuler la libido féminine arrivent sur le marché.
 
Les différences entre les deux sexes doivent être interprétées en tenant compte du fait que 78 % des hommes de plus de 75 ans ont encore une épouse ou une compagne, contre seulement 40 % pour les femmes du même âge. Une des explications à la moindre activité du sexe faible pourrait tenir au fait que les femmes âgées (du fait d'une espérance de vie supérieure de plusieurs années à celles des hommes) sont bien plus souvent seules. L'étude n'explore pas le champ plus subtil du sentiment amoureux. Peut-être un jour.


09.09.2007

L'animation dynamise l'exportation de programmes français

LE MONDE | 07.09.07 | 14h24  •  Mis à jour le 07.09.07 | 14h24

Une fois de plus, les ventes de programmes français ont progressé sur les marchés internationaux. En 2006, les exportations de fictions, d'animations et de documentaires ont connu une hausse de 4,2 %, pour atteindre 157 millions d'euros.

En pratique, même si elles restent encore modestes, les ventes de programmes français connaissent un regain qui ne se dément pas depuis trois ans. Cette embellie se traduit aussi par une affluence record d'acheteurs étrangers au treizième Rendez-vous de TV France International, le marché annuel des exportations françaises, qui se tient à Biarritz du 3 au 7 septembre.

Dans le détail, l'Allemagne, avec 23,1 % des ventes, est redevenue le premier client de la France, loin devant la Grande-Bretagne, qui ne passe pas le seuil des 10 %. Ce sont toujours les programmes d'animation qui tirent les exportations françaises. L'an passé, les dessins animés - tels "Totally Spies" ou encore "Martin Mystère", produits par Vincent Chalvon Demersay pour Marathon - ont pesé à eux seuls 42,6 % du total des ventes. Une proportion toutefois en légère régression par rapport à 2005, où elles avaient culminé à 45,3 %.

Les efforts de Canal+ (la série "Engrenages" à notamment été achetée par la BBC) ou encore de France Télévisions pour produire des fictions véritablement originales ne se traduisent pas encore dans les chiffres de ventes. En 2006, les exportations de séries françaises ce sont légèrement effritées, à 22,1 % contre 22,4 % un an plus tôt.

En revanche, les jeux, variétés et divertissements s'exportent bien. Grâce notamment aux bonnes ventes des "Fort Boyard" et autres "Des chiffres et des lettres", ce secteur a retrouvé son score de 2004 avec plus de 10 %. L'Espagne et la Grande-Bretagne sont les deux territoires de prédilection des jeux, variétés et divertissements produits en France.

L'an passé, la part de l'Europe de l'Ouest, déjà fortement majoritaire, s'est encore accrue pour atteindre 72 %. A l'inverse, pour cause de faiblesse du dollar et du peu d'appétit des téléspectateurs américains pour les programmes français, la part de l'Amérique du Nord a nettement baissé. Elle n'est plus que de 14,2 %, contre 16,8 % un an plus tôt.

Guy Dutheil
Article paru dans l'édition du 08.09.07


Sept villes françaises se disputent le titre de capitale européenne de la culture 2013

LE MONDE | 09.09.07 | 10h53  •  Mis à jour le 09.09.07 | 10h53
Marseille Correspondant régional

Pas moins de sept villes françaises postulent à l'obtention du label Capitale européenne de la culture en 2013. Il est d'ores et déjà acquis que, cette année-là, une ville française et une cité slovaque porteront le titre. Reste à les départager. Bordeaux, Lyon, Marseille, Nice, Saint-Etienne, Strasbourg et Toulouse espèrent toutes ce label attribué par la Commission européenne. Celui-ci ne donne droit à aucune subvention. Mais, bien utilisé, il peut être un formidable accélérateur de notoriété, d'équipement public et d'aménagement urbain, comme l'a démontré l'expérience de Lille en 2004.

Les candidats doivent remettre le 1er novembre un dossier touffu à un jury de sept experts de l'Union européenne et de six experts français. Ce jury établira une short-list en décembre, avant de désigner le vainqueur à l'été 2008.

Pour étoffer leur dossier et séduire le jury, les villes ont recruté des personnalités culturelles aux réseaux précieux. A Nice, l'architecte vedette Jean Nouvel est président d'un comité d'organisation piloté par l'ancien président du Festival d'Avignon, Bernard Faivre d'Arcier. Olivier Poivre d'Arvor, le directeur de Cultures France, organisme chargé de la promotion de la création française à l'étranger, préside le comité toulousain. Marseille s'est assuré la collaboration de Bernard Latarjet, ancien président de la Grande Halle et du parc de La Villette.

La candidature exige un énorme travail de conception, de préparation et des investissements que M. Latarjet estime à 100 millions d'euros pour Marseille. Pourquoi dépenser une telle somme ?

Jacques Pfister, président de la chambre de commerce et d'industrie des Bouches-du-Rhône, a pris la présidence de l'association qui porte l'événement à Marseille. Il avance deux raisons à l'investissement des milieux économiques dans cette opération de culture : "L'analyse économique des festivals, nombreux dans notre région, montre que 1 euro investi génère 6,50 euros de retombées." Sur le long terme, il pense "qu'il est décisif pour une ville comme Marseille et sa métropole de figurer dans le Top 20 des métropoles européennes. Or nous sommes 23e : avec le label Capitale européenne de la culture, nous entrerions certainement dans les vingt premiers".

La ville de Lyon, qui travaille au projet depuis aussi longtemps que Marseille, raisonne de la même façon. Pour l'adjoint au maire chargé de la culture, Patrice Beghain (PS), "2013 est une opportunité de franchir une nouvelle étape dans notre politique culturelle et de territorialiser notre action à l'échelle de l'agglomération".

RECONNAISSANCE INTERNATIONALE

Ce souci d'utiliser la culture pour coordonner des actions parfois disparates se retrouve dans toutes les villes candidates. Richard Coconier, homme de théâtre qui travaille pour la candidature de Bordeaux, parle "d'une occasion unique pour les collectivités locales voisines de travailler ensemble sur un objectif à cinq ans".

Même raisonnement chez Michel Thiollière, maire UMP de Saint-Etienne, qui élargit le propos : "Travailler sur un tel projet, c'est d'abord fédérer les énergies locales : des commissions travaillent sur les quarante questions posées par le jury. Mais c'est aussi fédérer les énergies européennes : nous sommes déjà associés à la Slovaquie puisque notre Ecole des beaux-arts travaille avec celle de Bratislava."

Pourtant, pour toutes les villes candidates, la motivation essentielle reste la volonté de changer d'image et, dans le même mouvement, d'obtenir une meilleure reconnaissance internationale. Autant de leviers pour soutenir le développement économique de la ville et de la région. André Barthe, adjoint au maire de Nice chargé de la culture, explique : "Nous voulons montrer que nous n'avons pas que des attraits touristiques. Il nous faut surprendre, montrer que la Côte d'Azur est un lieu de travail intellectuel et physique."

A Toulouse, le maire centriste, Jean-Luc Moudenc, "vise la reconnaissance de l'importance de notre palette culturelle. Nous avons une image liée à Airbus et au Stade toulousain. Nous n'avons pas assez de tourisme d'agrément. Avec notre thème des "Chemins", nous allons montrer la diversité culturelle de notre métropole".

Tandis qu'à Saint-Etienne, une ville en pleine reconversion, le maire ajoute : "Nous voulons montrer que nous avons misé sur la créativité et l'ouverture aux formes contemporaines pour sortir de nos difficultés industrielles." "Nous sommes dans une dynamique sociale et culturelle nouvelle, explique-t-il. Nous voulons nous inscrire dans l'Europe des villes moyennes, celles que l'Europe doit aider."

Marc Dondey, chef d'un projet lancé à Strasbourg depuis plus d'un an, enchaîne : "Travailler là-dessus nous oblige à revoir notre positionnement, à reconsidérer nos acquis, à repenser nos partenaires : bref à tout refonder."

Autant d'enjeux auxquels ces sept villes devront faire face quoi qu'il arrive, mais que douze d'entre elles affronteront sans le renfort du label européen.

Michel Samson
Article paru dans l'édition du 09.09.07


Une mode XXL toujours plus sexy

LE MONDE | 08.09.07 | 15h06  •  Mis à jour le 08.09.07 | 15h06

D'ordinaire, Véronique Sibille est marin-cuisinière embarquée. Depuis six mois, cette jolie quadragénaire s'est aussi lancée dans la mode. "L'idée a mûri en moi, parce que j'ai toujours eu beaucoup de poids et énormément de mal à m'habiller, explique-t-elle. A 20 ans déjà, les tailles 46 avec des grosses fleurs, cela ne me correspondait pas."

Avec Camille, sa styliste de 21 ans, elles ont mis au point "Viladoh", une collection pour l'été 2008 à la coupe sixties : petit manteau trapèze à encolure bateau, mini-robes aux découpes poitrine et dos, tuniques colorées pop art. Des pièces rarement proposées au-delà du 44.

Comme Véronique Sibille, ils sont une douzaine de créateurs réunis au Salon professionnel du prêt-à-porter (à Paris, jusqu'au 9 septembre) pour y montrer une mode créative pour filles XXL. La plupart viennent de se lancer. Chacun a déjà ses astuces pour habiller les Marylin Monroe d'aujourd'hui.

"Si on n'est pas gros, on ne mesure pas le calvaire des enrobés, raconte Alex Scheuring, styliste du français One O One Private. Une veste ajustée, même en taille XXL, vous rend ridicule neuf fois sur dix, car les rondeurs ne sont pas localisées au même endroit : l'une voit ses hanches déborder, pour l'autre ce sont les bras ou la poitrine qui sont comprimés..." Il a donc élaboré des tenues sans emmanchures et sans pinces jusqu'à la taille 60. Son stand ne désemplit pas, avec ces tee-shirts voile "qui cachent sans trop cacher", ces vestes en lin légèrement drapées sur le corps, à porter sur des pantalons noirs.

ETOFFES LÉGÈRES


La Franco-Ivoirienne Amy Camara associe l'imprimé graphique des batiks, la fluidité des boubous africains et la rigueur des coupes européennes. Ces robes tuniques à pans ouverts, à imprimés ashanti, se glissent sur des pantalons fluides blancs ou noirs, et inversement. Une collection plus classique est celle du belge Xandrès X-Line, qui privilégie les couleurs aquarelle et les étoffes légères, car "les femmes rondes n'aiment pas les matières lourdes". Les tenues sont raffinées, comme cette veste en daim si fine, cette saharienne taupe ou cette jupe en voile vert d'eau.

Finis donc un style unique et des teintes passe-muraille. "Ce sont les Françaises qui réclament des vêtements plus sexy, car elles vivent mieux leurs courbes et leurs kilos qu'autrefois", souligne Liseline Lacroix, la directrice commerciale du salon, qui a réussi à dénicher toutes ces marques pour rondes.

Une révolution silencieuse s'opère dans le milieu de la mode, depuis qu'on sait que la Française mesure 1,62 m pour 62,8 kg en moyenne et qu'elle a pris 6 cm de tour de taille en trente ans, selon l'Institut français du textile et de l'habillement. Max & Co, le groupe italien qui fabrique Marina Rinaldi et qui est leader en France sur le marché des grandes tailles, a décidé de lancer "Now", ligne destinée aux jeunes filles : des trenchs multicolores, des jeans slim, des leggings fluo... de la taille 40 au 48. Désormais le coeur du marché.

Véronique Lorelle
Article paru dans l'édition du 09.09.07


06.09.2007

Une "erreur" envoie des têtes nucléaires dans le ciel américain

>>> là je dois dire, que je me suis marrée en lisant cet article...  

Laurent Suply (lefigaro.fr) avec Military Times et CNN.

Publié le 05 septembre 2007 / Le Figaro

Un bombardier B-52 a survolé les Etats-Unis pendant plusieurs heures avec à son bord six têtes nucléaires.
 
30 août, base militaire de Minot, dans le Dakota du Nord. Six « Advanced Cruise Missiles” (ACM) sont chargés sous les ailes d’un gigantesque bombardier B-52 par les hommes de la "5th Bomb Unit", dont le surnom est "les gardiens du royaume d'en haut". Une manoeuvre de routine, puisqu’elle fait partie d’un programme de démantèlement de 400 de ces missiles. Peu de temps après, l’appareil décolle pour un vol qui doit le mener à la base de Barksdale, en Louisiane. La durée du trajet est comprise en 3h30 et 6 heures selon les estimations.
 
A l’atterrissage, les militaires américains ont la surprise de découvrir que les 6 ACM sont toujours armés. Ils transportent rien moins que des têtes nucléaires W80-1 qui contiennent chacune du plutonium permettant de déclencher des explosions de 5 à 150 kilotonnes (lire la notice des W80 sur le site de référence GlobalSecurity.org). En comparaison, l’explosion de Hiroshima était d’une puissance d’environ 15 à 20 kilotonnes. Or, ces engins de mort n’aurait jamais dû faire ce voyage dans le ciel américain, les ACM étant censé être neutralisé durant leur transport.
 
Aucun danger ?
 
C’est le journal américain Military Times qui a découvert cette erreur monumentale, grâce aux témoignages de trois militaires américains qui ont tenu à conserver leur anonymat. Fait exceptionnel, L’Air Force, qui s’interdit habituellement d’évoquer l’éventuelle présence de munition atomiques où que ce soit, a confirmé l’incident pour « rassurer le public ». Le président américain George W. Bush a été prévenu, ainsi que son chef d'état-major interarmées, le général Peter Pace. L’Air Force a immédiatement diligenté une enquête pour découvrir l’origine ce gros raté. Un officier a déjà été relevé de ses fonctions, et plusieurs autres ne pourront plus manipuler d’armes nucléaires jusqu’à nouvel ordre.
 
« Le public n’a pas été un seul instant en danger », a martelé un porte-parole de l’Air Force pour relativiser l’incident qui est pourtant, de mémoire de GI, une première. Quel risque réel cette erreur a-t-elle fait courir aux Etats-Unis ? Les différents experts militaires interrogés par les médias américains assurent tous que personne n’aurait pu s’en emparer, et qu’aucune explosion nucléaire n’aurait pu avoir lieu, même en cas de crash ou de chute des missiles. Néanmoins, il semble que l’explosif conventionnel qui sert à déclencher la bombe aurait lui pris feu. Et l’expert interrogé par le Military Times affirme également qu’un éventuel crash aurait aussi pu déclencher une fuite du plutonium contenu dans les têtes nucléaires…

La généalogie du "tueur" de dinosaures enfin révélée

MARC MENNESSIER - Publié le 06 septembre 2007 / Le Figaro
 
L'énorme astéroïde qui a percuté la Terre à la fin du crétacé est lui-même issu d'une collision survenue il y a 160 millions d'années dans la zone située entre Mars et Jupiter.
 
C'EST un cataclysme cosmique survenu entre Mars et Jupiter, il y a 160 millions d'années, qui serait à l'origine de la disparition des célèbres dinosaures à la fin du crétacé. William Bottke et David Vokrouhlicky du Southwest Research Institute de Boulder (États-Unis) ainsi que David Nesvorny de l'Institut d'astronomie de Prague (République tchèque) expliquent aujourd'hui dans la revue scientifique Nature, comment ils ont retracé la « généalogie » de l'énorme astéroïde qui a percuté la Terre il y a 65 millions d'années, anéantissant plus de 70 % des espèces vivantes dont les vedettes de Jurassic Park.
 
D'après leurs calculs, ce bolide d'une dizaine de kilomètres de diamètre proviendrait de la désintégration d'un corps céleste encore plus volumineux, dont ils estiment le diamètre à environ 170 kilomètres. L'événement, provoqué par une collision avec un autre astéroïde, se serait produit 95 millions d'années plus tôt, dans la ceinture d'astéroïdes située entre Mars et Jupiter. Il aurait donné naissance à une multitude de petits fragments rocheux suffisamment massifs pour se réagréger par la suite et former, ce que les spécialistes appellent une « famille » d'astéroïdes, dont l'un des éléments a fini par croiser l'orbite de la Terre.
 
« Grâce aux télescopes et aux moyens informatiques de plus en plus puissants dont ils disposent, les scientifiques sont capables aujourd'hui d'identifier des familles d'astéroïdes suffisamment jeunes pour suivre leur évolution depuis la collision originelle et notamment leur trajectoire », explique Patrick Michel, astronome à l'Observatoire de la Côte d'Azur/CNRS, à Nice.
 
Si le flux d'astéroïdes patrouillant au voisinage de la Terre est globalement constant depuis environ 3 milliards d'années, l'étude des cratères lunaires montre que la fréquence des impacts provoqués par des corps célestes de plus d'un kilomètre de diamètre a doublé depuis cent millions d'années. Partant de ce constat, William Bottke et ses collègues ont établi, à l'aide de modèles de simulation numérique que les astéroïdes de la famille Baptistina, dont ils ont étudié à la loupe les dynamiques orbitales, étaient à l'origine de ce regain d'activité météoritique. Selon eux, la probabilité que l'un des membres de cette redoutable famille soit entré en collision avec la Terre à la fin du crétacé, creusant le fameux cratère de Chicxulub au large du Yucatan (Mexique), est supérieure à 90 %. Mais ce n'est pas tout : un autre de ces « géocroiseurs » aurait creusé le cratère Tycho sur la Lune (85 km de diamètre) sans oublier Mars et Venus frappées elles aussi d'autres représentants de cette famille de vagabonds de l'espace au cours des cent derniers millions d'années. Enfin, une part des astéroïdes qui gravitent actuellement non loin de la Terre appartient à la famille Baptistina et dérive donc de la même collision survenue il y a 160 millions d'années.
 
À bout de souffle
 
S'il juge le travail de ses collègues « très convaincant », Patrick Michel émet toutefois une réserve sur l'estimation de la taille du corps parent de la famille Baptistina, à savoir 170 km de diamètre. Selon lui le modèle utilisé pour simuler la destruction s'applique difficilement à ce type d'astéroïde riche en carbone dont la porosité, en absorbant mieux l'onde de choc, permettrait notamment de mieux résister à l'impact.
 
Quoi qu'il en soit cette étude renforce un peu plus la thèse dominante sur l'origine catastrophique de la disparition des dinosaures. Après la découverte d'iridium (un élément abondant dans les météorites) sur la plupart des gisements datant de la limite crétacé/tertiaire et celle du cratère de Chicxulub datant à peu près de la même époque, il est aujourd'hui certain qu'un bolide céleste a frappé notre planète il y a 65 millions d'années. Même si selon, certains paléontologues, les dinosaures étaient à bout de souffle au moment de la catastrophe, les profonds bouleversements écologiques générés par l'impact (obscurité, incendies...) leur ont vraisemblablement apporté le coup de grâce final, laissant le champ libre aux mammifères qui, eux, ont survécu.


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